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JÉSUS MON DIEU MON TOUT
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Enetretien et Cantique des Cantiques pour l'Oraison
et la Visite au Saint-Sacrement



Nom de l'auteur:
© Par L'Abbé Anselme Longpré

Intro

Nihil obstat
Armand Bail, S.T.D.,censeur
Saint-Hyacinthe
22 mai 1968

Imprimatur
+ Albert Sanschagrin, o.m.i.
Évêque de Saint-Hyacinthe
22 mai 1968

JÉSUS. PREMIER EN TOUT

Laisse-moi, Jésus, Te chanter les plus belles hymnes jamais composées à ta louange:

<< Tu es l'image du Dieu invisible Premier-né de toute créature, car c'est en Toi qu'ont été créées toutes choses dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, Trônes, Seigneuries, Principautés, Puissances ; tout a été créé par Toi et pour Toi, Tu es avant toutes choses et toutes choses subsistent en Toi. Tu es aussi la Tête du Corps, c'est-à-dire de l'Église, Tu es le Principe, Premier-né d'entre les morts, (il fallait que Tu obtiennes en tout la primauté) car Dieu s'est plu à faire habiter en Toi toute la Plénitude, et à réconcilier par Toi tous les êtres pour Lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de ta croix!>> (Col.,1,15-21). << Toi qui étais de condition divine, Tu ne voulus pas ravir de force l'égalité avec Dieu ; mais Tu T'anéantis Toi-même, ayant pris la forme d'esclave et étant devenu semblable à l'homme ; reconnu par un homme véritable, Tu T'abaissas plus encore Te faisant obéissant jusqu'à la mort et à la mort sur une croix. C'est pourquoi Dieu T'a exalté et T'a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom ; pour qu'au nom de Jésus, tout genou fléchisse aux cieux, sur terre et dans les enfers, et que toute langue proclame de Jésus-Christ qu'Il est le Seigneur à la droite de Dieu le Père>> (Phil.,II,6-11).

JÉSUS, OBJET DE MES CHANTS

Seigneur Jésus-Christ, je veux Te chanter un cantique nouveau, le cantique de celui qui T’a trouvé et qui Te cherche encore, de celui qui est proche de Toi et qui en est encore si loin, de celui qui T'aime et qui ne sait pas encore aimer. , << Je T'ai cherché, Seigneur, et je ne T'ai pas trouvé>> ( Cant.,3,2). Comment, en effet appeler découverte de Toi ma ténébreuse connaissance ? Comment appeler amour ma folle inconstance? << Enseigne-moi où tu pais et où Tu reposes sur le midi >> ( Cant.,1,6). Enseigne-moi cette façon de Te connaître, de T'aimer, de me nourrir de Toi, de vivre de Toi, quand le midi de la vie est arrivé, qu'on ne devrait plus être un enfant, que le temps des fleurs est passé et que l'automne arrive. Je me suis soustrait à tes flèches enflammées.

 Je n'ai pas compris que toutes les créatures revêtues de tant de grâces et de suavité étaient un miroir de tes perfections dans lequel j'aurais dû lire sans cesse ta puissance, ta sagesse, ta beauté, ton amabilité. Cf. Rom.,1,18-24. Je me suis soustrait aux dards enflammés de tes divines paroles contenues dans les Saintes Écritures : elles n'ont pu qu'émousser la surface de mon âme. Je veux faire désormais du grand Livre que tu m'as donné mon seul livre. J'ai passé tant d'heures dans les livres des hommes, je ne veux plus lire que ce Livre qui me parle de Toi. Je me suis soustrait aux aiguillons perçants de tes mystères, ton long mystère de Nazareth, les mystères de ta vie itinérante, surtout ta très douloureuse Passion endurée par amour, et cette Résurrection, la tienne et celle du monde, dans laquelle l'oeuvre créée en Toi et pour Toi a été restaurée en Toi et par Toi. Jésus-Christ, je veux passer le reste de ma vie à Te contempler, à T'adorer, à Te louer, à T'aimer et à Te faire aimer des hommes.

JÉSUS, MON AMOUR

Enfin, Jésus, le dard de ton amour m'a blessé. Je sens qu je suis maintenant un blessé et que je ne guérirai plus jamais!... J'ai faim et soif de Toi, Jésus ! Je ne veux plus aimer que Toi. Mon coeur est tout lacéré. Je souffre de ne savoir t'aimer. Je voudrais Te louer, T'adorer jour et nuit ! Jour et nuit, je voudrais Te dire merci de m'avoir tant et tant pardonnée! Je voudrais pleurer mes années perdues parce que Tu n'étais pas là! Je voudrais Te témoigner mon amour et je ne sais comment m'y prendre. La science de l'amour est si nouvelle pour moi que je me perds, je ne sais plus que Te dire sans fin : Jésus! Jésus! Jésus! Mon Amour ! Mon Tout ! More Langueo ; je suis malade de ne pouvoir T'aimer. Je Te cherche partout, Je Te trouve mais je ne Te trouve pas comme je voudrais Te Trouver! Jésus! Jésus! Viens! Maranatha! Maranatha! savoir et sentir que Tu m'aimes encore, que Tu m'aimes toujours, quelle souffrance et quel bonheur ! quel tourment et quelle joie! Je chante et je pleure; je crie et je me tais ! Me perdre en Toi, Jésus, mon Tout ! << Malheur à celui qui n'aime pas Notre-Seigneur Jésus-Christ !> ( 1 Cor.16,23) Tout est vain dans la vie sauf aimer Jésus-Christ et le servir, Tu me donnes le vouloir d’écrire de Toi afin de mieux fixer ma pensée et mon cœur en Toi. Tant mieux si d'autres aussi chantent ces Laudes et se sentent pressés de T'aimer et de ne rechercher que Toi.

JÉSUS, TRÉSOR CACHÉ

Jésus, Verbe incarné, mon Dieu et mon Tout. Que sait-on si on ne Te connaît pas? En Toi sont tous les trésors de la sagesse et de la science. Te connaître, Toi et le Père, c'est la vie éternelle. Les prophètes que tu as envoyés dans le monde pour être les précurseurs et les hérauts de ton avènement faisaient leurs délices de contempler par avance ton mystère et mettaient leur gloire à l'annoncer et à le représenter aux hommes dans leur vie. Les Patriarches et les anciens Justes soupiraient après le temps de ta manifestation. Ils souhaitaient avec ardeur de voir ton jour et leur bonheur était de savourer à l'avance les fruits de tes mystères, et maintenant que Tu T'es pleinement manifesté au monde, comment les hommes peuvent- ils s'occuper à autre chose qu'à Te contempler et à t'aimer ? En Te contemplant, on contemple le Père, dont Tu es l'Unique image parfaite, et le Saint-Esprit, qui est ton Esprit et l'Esprit du Père. Je veux Te chercher dans toutes les Écritures qui, toutes se rapportent à Toi L'Ancien Testament contient déjà le Christ et il ne se comprend que par Lui. << Le Verbe divin, dit Origène, a la clef de David et depuis qu'Il est venu avec cette clef, Il ouvre les Écritures qui étaient closes avant sa venue>> ( Apocs.col.20) C'est pourquoi l'Église, l'Israël spirituel a de l’eau vive en abondance, tandis qu'Agar est réduite à ses misérables outres toujours vides. Grâce au Nouveau testament, l'Église découvre les mystères cachés dans l'Ancien, faisant ainsi jaillir autant de sources qui désaltèrent l'âme dans le désert de cette vie.

JÉSUS, NOM INEFFABLE

Jésus, c'est ton nom. Il contient tous les autres noms et tous les autres titres que Te donnent le Saint-Esprit et ton Épouse, l'Église. Mais ce nom est si infini que pour le comprendre un peu sur la terre, il faut T'en donner mille autres qui n'ajoutent rien à ton nom propre, mais nous aident à y entrer; Ton nom, Jésus, est un soleil aux mille rayons. Mes yeux sont si faibles ici-bas qu'ils ne peuvent recevoir qu'un rayon à la fois. Je veux donc m'arrêter à quelques -uns des noms que l'Esprit -Saint a murmurés au cœur des prophètes, des Apôtres , des Évangélistes et de ton Épouse ; les goûter, les savourer, avec l'étroite bouche de mon coeur, Te suppliant de la dilater de jour en jour pour que ton Seul nom Jésus me suffise un jour. En attendant, dans l'Exil, laisse-moi Te donner mille noms divers, pour mieux Te dire mon désir de Te connaître et T'exprimer mon tourment de ne pas Te connaître.

Jésus, Tu es seul à connaître le sens de ton nom. Tu es ce chevalier qui porte << inscrit sur lui, un nom qu'il est seul à connaître>> (Apoc., 19, 12 ) . Mais Tu veux le révéler, et en le révélant le graver, et en le gravant prendre possession de celui qui le porte, afin qu'il devienne Tien, que dis-je, qu'il devienne Toi. Si tel devait être le fruit de mon effort, pour moi et pour tous ceux qui me liront, en cherchant ton nom, Jésus, j'aurai fait ce qu'on peut faire de meilleur en cette vie, puisque << la vie éternelle c'est de connaître le Père et Celui qu'Il a envoyé, Jésus-Christ >( Jn.,17,3). Quand Isaïe s'apprêtait à célébrer tes grandeurs et ton nom trois fois saint, son indignité le glaça d'effroi. < Alors, l'un des Séraphins vola vers moi, (dit-il), tenant en main une pierre incandescente qu'il avait prise avec des pincettes sur l'autel. Il en toucha ma bouche en disant : < À ce toucher sur tes lèvres, ta faute s'en est allée, ton péché est expié. (Is., 6,6-7). Ce charbon ardent n'est-il pas ton nom lui-même. On ne se purifie pas pour prononcer ton nom, on est purifié en le prononçant. Amen ! Alléluia!

JÉSUS, NOM AU_DESSUS DE TOUT NOM

Dans ta résurrection, Tu as reçu le Nm au-dessus de tout nom, et ce nom est << Roi des rois et Seigneur des seigneurs>> (Apoc. 19,13,16). L'Épitre aux Philippins célèbre la glorification du Christ ressuscité : << Dieu l'a souverainement exalté et lui a donné le Nom au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus, tout genou fléchisse, dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père >> (2,9-11). Et l'Épitre aux Éphésiens répète : << Dieu a ressuscité le Christ d'entre les morts et l'a fait asseoir à sa droite dans les cieux, au-dessus de toute principauté, domination, puissance, seigneurie, et de quelque nom qui se puisse nommer non seulement dans ce monde, mais encore dan le monde à venir>>(1,20-21)). Et ce nom est le Nom du Seigneur. En ce jour de sa résurrection, Jésus reçoit ce nom et la condition ou l'état signifié par ce nom. Ces honneurs propres à Dieu s'adressent << au nom de Jésus>>. Celui qui reçoit les honneurs divins est bien Jésus de Nazareth, ce << homme approuvé de Dieu>> (Act., 2,22) qui, après être mort sur la croix, est entré dans la gloire divine. Jésus est le nom qui Lui convient en raison de l'humanité assumée, au moment de Pâques, ce Jésus qu'on avait connu comme un homme parmi les hommes, hormis le péché, qu'on avait vu souffrir et mourir sur une croix, est entré dans une condition d'existence et dans des prérogatives qui sont celles de Dieu même. Sans cesser d'être celui qu'on désignait durant son existence terrestre par le nom de Jésus, il est entré en possession d'un nom qui est celui de Dieu même : le Seigneur. Sa résurrection le fait en même temps entrer dans une intimité où aucune créature ne peut entrer et il s'entende dire par Dieu : << Tu es mon Fils, c'est Moi qui t'engendre aujourd'hui>> )PS., 2. 7). Après avoir accompli la purification des péchés, Il est allé s'asseoir à la droite de la Majesté au plus haut des cieux, devenant ainsi d'autant supérieur aux anges que le nom qu'ILa reçu en partage l'emporte sur le leur, auquel des anges , en effet, Dieu a-t-il jamais dit : << Tu es mon Fils, c'est Moi qui T'engendre aujourd'hui?>> ( Héb. 1, 3-5). Déjà, dans l'exil de la terre, Tu as nous a fait connaître ton Nom ineffable. Par rapport à Dieu, Tu es son Verbe, et par rapport au monde, Tu es le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Bien plus, ton << Nom nouveau>> (Apoc., 3,12). Ne fait qu'un avec celui du Père : << Je vis l'agneau debout sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes ayant son nom et le nom de son Père sur leur front>> (Apoc., 14,1). Tu es le seul Seigneur !

- JÉSUS, NOM ÉTERNEL

Ton nom est éternel : il est du Père lui-même. Quel autre que Dieu le Père aurait osé donner un nom au Verbe incarné? Seul, celui qui engendre éternellement le Verbe peut le nommer : << Je suis le Seigneur qui T'appelle par ton nom>> (Is., 45,3 ). << On te donnera un nom qui sortira de la bouche même de Yahvé>> ( Is., 62,2) . << Seigneur, ton nom date de l'Éternité>> (Is.63,16), de l'heure où << Tu as été prédestiné Fils de Dieu dans la force>> (Rom. 1,4) << On lui donna son nom de Jésus, indiqué par l'ange avant qu'il eût été conçu dans le sein ( de sa mère)>> (Lc.,2,21) Le Seigneur Jésus est le << premier-né de toute créature >. ( Col., 1,15). Il est impossible de traduire par << premier-né d'entre les créatures>>. Cette expression signifie donc <<né avant toute créature>>. Le Christ n'est pas à ranger dans la catégorie des êtres créés; en outre, il possède un mode d'existence supérieur et antérieur à tout être créé. Pour qu'il ne reste aucune équivoque, Paul se commente lui-même en disant que le Christ < est avant toutes choses>>, et il donne cette raison que << tout a été créé par Lui et pour Lui>> (Col., 1,16). Il faut être avant d'agir, Non seulement le Christ existait, mais Il subsistait sous forme de Dieu>> (Phil, 2,6). C'est la clef, La forme de Dieu ne peut ni s'acquérir ni se perde. Elle n'est pas supplantée par la << forme d'esclave>. qu'elle s'adjoint dans le temps : là où elle est, elle est de toute éternité. C'est pourquoi << Jésus-Christ était hier, il est aujourd'hui et il sera dans les siècles des siècles>> ( Heb., 13,8).

JÉSUS, << EN QUI TOUTES CHOSES TIENNENT ET SE TIENNENT>> (HEB., 13,8)

Source première de tous les êtres, Tues aussi leur principe de cohésion et d'harmonie. De toute le créé, Tua as fait un univers ordonné ayant un sens, une valeur, une finalité. È celui qui te connaît, ces murailles élevées par les hommes entre ce qu'ils appellent ordre naturel et ordre surnaturel, apparaissent étrangères è l'harmonie, è la cohésion, et è la parfaite unité du pland de la divine sagesse.<< En Toi, toutes choses tiennent et se tiennent>>: elles ne peuvent ni être ni subsister indépendamment de Toi. Elles ne sont pas comme l'"édifice qui subsiste indépendamment de l'architecte, quand une fois il l'a fait construire, car, c'est en Toi que << toutes les créatures ont l'être, la vie et le mouvement>> (Art.,XVII,28). Toutes les créatures ne subsistent que pour former ton Corps: toute ce qui existe, ce qui se fait, tout ce qui arrive, Que ce monde est beau quand on le considère dans ce rapport qu'il a avec Toi, Jésus-Christ, le premier et le dernier dans tous les desseins de Dieu. Tout est pour Toi, les choses présentes et les futures, les choses visibles et les invisibles. Toutes les créatures subsistent en Toi et pour Toi. Apparemment, elles passent et se succèdent les unes aux autres, mais en Toi, elles demeurent éternellement. Enlève ce voile qui m'empêche de voir que Tu es tout en tout et en tous.

JÉSUS, QUI TIENT LA PRIMAUTÉ EN TOUT (COL., 1,17) .

Premier dans l'amour de Dieu, << fils unique de sa dilection>>(Col.,1,13). le Christ Jésus est aussi le premier dans son intention : Dieu a voulu Jésus-Christ et tout le reste, et les anges, les hommes et tout l'univers pour Lui, Jésus-Christ, le Verbe incarné est le don de la Trinité qui contient tous les autres dons et conditionne toutes les œuvres de Dieu, car << il a plu à Dieu qu'habitât dans le Christ toute la plénitude>.(Col., 2,9) C'est le Christ Jésus et non un autre qui tient la primauté en tout, dans l'Univers et dans l'Église, dans toute la création et dans tout l'ordre de la grâce. Et cette plénitude ne réside pas dans le Christ de façon transitoire, elle habite en lui à l'état permanent. Toute est intimement lié dans le Christ Jésus, la Création, la Rédemption, la gloire : en tout Il tien la Primauté. Jésus-Christ, objet premier, unique et total des complaisances, de la joie, du bonheur du Père, je T'adore et je T'aime. C'est d'être en Toi qui nous vaut d'Être << saints, sans tache, sans reproche>> (Col.,1,22). Cette complaisance divine nous est assurée, si nous demeurons << solidement fondés et affermis dans la foi, inébranlables dans l'espérance promise par l'Évangile>> (Col., 1,23)

JÉSUS, RESPLENDISSEMENT DE LA GLOIRE (DE DIEU) ET EFFIGIE DE SA SUBSTANCE ( heb., 1,3).

De même que le soleil émet des rayons qui font corps avec lui et en même temps manifestent la source d'où ils proviennent, ainsi, Jésus, Tu es << Lumière de lumière ; vrai Dieu de vrai Dieu>. Selon les mots du Symbole. Tu es vraiment consubstantiel au Père et avec Lui un seul et même Dieu. Tu es l'expression ou l'effigie du Père, L'empreinte laissée par un sceau est l'image parfaite du type qu'elle reproduit, Tu es en tout semblable au Père, puisque Tu es l'empreinte imprimée directement par Lui, Consubstantiel, identique et égal au Père par nature, Tu en es distinct comme personne. Et puisque l'assomption de la nature humaine, n'entraîne pas un amoindrissement de la divinité, ces noms Te conviennent non seulement comme Fils de Dieu au sein de la bienheureuse Trinité, mais aussi et sans aucune restriction comme << Verbe incarné en qui réside la plénitude de la divinité÷. (Col.  m 11.9).À quoi nous sévirait, en effet, que Tu sois le rayonnement du Père et sa parfaite expression si Tu n'étais en même temps le Verbe fait homme habitant parmi nous, afin que Te voyant, Te contemplant, nous puissions découvrir les profondeurs de la vie filiale à laquelle Tu nous as rendus participant? Pauvre fils de Dieu que nous sommes, Tu es notre unique espérance, Toi, seul est le vrai Fils du Père, le rayonnement de son être et la reproduction parfaite de sa substance, Unis-moi à Toi, Jésus, achève par ma Communion quotidienne, mon incorporation à Toi. Efface les traits de l'homme charnel et terrestre et grave en moi l'image de l'Homme nouveau, fils de Dieu, afin qu'en Toi et par Toi je sois un peu le rayonnement de la gloire du Père et son image.

JÉSUS, ALPHA ET OMÉGA

Seigneur Jésus, Alpha et Oméga, purifie mon regard, afin que je puisse Te découvrir partout et sentir ton omniprésence en tous les hommes et en toute créature. L'Univers tout entier a été voulu pour Toi; Ta présence agissante et unifiant permet, seule, de saisir le sens de tout, car tout a été créé par Toi et pour Toi ; et Tu es dans le monde, ramenant tout à l'Unité. Permets-moi de goûter et de savourer tes attributs essentiels d'Alpha et d'Oméga. Commencement et consommation de toutes choses ! Principe et cause finale de toutes créatures! Jésus, je suis à Toi et Tu es à moi. Je suis à Toi, destiné à ta Plénitude, voulue en vue de ton Corps mystique. Je suis à Toi, pour que ta gloire se manifeste en moi, pour que les hommes puissent Te trouver en moi; Tu es mon principe, ma source, ma vie, ma fin. Tu m'as fait homme pour revivre en moi ta vie humaine prise en Marie, pour que je sois pour Toi, une humanité de surcroît, dans laquelle Tu revives, Tu prolonges, Tu continues tous tes mystères, Toi en moi et moi en Toi, comme le Père est en Toi et que Tu es dans le Père. Quelle joie, Jésus, de penser que chacune de mes œuvres concoure à parfaire ton Corps mystique! Dans l'action et par l'action, je me confonds avec la volonté infinie du Père qui ne veut qu'une chose : Le Christ total, et qui travaille sans cesse à Le former. Je coopère à l'action même de l'Esprit formant le Christ mystique.

Je Te rencontre, ô Christ, qui étais, qui es, et qui viens. Associé au Père dans l'amour commun du terme : le Christ total, je Te suis associé intimement dans les hommes qui deviennent toujours plus Toi par mon apostolat. Seigneur Dieu, Tu es celui qui est et qui crée et engendre sans cesse ce qui n'est pas, Tu es l'Être. La créature est ce qui n'est pas. Quand elle est, ce qu'elle est vient totalement de Toi et doit T'être entièrement référé. Parce qu'elle n'est pas encore, elle reste une créature, un être à terminer et qui n'existe pas encore pleinement. Toute créature est néant, vide, ténèbres. Tu crées, Seigneur Dieu, et ce qui n'était pas est, et le vide est comblé, et les ténèbres font place à la lumière. C'est pourquoi tout ce qui est fait et engendré par Toi va à Toi, Père, comme un fils va à son Père, dans la louange, l'adoration et l'amour ; et ce qui n'est pas est une voix qui t'appelle, un abîme qui crie vers Toi, Celui de qui vient tout ce qui est et sans lequel rien ne peut être. Seigneur Jésus-Christ, mon Dieu et mon Tout, accorde-moi, je t'en prie, d'être un avec Toi : de vivre en Toi et de Te laisser vivre pleinement en moi ta vie de Verbe incarné--crucifié--ressuscité. Accorde-moi de ne plus vouloir que cela : être saisi par Toi et être transformé en Toi ; de le vouloir à chaque minute et avec une persévérance qui ne se démente jamais. Pour que Tu vives en moi et moi en Toi, accorde-moi la grâce de mourir entièrement à moi-même, de mortifier sans cesse mes inclinations naturelles, de faire de chaque moment de ma vie un acte d'immolation et de pur amour, dans le service joyeux des autres. Amen Alléluia

JÉSUS, NOM DU FILS UNIQUE DU PÈRE

JÉSUS, LE NOM QUI SAUVE

<< Dans ma tribulation, j'ai invoqué le nom du Seigneur ; j'ai espéré le secours du Dieu de Jacob et j'ai été sauvé. Tu es l'espérance et le refuge des pauvres, ô Dieu !>> (Ps.15, 1-4). Les chrétiens sont ceux qui sont à Toi, justifiés et sanctifiés, parce qu'ils sont << ceux qui invoquent le nom du Seigneur>. ( Rom. 10,6-13). Si, en effet, tu confesses de bouche : Jésus est Seigneur, et si tu crois dans ton cœur que Dieu L'a ressuscité d'entre les morts, tu seras sauvé >> ( Rom. /10,9). Le message évangélique se résume dans l'invocation du nom du Seigneur. Cette invocation traduit la foi chrétienne en la résurrection de Jésus, dans laquelle Dieu L'a fait Seigneur. Aussi les chrétiens sont appelés << ceux qui invoquent le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ >> (I Cor.1,2 ; II Tim.2,22). En effet, disait Saint Pierre : << Dieu L'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus qu vous avez crucifié>> (Act., 2,35), et << il n'a pas d'autre nom sous le ciel donné aux hommes, par lequel il nous faille être sauvés>> (Act., 4,12 ). Ananie dit à Paul : << Reçois le baptême et purifie-toi de tes péchés en invoquant son nom >. (Act., 22,16), c'est-à-dire en confessant que Jésus est Seigneur. Au geôlier de Philippe qui demande ce qu'il doit faire pour être sauvé Paul répond : << Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et les tiens >> (ACT., 16,31) ; et après l'avoir instruit il le baptisa. Celui qui Te reconnaît pour son Seigneur T'appartient. Il n'est plus à lui, mais à Toi. Comment ne serait-il pas sanctifié? Et s'il est à Toi, comment peut-il vivre sinon à la façon de celui auquel il appartient? Car, en Te l'appropriant, Tu lui donnes ton Esprit, cet Esprit qui le guide en toutes ses voies et l'amène à imiter la vie de Fils de Dieu incarné et ressuscité. Autrement, il ne Te reconnaît Seigneur que de bouche et non du fond de son cœur.

JÉSUS, NOM DE L'AMOUR

Et donnant au Christ le nom de Verbe, saint Jean montre qu'il lui attribue la place de la Sagesse universelle qui explique toutes choses. Mais la suite de l'Évangile montre que Jean n'entend nullement démontrer cette vérité par des arguments de la sagesse humaine. C'est le Verbe incarné qui se manifeste et se fait comprendre Lui-même comme l'amour et manifeste en l'amour la gloire ou la beauté propre à Dieu et ainsi toute vérité. Le verbe explique tout en montrant par sa création, son Incarnation--Passion -- Résurrection, que Dieu est amour et que l'amour est la raison de tout. Mais l'amour que le Verbe révèle est l'amour divin, absolu, non un amour quelconque ; c'est pourquoi la révélation de l'amour de Dieu est en même temps la révélation de sa gloire, c'est-à-dire de la transcendance absolue de l'amour divin qui est tout autre et exclut entièrement toute confusion entre cet amour et quelque autre amour que ce soit. En présence de la majesté de l'amour absolu qui s'avance vers l'homme dans l'Incarnation, la Passion, la Résurrection, l'Eucharistie, et qui l'invite à l'intimité incompréhensible de << faire corps avec Lui>>, le Corps mystique, l'homme pressent que Dieu est amour et que cet amour tout différent de tout autre amour est la gloire de Dieu. Ainsi, en même temps, nous est dévoilé tout le secret de l'histoire : la gloire de Dieu par la formation du Corps du Christ.

JÉSUS,<< CELUI QUI EST L'ÉPOUX>> (JN., 3,29).

Jésus, Sagesse éternelle née de Dieu, Tu prend tes complaisances parmi les hommes, (Pr.,8.23.37), au point d'épouser l'humanité et chaque âme en particulier; Ton Incarnation nous dévoile le mystère annoncé dans l'AT, surtout par Osée et le Cantique des cantiques : l'Époux, c'est Toi et l'Épouse c'est moi et toute l'humanité. Sans ton sang, l'Alliance est scellée (I Cor., 11,25), et c'est pour cela que l'Apocalypse ne nomme plus Jérusalem épouse de Dieu, mais épouse de l'Agneau (Ap., 21,9). Comment n'être pas confondu et comme anéanti devant tant d'amour? Être l'épouse du Christ ! qui jamais pourra comprendre un tel appel ? Épouser le Christ, faire de sa personne sacrée, de ses intérêts, de sa gloire, mon unique raison de vivre ! Épouse ses pensées, ses vouloirs, ses manières! Porter son nom : ne plus vivre pour moi mais pour Lui. Être épousé par le Christ, lui abandonner à jamais tout mon être, mes intérêts, mes nécessités, pour le temps et pour l'éternité! <N'aie pas honte! tu n'auras pas à rougir... car ton époux, c'est ton Créateur.. je T'ai aimé d'un amour éternel>. (Is., 54,408) (cf. Jér. XXXI,3). Puisse Jésus, ton amour, triompher de toutes mes résistances, oublier mes adultères, ne jamais Te lasser de moi et me conduire à la noce éternelle où notre union sera scellée pour toujours.

JÉSUS, << VRAIE LUMIÈRE>>. ( jN., 1,9)

Tu es lumière. La lumière physique du jour est son image, Dieu est tout l'éclat de la lumière la plus vive (Hab., 3,4) La lumière est son vêtement (Ps.104,2). Il habite une lumière inaccessible (I.Tim., 6,16). L'Écriture parle sans cesse de la lumière de son visage pour désigner sa providence, sa bonté, sa sollicitude, son amour (ps.35,10 ; 89,16). Le livre de la Sagesse affirme que la lumière est l'essence même de Dieu, lumière incréée, supérieure à toute lumière créée.( Sag., 7, 26,29). S. Jean précise que ce titre convient plus particulièrement au <<Verbe qui est la lumière véritable qui éclaire tout homme >> (Jn., 1,9). Il émet une doctrine qui sera le pivot de tout son évangile : le Verbe incarné a pour mission de manifester Dieu au monde. << Lumière née de la lumière >>, il est << le Soleil levant qui doit illuminer toutes les nations ... tous ceux qui se tiennent dans les ténèbres >> (Lc., 1.78 ; 2,32)
Jésus se révèle lumière du monde par ses actes et ses paroles. Les guérisons d'aveugles ont sur ce point une signification particulière, comme le souligne S. Jean en rapportant l'Épisode de l'aveugle-né et les déclarations de Jésus : << Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde " (Jn.,9,5). Ailleurs, Jésus avait dit : << Qui me suit ne marche pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie>> (Jn.,8,12) ; << moi, la Lumière , je suis venu dans le monde pour que quiconque croit en moi ne marche pas dans les ténèbres >> (Jn.,12,46). Un drame se noue dès lors autour de Toi, Jésus, l'affrontement de la lumière et des ténèbres : Le propre de la lumière est de chasser les ténèbres. En attendant l'issue finale, et à travers des péripéties sans nombre, nous sommes déjà assurés que << les ténèbres ne réussiront pas à étouffer la lumière>> (Jn., 1,5). Je sens cette lutte au-dedans de moi ; que de terres encore non éclairées de ta lumière. Lève-Toi, Jésus, soleil de lumière, dissipe à jamais les ténèbres de ma longue nuit :

1-
Bienfaisante lumière au milieu de ces ombres, guide-moi en avant. La nuit est sombre et je suis loin de ma demeure, guide-moi en avant. Veille sur mon chemin ; que m'importe de voir le lointain horizon? Un seul pas me suffit.

2-
Je ne t'ai pas toujours prié comme aujourd'hui, pour que tu me conduises.
J'aimais alors choisir et connaître ma route ; guide-moi maintenant. J'aimais l'éclat du jour ; l'orgueil, malgré mes craintes, régnait en moi ; ne te souviens plus du passé.

3-
Ta puissance a daigné trop longtemps me bénir, Pour ne plus me guider, Parmi landes et marais et rocher et torrent, Tant que dure la nuit ; Et avec le matin me souriront ces anges, Que j'ai toujours aimés et qu'un temps je perdis.. NEWMA

JÉSUS, LUMIÈRE DU MONDE

S. Jean nous dit que la vie donnée par la création est lumière ! Seul est vivant, en définitive, qui se comprend de lui-même, sait d'où il est et où il va. Inversement, le monde n'est pas ténèbres en ce sens qu'il serait une puissance hostile à Dieu et préexistante par elle-même ; le monde est lumière s'il sait d'où il vient, qui il est, et où il va, et il devient ténèbres s'il se referme sur lui-même, refuse d'être illuminé par la Parole de Dieu lui révélant ses rapports avec Dieu. Les ténèbres ne sont pas substance éternelle s’opposant à Dieu, mais un acte historique, c'est-à-dire la révolte, à travers toute l'histoire de l'homme, contre la Parole de Dieu qui l'a créée et lui a indiqué le sens de sa vie, et le repliement de cet homme sur lui-même. C'est pourquoi S. Jean donne à cette disposition de l'homme qui cherche à être son propre centre le caractère d'un mensonge et d'un meurtre (Jn., 8, 42-476) . Très différent de celui de la gnose, le dualisme chrétien doit être compris dans un sens non pas ontologique mais historique. Jésus, je comprends que, venu pur <<sauver le monde>> dont la maladie est la suffisance, l'orgueil, l'égoïsme, le repliement sur lui-même, Tu ne pouvais suivre d'autre voie que celle de l'anéantissement, de la kénose. La croix est notre lumière : <<Per crucem at lucem>> . Reconnaître, avec amour, adoration, louange, que Tu es mon Créateur, mon Sauveur, mon Seigneur, mon Dieu et mon Tout, c'est sortir des ténèbres, devenir lumière et v ivre vraiment. Sois loué, Seigneur Jésus, de m'avoir arraché aux ténèbres de l'orgueil, de l'égoïsme, de la suffisance.<< ce sont tes mains qui m'on fait >. (Ps., 138,5). Tout ce que je suis vient de Toi, Je ne suis rien, je n’ai rien, je ne puis rien, Tu solus Sanctus, Tu solus Dominus ! Tru solus Altissimus, Jesu Christe ! T'adorer, Te louer, T'aimer ! Demeurer dans la lumière : avoir d'une connaissance d'amour, d'où je suis, qui je suis, et pour qui je suis ! Comme Toi, Jésus, qui est lumière parce que Tu sais que < Tu es sorti du Père et que Tu retournes au Père>, et parce que Tu ne recherches pas ta gloire mais la gloire de celui qui T’a envoyé>. (Jn., 8, 50,53)

JÉSUS, NOTRE AVOCAT AUPRÈS DU PÈRE ( I, jN., 2,7 ; HÉB., 7, 25)

<< Si quelqu'un, dit S. Jean,, commet un péché, nous avons un avocat, Jésus-Christ, le juste .. (I.Jn., 2.1) Jean emprunte sa comparaison aux coutumes judiciaires. Chez les Hébreux, il n'y avait pas d'avocats de profession>>, mais des << défenseurs charitables>>, qui intervenaient surtout en faveur des pauvres, des ignorants, des orphelins, des veuves, de tous ceux en un mot, qui ne pouvaient pas se défendre eux-mêmes (Is, 1,17). Quand chez les Grecs et les Romains, auxquels écrivait S. Jean, un homme était accusé et traduit devant les tribunaux, son premier soin, comme dans nos sociétés modernes, était de chercher un avocat qui plaidât sa cause auprès des juges et lui obtînt le pardon. Quand un chrétien commet un péché qui mérite la mort éternelle, le démon, << l'accusateur des hommes qui les accuse devant Dieu jour et nuit>. (Apoc.12,10) réclame ce châtiment, <, C'est déjà tout réglé>., répond Jésus, notre avocat, en présentant à son Père, sa propre mort, comme rançon du péché. Jésus, pour celui qui croit à la valeur rédemptrice de ta mort et qui espère dans tes mérites infinis, il n'y a jamais et il ne peut y avoir de condamnation. Tu n'es pas, Jésus, un avocat comme ceux de la terre : Celui qui s'adresse à Toi avec foi et confiance obtient toujours sa grâce ou son pardon! O bienheureuse mort de Jésus, toujours présente aux yeux du Père, tu es mon espérance, ma certitude du salut! Jésus, Tu n'es pas un avocat comme ceux de la terre : au lieu de Te faire payer tes services, Tu payes Toi-même la dette de tes clients et ferme la bouche de l'Accusateur ! ö miséricordieux Avocat, à Toi, louange éternelle!.

JÉSUS, AGNEAU DE DIEU

Isaïe compare le Messie souffrant et mourant pour expier les péchés de son peuple à << un agneau conduit à la boucherie, à une brebis muette et n'ouvrant pas la bouche>. (Is., 53,7(. L'apôtre Philippe explique à l'eunuque de la reine d'Éthiopie que, sous ce symbole, Isaïe annonçait <,< la Bonne Nouvelle de Jésus>. (Ac., 8,31-35). Jean -Baptiste également, voyant Jésus venir à lui,, dit : ×< Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde >> (Jn., 1,29). Aussi lorsque Dieu décida de délivrer son peuple captif des Égyptiens, pour faire mieux connaître le salut universel apporté par Jésus, il ordonna aux Hébreux d'immoler par famille << un agneau sans tare, mâle, âgé d'un an >> (Ex., 12,5), de le manger le soir, et de marquer de son sang les linteaux de leur porte. Grâce à ce signe, ils seraient épargnés par l'Ange exterminateur venant frapper tous les premiers-nés des Égyptiens. Cette figure du Christ est celle qui semble avoir le plus frappé S. Pierre, S. Jean et S. Paul. Le thème de l'Agneau immolé, notre Pâques, remplit leurs écrits, Jésus est l'Agneau sans tare, c'est-à-dire sans péché, qui rachète les hommes au prix de son Sang (I.P et.m,12,18. et s; I.Jn,3,5; Héb., 9,12-15).

Jésus, Agneau de Dieu, Tu es venu et Tu viens toujours. Tous les jours, j'élève pour moi et pour les hommes << L’Agneau immaculé >> (I.Pet.,1,19), la blanche Hostie, Te priant de continuer et d'achever la tâche commencée dès l'origine du monde et qui ne sera finie qu'avec le dernier des rachetés. Jusqu'au dernier jour, il faut dire à Dieu avec l'Épouse de l'Agneau ; << Emitte agnum, Domine, dominatorem terrae; envoie, ô Seigneur, l'Agneau qui doit devenir le Maître de la terre (IA., 16,1). Les hommes ploient sous le poids de leurs péchés. Un grand nombre ignorent encore le salut que Tu apportes; Jésus, fais-Toi connaître au monde si malheureux à cause de ses péchés, comme l'Agneau qui enlève tous les péchés. Les hommes pécheurs et souillés, incorporés à Toi, perdus en Toi, participent à ta blancheur. Ils ont vraiment << lavé leurs vêtements dans le Sang de l'Agneau>> (Apoc., 7,14) . Fais qu'un jour, grâce à ton sang ayant vaincu Satan, dont Pharaon était la figure, nous chantions éternellement dans la Patrie,<< le cantique de Moise et de l'Agneau>> ( Apoc., 15, 43; 7.9)

 

JÉSUS, ROI DES ROIS, SEIGNEUR DES SEIGNEURS ( APOC., 17, 14; 19,16).

Le même Jean qui nous invite à Te contempler comme l'Agneau immolé qui, par ses anéantissements volontaires et sa mort sur la croix, efface les péchés du monde, nous presse de Te contempler aussi dans la gloire, << assis sur un trône>. (Apoc., 7,17) << adoré par les vingt-quatre vieillards>> (5,8), << par tous les élus>> (7,9-10) qui chantent avec tous les anges << le cantique de l'Agneau >> (15,3). << Roi des rois et Seigneur des seigneurs>> (17, 14), investi de la puissance même de Dieu, dans la joie et la gloire des noces avec l'Épouse, ton règne d'amour est arrivé et il n'aura plus de fin. Heureux ceux qui ont lavé leur robe dans le sang de l'Agneau, ils habitent avec Toi la Jérusalem céleste et Te suivent partout (14,1-4) , prenant part à ton festin nuptial (19,7), inscrits à jamais << dans le livre de vie de l'Agneau>> ( 21, 27). En attendant, Tu nous donnes tous les jours un avant-goût et une assurance absolue de ce Banquet céleste dans le Banquet eucharistique. Ö divine Eucharistie, vrai trésor de la terre, Tu me permets déjà d'adorer et de louer l'agneau toujours immolé et glorieux, et de le manger pour devenir un avec Lui. Heureux, mille fois heureux, celui qui croit que Tu es,<< le vrai Pain descendu du ciel afin que ceux qui Te mangent puissent déjà vivre de Toi et pour Toi (Jn., 6).

JÉSUS, HÉRITIER DE TOUTES CHOSES (HÉB., 1,2).

L'Héritage, au sens biblique, est le lot assigné à quelqu'un par Dieu, sa propriété personnelle, inaccessible et inviolable. L'Héritage n'implique pas l'Idée de succession, Israël est l'Héritage, le lot, la propriété d'Yahvé, (Ex., 34, 9; I" Sam., 10,1), il est son bien particulier (Ex., 19,5). Ici l'héritage conféré à Jésus, c'est tout le monde angélique et humain ; tout ce qui n'est pas Dieu lui même, tout le créé, dont il est fait le Seigneur (Act., 10, 36 ; Phil., 2,11). Dieu revêt son Fils Jésus-Christ de la Seigneurie qu'il possède sur tout le créé. Cette Seigneurie universelle, Jésus ne l'exercera pleinement et dans tout son étendu que lorsqu'il apparaîtra dans sa gloire ; mais dès l'origine, il est vrai Fils, héritier ou Seigneur universel.

Je suis une petite part de ton héritage. Je T'appartiens, Jésus, Tu es mon Seigneur, mon propriétaire. Tout ce que je suis est à Toi. Prends possession, Jésus, totalement et entièrement de ton héritage. N'attends pas la Parousie. Que déjà mon âme et mon corps, mes facultés et mes sens soient à Toi. Ne souffre plus Jésus que les voleurs et les étrangers saccagent à tout instant ta vigne. Sois le gardien et le défenseur de ton héritage. Sois mon rempart, ma forteresse ! Souviens-Toi, Jésus, que je suis ton héritage, moi, << terre de Canaan> autrefois et hélas ! Encore aujourd'hui visitée par les Jébuséens et les Amorrhréens, Jésus, empare-Toi de ton héritage, entoure-moi de clôtures, garage-moi, je T'en prie, car je suis sans défense.

JÉSUS, TOI QUI MÈNES À L'AMOUR

Le prophète Nahum nous enseigne que Dieu est un Amant qui attend de nous un amour pur de tout autre amour. Cette purification de l'amour est elle-même l'œuvre de Dieu : << Sans l'ouragan, dans la tempête, le Seigneur fait sa route, les nuées sont la poussière que soulèvent ses pas, il menace la mer, il la met à sec, il fait tarir tous les fleuves. Bashan et le Carmel en sont flétris, flétrie la verdure du Liban! Les montagnes tremblent devant lui et les collines chancellent >>. Nab., 1,2-5). Les ouragans et les tempêtes de la vie sont les instruments dont Dieu se sert pour faire voir à l'âme la vanité et le néant de toutes les choses d'ici-bas. Les nuées de poussière que soulèvent ses pas, et qui nous empêchent de le voir, les nuits de l'âme, font saisir que Dieu est au-delà de toute image et de toute idée que l'homme peut avoir de Lui. , Les sécheresses et les dégoûts, la faillite de nos vertus apparentes, la nudité de nos parterres, l'absence de toute vraie sainteté, ébranlent les montagnes et les collines de la confiance en soi. Ainsi Ninive ou le vieil homme est détruit : << Ainsi je vais briser son joug qui pèse sur toi, rompre tes chaînes>> (!,13).

JÉSUS, CRÉATEUR

Seigneur Jésus, je crois que Tu peux faire de moi un Vivant, que, de ce Lazare en décomposition que je suis. Tu peux faire un Vivant, un Vivant de ta vie quotidienne. Tu es Celui qui est, moi je suis celui qui n'est pas. Ce qui est, est bon et saint. Parce que Tu es l'être absolu, Tu es trois fois saint: Sanctus ! Sanctus ! Sanctus ! Parce que je suis néant, je suis le vide, l'absence de tout bien. Viens, Jésus Créateur ! Viens, Esprit créateur. Par Toi, Tout est fait et rien de ce qui est, est sans Toi. Toi qui combles les vides, regarde ma vacuité, ma vanité, mon néant. Créateur miséricordieux, fais que je sois. Tire-moi du néant ! Remplis-moi de Toi.

JÉSUS, VOIE DU SALUT

Il n'y a pas d'autre voie pour entrer dans la vie divine que Jésus crucifié : Il faut mourir à soi-même. Il faut que la chair avec toutes ses convoitises soit crucifiée pour revivre dans la résurrection. C'est un absolu. Il n'y a pas d'autre chemin; Jésus crucifié, envoie-moi ton Esprit. Sans Lui, je ne puis rien comprendre au mystère de la croix. Nul ne peut suivre Jésus dans sa Passion sans avoir été réconforté par le Saint-Esprit. C'est parce que Marie était déjà remplie du Saint-Esprit que seule, elle a pu suivre Jésus jusqu'au Calvaire. Les Apôtres n'en furent capables qu'après la Pentecôte. Venez, Esprit du Père! Venez, Esprit de Jésus m'enseigner la science nouvelle de la Croix. Que l'adhérence de Marie, la pleine de Grâce, au mystère de la Croix, est admirable! Douce Vierge Marie, priez pour moi, Priez pour le monde. Obtenez-nous les grâces de la Pentecôte.

JÉSUS, AGONISANT

Jésus, après ton entrée triomphale à Jérusalem, le Jour des Rameaux, je T'entends T'interroger Toi-même : << Faut-il dire: Père, sauve-moi de cette heure, de cette horrible Passion, de cette mort affreuse ? Demanderais-je à mon Père ma délivrance personnelle de la main des hommes ou vais-je me plonger dans ce baptême de sang pour sauver les hommes de la mort éternelle? Que demander? Écouter la voix de la nature ou T'étouffer pour courir au salut de mes frères malheureux ? Mon âme est troublée, agitée. Pourtant, c'est pour cette heure que je suis venu! Il faut absolument glorifier le nom de mon Père en révélant par ma Passion et ma Résurrection son amour miséricordieux et son dessein du salut des hommes. Alors, non ma volonté, mais la tienne, ô Père; non mon repos, mais ta gloire; non ma délivrance, mais celle des hommes>> (Jn.., XII,27-28 ). Ö Jésus, donne-moi, donne à tous les prêtres du monde, donne à tous tes disciples, ta force d'âme, pour travailler sans relâche au salut des hommes, avec Toi.

JÉSUS, CRUCIFIÉ

Jésus crucifié, je me prosterne devant Toi, je T'adore comme le Fils de Dieu, le don de l'Amour miséricordieux du Père pour les hommes, mon Rédempteur et mon Sauveur. En << T'exposant comme instrument d'expiation par ton propre sang>. ( Rom., 3,25), le Père nous manifeste clairement sa volonté miséricordieuse et fidèle, déjà attestée par la Loi et les Prophètes, de sauver tous les hommes. La valeur infinie de ton sacrifice sur la croix est à la disposition de tout homme qui croit et espère en Toi. En adhérant à Toi par la confiance et l'amour, l'homme s'approprie ce trésor d'expiation, de justification, de transformation intérieure et le fait sien. Seigneur, donne-moi et augmente sans cesse en moi cette disposition intérieure de foi, d'espérance et de charité, qui est la justification et la sainteté elle-même, car Tu es le Saint des Saints et cette disposition me jette en Toi et Te précipite en moi, et elle fait que Toi et moi nous sommes un. Loué sois-Tu, ô Père, pour Jésus crucifié! Loué sois-Tu pour le don de la foi, de l'espérance et de la charité qui me rend propriétaire de Jésus et fait de moi sa propriété.

JÉSUS, CRUCIFIÉ, VAINQUEUR DU PÉCHÉ

Ö Jésus crucifié, accorde-moi la grâce de mettre en pratique jusque dans l'acte dernier de ma mort, ce précepte que Tu nous as donné par ton Apôtre Paul : << Que les membres de votre corps ne soient pas comme des armes entre les mains du Péché pour établir en vous le règne de l'Iniquité... Mais mettez vos membres au service de Dieu comme des armes à produire de bonnes actions>> (Rom., 6, 12.13 ). << Que le péché ne règne plus dans mon corps mortel, siège de la concupiscence>> (Rom., 6.12.) . Tout mon corps a été vendu au Péché pour lui servir d'instrument; mais n'as-Tu pas racheté mon corps et brisé ce contrat? Comment le Péché peut-il réclamer encore ce qui ne lui appartient plus? Jésus, mon corps et mes membres T'appartiennent. Fais valoir tes droits et ne laisse personne s'emparer de nouveau de ce qui est à Toi! J'ai confiance que le Péché ne dominera plus en moi, n'étant plus sous la Loi, mais sous la grâce>> (Rom., 6,14) qui a vaincu le Péché-28-

JÉSUS, SANCTIFICATEUR

Seigneur Jésus, mon Dieu et mon Tout, je T'abandonne ma justification et ma sanctification. Je reconnais que mes péchés sont si nombreux et si grands qu'ils ne peuvent être enlevés que par Toi; que mon âme est si souillée qu'elle ne peut être purifiée que par ton Sang; que la vie du vieil homme est si tenace en moi qu'elle ne peut être vaincue que par ta mort! Jésus je T'abandonne ma sanctification ! Toi seul es le Soleil, l'Eau vive, le Pain et le Vin de ma croissance. Je n'y puis rien, Jésus, mon sauveur, mon Rédempteur, mon Sanctificateur. regarde dans ta miséricorde infinie le néant que je suis. Guéris ma lèpre et ma putréfaction; rends-moi participant de ta vie, sanctifie-moi. Je ne suis rien, je n'ai rien, je ne puis rien. Je me donne et je m'abandonne à Toi, Jésus, Que je ne sois pas confondu.

JÉSUS, LE GRAND OUVRAGE DE DIEU

Jésus-Christ, Tu es le grand et unique Ouvrage de Dieu, le Plérôme, la Plénitude et la Totalité des œuvres de Dieu. Toute créature se trouve associée à ta Plénitude, comme les membres le sont à la plénitude et à la totalité du Corps (Col., 2,910). Déjà notre vie est cachée en Dieu avec le Christ et par Lui: << quand le Christ sera manifesté--quand ce mystère de notre incorporation au Christ, en vue de sa Plénitude--- sera manifesté, alors nous aussi nous serons manifestés plein de gloire>> (Col., 2,2-4). Oui, vraiment << il n'y a que le Christ : il est Tout et en tout >> (I.Cor., 15,28). Ô Sagesse ! Ô Bonté! Ô Amour ! Mon Dieu, je crois en Jésus-Christ; je crois qu’Il est en moi et que je suis en Lui. Incorpore-moi toujours plus à Toi, Jésus, par ma Communion quotidienne, afin que grandissent mon espérance et mon amour. Jésus, Jésus, que je meure et que Tu vives en moi et que je vive en Toi, et qu'ainsi le règne parfait de Dieu arrive. Jésus, mon Tout.

JÉSUS, RESSUSCITÉ.

Père, je crois en Toi << comme en Celui qui a ressuscité des morts Jésus, notre Seigneur, lequel a été livré pour nos péchés, et a ressuscité pour notre justification>> (Rom., 4,24,25). Donne et augmente sans cesse en moi la foi et la confiance par lesquelles cette mort de Jésus devient ma mort complète au péché, et cette résurrection de Jésus devient ma résurrection à la vie du Christ Jésus. Puisque Tu m'as donné ton Fils bien-aimé, comment, ô Père, pourrais-Tu me refuser le don de la foi et de l'espérance en Lui puisque sans ce don, le don de Jésus m'est inutile. Par amour pour ton Fils, pour la gloire de ton Fils, donne-moi, ô Père, et donne à tous les hommes de la terre de croire et d'espérer en Jésus, seul Sauveur et Rédempteur, vie éternelle des hommes.

JÉSUS, TE FAIRE CONNAÎTRE

Quelle vocation ! Être l'Ostensoir de Jésus, comme Jésus est l'Ostensoir du Père. << Dieu avait parlé à nos pères par les prophètes, mais en ces derniers jours, il nous a parlé dans son Fils.... Lui, qui est le rayonnement de la gloire et l'expression de l'Être divin (heb., 1,1-3). Ma vocation chrétienne et sacerdotale est d'être un rayon de la gloire du Christ qui m'a sauvé et racheté. Il faut que ta gloire de Sauveur apparaisse en moi, par l'impression de moi de ta vie humble, pauvre, chaste et infiniment charitable. Je ne puis rayonner ta gloire qu'en exprimant ta vie sainte, Jésus, Tu es la gloire du Père, parce que le Père T'as communiqué sa substance. Tu as tout reçu du Père. Je serai ta gloire si Tu me communiques ta vie. De moi-même, je ne suis rien, je ne puis rien. Je ne puis qu'ouvrir mon âme et recevoir. Viens, Seigneur Jésus imprime en moi ta qualité de Fils, configure ma vie à la tienne. Alors vivant de Toi et comme Toi, je serai pour mes frères le rayonnement de ta gloire, l'expression de ton être, ton Ostensoir. Marie, ostensoir parfait de Jésus, priez pour moi !.

JÉSUS, DES JOURS GRIS

Pour Toi seul, Jésus, ce jour qui commence, dans la brume et la grisaille. Il faut que l'âme marche parfois par les paysages gris et désolés. << C'était l'hiver : Jésus allait et venait dans le Temple, sous le portique de Salomon>> (Jn., 10,23 ). Il venait de se dire le Bon Pasteur qui connaît ses brebis et donne sa vie pour elles. Pasteur d'âmes, avec Jésus et pour Jésus, l'apôtre doit expérimenter l'hiver des âmes qui ne voyant pas qu'elles avancent croient qu'elles n'avancent pas, et sont tentées de dire , comme les Juifs: << Jusqu'à quand vas-tu nous faire languir? >> Jn., 10, 24 ) et demandent à Jésus de lui dire clairement ce qu'Il est.<< Vous voulez savoir qui je suis, répond Jésus, regardez mes œuvres >. Dans les jours gris, regardez les œuvres de Jésus, à travers lesquelles son amour, son Cœur est toujours visible et sensible: << Je vous ai fait voir quantité de bonnes œuvres venant du Père>> (Jn., 10, 32 ), et << Sachez enfin que le Père est en Moi et Moi dans le Père, ... et Moi en vous et vous en Moi >> .

JÉSUS, LE PLÉRÔME

Jésus-Christ est l'unique Ouvrage de Dieu. Prédestiné de toute éternité à être la Tête, le Chef d'un Corps aux membres multiples, les anges et les hommes qui ont été créés pour Lui. Il est en formation et en croissance jusqu'à ce qu'Il ait atteint sa parfaite stature. Tout alors sera consommé. Le Christ apparaîtra comme << la somme>> de toutes œuvres de Dieu. Déjà, mourant sur la croix, Jésus contemple cette œuvre comme terminée, et il s'écrie: << Tout est consommé. Le Christ apparaîtra comme << la à Dieu est opéré. << Le Père nous a arrachés à l'empire des ténèbres et nous a transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés>> (Col., 1, 13-14 ); car << Dieu s'est plu à faire habiter en Lui toute la Plénitude>> ( Col., 1,19). ö Père, donne-moi à ton Fils, pour que ton Fils me redonne à Toi, afin que je vive en Toi et en Lui pendant toute l'éternité.

JÉSUS, VOIE DU RETOUR

Le retour de l'homme à Dieu consiste à mourir totalement à lui-même, aux inclinations, aux désirs, aux aspirations du vieil homme orgueilleux qui cherche sa gloire, du vieil homme sensuel qui cherche son plaisir, du vieil homme paresseux et gourmand qui cherche son repos et sa consolation ; et à ne plus aimer que Dieu seul, à ne plus rechercher que la gloire de Dieu, sa volonté, ce qui lui plaît. C'est pourquoi l'heure étant venue pour Jésus de retourner au Père, Il meurt d'abord sur la croix, pour nous enseigner à mourir à nous-mêmes, nous en mériter la grâce et nous entraîner dans sa mort. Cette mort accomplie, il est immédiatement retourné au Père. Jésus, applique-moi sans cesse les mérites de ta douloureuse Passion et de ta mort pour tuer en moi le vieil homme. Ta Passion et l'union à ta mort sont l'unique chemin du retour au Père. Non, je ne veux plus vivre, mais Toi, Jésus, vis seul en moi!

JÉSUS, RÉVÉLATION DE L'invisible

L'Eucharistie est la révélation complète de tout le mystère de Dieu, la clef de tout le créé, la révélation du sens de l'Univers. L'Eucharistie, la Présence réelle substantielle de Dieu sous les apparences du Pain et du Vin. Cette Présence de Dieu sous les apparences nous aide à saisir que Dieu, Principe et Vie de toutes choses est le véritable Présent partout et en toutes choses. De même qu'en présence de l'Hostie, la foi, dépassant les apparences, nous permet de découvrir le Dieu Vivant; ainsi la foi, science et sagesse de Dieu, nous permettent de découvrir Dieu Présent en toute créature. Aidez-moi, Seigneur, à dépasser toujours les apparences et à vivre << comme si je voyais toujours l'invisible>> ( Héb., X!,27) sous le voile des créatures. À la mort, les voiles et les apparences tomberont et je verrai que << Dieu est en nous tous et en chacun >>, qu'il n'y a que Dieu et que tout le reste est comme rien, parce que tout ce qu'il est, il l'est par Dieu. Marie, qui avez toujours contemplé l'Invisible, aidez-moi à vivre dans l'Invisible.

JÉSUS,TOUT-PUISSANT

<< Le Lendemain, à leur sortie de Béthanie, Jésus eut faim. Apercevant de loin un figuier couvert de feuilles,,, il lui dit : << Que jamais plus personne ne mange de tes fruits>>. Je sais, Seigneur, que ton geste comporte de multiples significations. Mais la principale est celle que Tu indiques Toi-même: Tu peux tout et à celui qui croit en Toi, tout ce qu'il demande lui est accordé. Tu peux, Seigneur, d'un seul de tes regards, d'une seule parole, dessécher jusqu'à la racine toute la source du péché qui est en moi, et faire de ce figuier, le formes peccati, la concupiscence, qui ne produit que des fruits d'orgueil, du feuillage, des fruits de sensualité, soit anéanti en moi. Passe, Jésus, en ce lundi saint, et qu'à ta parole ce figuier se dessèche sur-le-champ, et ne produise plus jamais de fruit de péché et de mort:<< Ils virent que le figuier était desséché jusqu'à la racine>> (Mc., 11, 20). Jésus, que je ne puisse plus jamais pécher.

JÉSUS, VAINQUEUR

<< Je suis Jésus que tu persécutes. Tu m'empêches de vivre en toi ma vie, par tes péchés et souillures de toutes sortes; tu m'empêches de me servir de toi pour sauver les âmes ! Il est dur pour toi de regimber contre l'aiguillon : Tu perds ton temps. Ma grâce aura raison de toi. Relève-toi et tiens-toi debout. Car voici pourquoi je te suis apparu: pour t'établir serviteur et témoin de la vision dans laquelle tu viens de me voir (dans mes membres) et de celles où je me montrerai encore à toi. C'est pour cela que je te délivrerai du peuple et des nations païennes.... (Act., 26,16-17). Ô Jésus, que je persécute sans cesse, aie pitié de moi. Convertis-moi, que ta grâce toute-puissante m'arrache à mes passions, à mon moi païen et sauvage qui cherche toujours à Te tuer en moi. Dis donc enfin pour moi cette parole efficace: << Lève-toi et tiens-toi debout>>.

JÉSUS, EN MOI

Jésus, Tu n'es pas hors de moi, loin de moi. Tu es en moi. Tu vis en moi. Ce n'est pas tellement moi qui vis, C'est Toi qui es moi et qui vis en moi. << Je soigne le Christ présent en moi, je le fais manger, je le fais promener, je le fais reposer pour que plus tard, en moi, il puisse recommencer à courir après les âmes... Ce n'est pas vous qui d'un bout de la journée à l'autre êtes lancé en pleine action : C'est le Christ, votre Christ à vous, tel qu'il est en vous. Livrez-vous au Christ en vous .. (P. Peyriguère, Écrits sp.p.21,22). Jésus,, je suis bien loin encore de goûter et de savourer ces vérités. Fais-moi cette grâce d'un si grand prix de me souvenir sans cesse que c'est Toi qui pries, qui travaille, qui lutte, qui souffres en moi. Jésus, je me donne tout à Toi. Vis seul en moi. Ma misère, c'est d'être moi et non Toi. Fais donc, Jésus, que je meure à moi-même et que Tu vives en moi! Que je cesse d'être moi et que je devienne Toi. Prêche, enseigne, pardonne par moi! Continue de glorifier le Père en vivant ta vie en moi.

JÉSUS, VIS EN MOI

Jésus, je suis résolu, à quelque prix que ce soit, à Te laisser pleinement vivre ta vie en moi. Que je ne sois plus que << tes apparences, tes espèces>> sous lesquelles Tu vives ta vie de prêtre, de victime, de sauveur. Enchaîne mon moi et que le tien soit enfin libéré. Prie, adore, loue, aime en moi et par moi ! Parle, éclaire, réchauffe, en moi et par moi! Souffre, expie, répare en moi et par moi. Rayonne en moi et par moi ta bonté, ta joie, ta miséricorde, ton infinie charité pour tous les hommes. Apporte aux hommes, en moi et par moi, ton Salut; je veux Te laisser vivre en moi et par moi ce mystère si beau de ta vie terrestre que Tu as spécialement choisi de revivre en moi: Tes interminables courses de ville en ville, de village en village, à la recherche des âmes ! Je ne veux pas choisir, mais Te laisser aller en moi où Tu voudras. Je veux disparaître pour que Toi seul vives, travailles, souffres et agisses en moi et par moi. Arrache, brûle, consume ce qui t'empêche de vivre seul et pleinement en moi. Jésus, mon Tout ! Deus meus et omnia!

JÉSUS, RÈGNE EN MOI

Seigneur, que ta volonté soit faite en moi: que je ne veuille plus rien autre chose que cette manière dont Tu as choisi de vivre en moi et par moi cet aspect particulier de ton mystère. Quand je songe, Jésus, que Tu as choisi de vivre en moi et par moi ce qui constitue ton mystère propre de Souverain Prêtre et d'Hostie et que Tu as choisi de le vivre en moi dans un exercice incessant de tes fonctions sacerdotales, je demeure confondu, à la fois ravi de ton amour pour moi et écrasé à la vue de mon insondable misère. Il me semble qu'un voile vient de se déchirer et que je Te vois, Jésus, en moi, Prêtre, Hostie, Apôtre, allant en moi et par moi , sur toutes les routes du monde. Comme au jour des Rameaux, Tu es vraiment monté sur un âne, et pire qu'un âne, un très grand pécheur, un néant. Que la laideur effroyable de mes péchés ne voile plus l'éclat de ta face ! Lave-moi, et lave-moi encore: je suis tellement sale! Jésus, Soleil de justice et de sainteté, que ton éclat me voile aux yeux du Père, et aux yeux des hommes, afin que le Père et les hommes ne voient que Toi en moi.

JÉSUS SEUL

Ô Dieu, souveraine vérité, éclaire-moi intérieurement. Donne-moi de connaître, non seulement par la foi, mais par la connaissance expérimentale, la vanité de ce monde et la vérité du monde futur, l'éternité de l'un, le rêve rapide de l'autre; de goûter et de savourer le bonheur de T'aimer seul. Donne-moi, en conséquence, de ne désirer être connu et aimé de personne, si ce n'est pas dans la mesure du nécessaire pour Te faire aimer de ceux et celles vers lesquels Tu m'envoies. Seigneur, mon Dieu, je m'anéantis devant Toi, je n'ai jamais sur T'aimer. Je me suis aimé moi-même! J'ai préféré le néant à ton être. J'ai préféré la pourriture à la sainteté, les ombres à la clarté, la honte à la beauté, Miserere mei, Deus, secundum magnam misericordiam tuam.

JÉSUS, JE ME DONNE À TOI

Seigneur Jésus, Tu as réalisé de la façon la plus radicale qui soit le don qu'une créature puisse faire à Dieu d'elle-même: le don de ta personnalité. Tu as exprimé maintes fois ce don: << Je ne cherche pas ma gloire, mais la gloire de celui qui m'a envoyé; pas ma volonté, mais la tienne; je ne fais rien de moi-même...>> Je sens en moi un je ne sais quoi que m'empêche de me donner à Toi, de m'abandonner à Toi. N'est-ce pas parce que je crois encore capable de quelque chose, j'espère encore quelque chose comme venant de moi. Jésus, guéris ma folie. Donne-moi l'humilité et la sagesse de la vérité. << Pour qu'il puisse s'incarner, il fallait que Jésus s'anéantisse>>. (Ph., 11,7). Pour que tu règnes et vives en moi, Jésus, je dois mourir à moi-même. Esprit d'amour, viens en moi. Brûle, tue, anéantis mon égoïsme.

Reçois, ô Père, l'amour du Cœur de Jésus, pour suppléer à ma folie..

 

JÉSUS, JE M'ABANDONNE À TOI

Seigneur, Jésus, mon Dieu. je me remets tout entier entre tes mains, je m'abandonne à Toi pour toujours. Je m'abandonne et me fie à Toi, ma lumière et ma vérité. Éclaire ma route et sois ma lumière éternelle. Je crois en Toi! Je crois à ton Évangile! Je crois à ton Église! Je m'abandonne à Toi: je ne puis me sauver moi-même. Impossible de vaincre le vieil homme, d'éviter le péché et de vivre ta vie: Sois mon salut, ma justification, ma rédemption, ma sanctification. Je me fie à Toi, je me confie à Toi, j'espère en Toi. Je m'abandonne à Toi, mon seul Amour! Toi seul mérites d'être aimé. Je me jette en Toi, je veux vivre et mourir en Toi ! Je veux vivre éternellement en Toi, Jésus, que je T'aime ! Dis-moi aussi que Tu m'aimes et que Tu ne veux jamais être séparé de moi. Jésus, je T'aime! Je me perds en Toi. Jésus, je T'abandonne tout, tout: mon passé; mes œuvres, ma vie: In manus tuas, commendo me . Cache-moi en Toi, dans tes plaies, dans ton cœur, dès maintenant et pour l'éternité

JÉSUS, JE ME PERD EN TOI

Le dessein éternel de Dieu est le Christ Jésus. Dieu veut que le Christ soit tout en tous, omnia in omnibus. Il s'agit pour chaque créature humaine de laisser le Christ être ce qu'il a voulu être en elle. Le moi humain, la volonté propre, l'orgueil, l'ambition personnelle, l'esprit de propriété, le désir de s'appartenir, d'organiser sa vie à sa façon, empêchent ce règne de Jésus en tous et en chacun. Ces luttes, ces combats dont le récit occupe une si grande place dans les Saints Livres, sont les combats de Jésus pour s'emparer de l'homme, de chaque homme, afin d'être en lui, ce qu'Il a voulu être en le créant, afin de vivre en lui une partie, un aspect de son mystère. Être fidèle à sa vocation, au devoir du moment, perdre toute volonté pour ne rien vouloir que le genre de vie que Jésus a choisi pour nous, ou mieux qu'Il a choisi de vivre en nous et par nous: tel est le secret de se perdre en Jésus et de Le laisser vivre en nous.

JÉSUS, VIENS

Seigneur Jésus, vraie Lumière, donne-moi de dépasser les ombres, les ténèbres et les apparences pour contempler l'invisible. Fais-moi comprendre que tout le visible n'est que l'enveloppe de l'invisible, que seul l'invisible compte, et que << la figure de ce monde passe vite>> (! Cor., 7,34).Fais-moi passer définitivement dans la lumière : je le sais, le jugement n'est pas à reporter dans un avenir vague, il s'accomplit dès maintenant, quand l'homme fuyant le mal, fait << ses œuvres en Dieu>> (Jn., 3,21) Celui qui croit au Christ et qui aime son prochain est déjà passé des ténèbres à la lumière. Seigneur Jésus augmente , augmente ma foi et ma charité! Viens, Esprit-Saint, répands en moi la foi et l'amour.

JÉSUS, RÉSURRECTION ET VIE

Seigneur, Jésus, mon histoire se résume à mes innombrables et continuelles infidélités à ta grâce! Dès mon enfance, Tu m'as attiré à Toi. Mais, tout de suite, j'ai commencé à résister à ta grâce. J'ai voulu << sauver ma vie>>, alors qu'il fallait la perdre. Je mesure mieux maintenant l'immensité de ta miséricorde. Malgré tant de résistance, de rebuffades de toutes sortes, de révoltes contre tes vouloirs divins, Tu m'offres encore chaque jour ta grâce et ton amour ! Tu avais rêvé de faire de moi un saint. Voici le soir, et ma maison est vide et ma vigne n'a rien produit et je suis noir de péchés; et je suis plus mort que vivant. Jésus, je Te crois capable de ressusciter les morts! Jésus, je Te crois capable de création ! Déploie en moi tes forces créatrices et ta puissance de résurrection ! Jésus,, mon Tout! À qui donc irai-je dans ma détresse, sinon à Toi, amour miséricordieux?

JÉSUS, AMOUR

<< Sacré-Cœur de Jésus, je T'adore dans l'hypostase de la deuxième Personne de la Sainte Trinité. Tout ce qui appartient à la personne de Jésus appartient à Dieu et doit être honoré de cet unique et même culte que nous rendons à Jésus. Il a revêtu la nature humaine non comme quelque chose de séparé de lui, mais comme sienne, simplement, absolument éternellement, de façon à être, dans la vraie réalité de son Moi, enfermé parmi nous. Cœur de Jésus, je T'adore comme Jésus lui-même Verbe éternel dans l'humaine nature revêtue et vécue pleinement. Tu es le cœur de l'homme le plus parfait, et T'adorant, j'adore mon Dieu Incarné, L'Emmanuel. Je T'adore, comme portant une part de la Passion grâce à laquelle je vis, car Tu as été meurtri en l'agonie du Jardin de Gethsémani et Tu as fait jaillir sur terre à travers les veines et les pores de la peau ton sang divin: Tu as été vidé jusqu'à la dernière goutte de ce sang sur la Croix et, après la mort, Tu fus percé par la lance et versas les tout derniers restes de ce Trésor inestimable, notre Rédemption .>> (Newman, méditations)

-LE CANTIQUE DES CANTIQUES

Comment un pécheur peut-il oser parler de Toi, objet des complaisances du Père éternel et de l'admiration des chœurs angéliques et des saints du ciel? Je T'ai aimé bien tard, Jésus ! Toi qui m'as aimé de toute éternité, qui m’a donné, dès mon entrée dans la vie, dans le Saint Baptême, un baiser d'amour si ardent qu'il a laissé en moi une trace ineffaçable, accepte ce chant du soir. Je le chante les yeux pleins de larmes. Ma consolation est de penser que peut-être quelque pauvre pécheur parvenu comme moi à l'automne de la vie sans T'avoir ni connu ni aimé, aux échos de ma voix éraillée répétant ton nom si grand et si doux, Jésus, Te dira avec moi, comme le larron du Golgotha: << Souviens-Toi de moi>> (Lc., 23,42). Ne pouvant parler de Toi, je Te parlerai à Toi pour soulager mon cœur si endolori de T'avoir si peu aimé. << Que Jésus me baise des baisers de sa bouche>> (1,1).Comment Te faire cette prière si Tu ne l'avais d'abord mise sur mes lèvres? Quelle révélation stupéfiante de ton amour ! N'est-ce pas avant tout pour satisfaire ton insondable besoin d'aimer et d'être aimé que Tu m'as appris à prier ainsi? Jésus! Jésus! Qui donc es-Tu?

Je suis l'Amour incarné, l'Amour fait homme. Et le chrétien, c'est l'homme égoïste devenu capable d'aimer. Je sais maintenant pourquoi Tu veux que cette étonnante et bouleversante prière me brûle sans cesse les lèvres et, semblable à un glaive me fende le cœur et le tienne en mouvements d'amour. Qui ne serait pas comme anéanti de savoir que le Fils unique de Dieu, la splendeur du Père et l'éclat de sa gloire. L’Alpha et l’Oméga, le Principe et la Fin de toutes choses, ordonne à une créature << toute noire>>. (cant., 1,4), de lui faire cette prière jour et nuit. Non, personne ne sait aimer si ce n'est Jésus. Aime,, c'est donner. Tu attends de moi cette prière, parce que Tu désires d'éternel désir remplir de ta Présence mon coeur si vide et si pauvre.

<< Que Jésus me donne le baiser de sa bouche>> (1,1).

Par la science des Écritures et l'étude de la théologie, j'ai reçu quelque connaissance de Toi. Mais je n'en peux plus de lire tant de livres, d'écouter tant de docteurs. Pourquoi me suis-je si longtemps livré à tous ces baisers inopportuns d'une science qui ajoute à ma douleur? Autrefois ces baisers me suffisaient: je ne savais pas la différence qu'Il y a entre la connaissance théorique et la connaissance de l'amour; entre la science de l'homme et l'illumination intérieure; entre le simple voir et le goûter. Mon Dieu, dans quelles ténèbres ai-je vécu? J'étudiais la théologie et tes divines Écritures, mais ma vie n'en était guère meilleure. Jésus miséricordieux, donne-moi maintenant le baiser de ta bouche, non unbaiser que l'on se passe de l'un à l'autre. Que tous les savants se taisent. Parle seul au-dedans de moi. Non, l'idée de Celui qui est au -dessus et si différent de toute idée que l'homme en peut avoir ne me suffit plus. C'est Toi, Jésus, Toi en personne que je veux. Comme Zachée, je veux Te voir, Toi, Je veux quelqu'un qui me donne le baiser de sa propre bouche et qui appuie ma tête fatiguée sur son coeur où je puisse goûter le repos de la contemplation, par delà tous les concepts, les idées, les images. Jésus, je Te veux. Je veux avec Toi une alliance non écrite sur du papier, mais une alliance d'amour, scellée dans ton sang et dans le mien. << Que Jésus me baiser des baisers de sa bouche>> (1,1). Je suis troublé, Jésus, d'oser T'adresser cette demande. Mais Tu l'as déjà exaucée bien avant qu'elle naisse sur mes lèvres. Mon Baptême est ton premier baiser sur mon âme. Semblable à celui que ta divinité a donné à ton humanité au moment de l'Incarnation, ce baiser a laissé dans mon âme une empreinte si durable qu'aucune de mes infidélités, aucune de mes trahisons, aucun de mes adultères, n'a jamais pu l'effacer. Ce jour-là, Tu m'as épousé pour toujours.

En Te disant: << Couvre-moi des baisers de ta bouche>>, ce n'est pas surtout une demande que je T'adresse mais une manière de me rappeler que Tu ne cesses de le faire, surtout dans ma Communion à ton Corps et à ton Sang de chaque jour. Cependant,, je veux te le redire aussi sous forme de prière. Je me suis arraché si souvent au baiser de ton amour, je T'ai préféré des amours si viles et si honteuses, j'ai accueilli si distraitement tes baisers, que je sens le besoin de Te dire : << Miséricordieux Jésus, continue, je T'en prie de m'aimer, car sans Toi je ne puis pas vivre. Aimez-moi encore, aimez-moi toujours. Continue de me couvrir des baisers de ta bouche: chaque parole de l'Écriture, chaque Hostie que je reçois, chaque personne que je rencontre, chaque événement est un baiser de ta bouche. Que chacun de ces baisers me blesse au cœur: << Vulnerasti cor meum>> (Cant., 4.9).

<< Tes amours sont plus délicieuses que le vin>> (1,1).

Le vin réjouit, fortifie et enivre. Mais combien plus la contemplation et l'assimilation de ton mystère d'amour produisent en l'âme joie, force et ravissement au-dessus de toute autre réalité. Qui peut Te recevoir des bras de Marie dans les siens, quand, Dieu de Dieu, lumière de lumière, devenu vrai homme, Tu es venu habiter parmi nous, sans éprouver joie, force et ravissement? Qui peut surtout Te contempler revêtu de cette robe rouge, le front ceint de ta couronne d'épines, les deux mains et les deux pieds transpercés et le cœur fendu en deux, sans mourir? Si on ne meurt pas, c'est que Tu laisses toujours les ténèbres planer sur la montagne de l'amour jusqu'à la neuvième heure, << tenebrae factae sunt per totam terram usque in horam nonam>> (Mc., 15,33 )" Quel vin que tes mystères d'amour! Qui a bu de ce vin n'aura plus jamais soif ! Que je boive tellement de ce vin, que mon enivrement soit tel, que plus personne ni rien ne puisse jamais me réveiller!

<< Jésus, l'arôme de tes parfums et exquis>> (1,3).

Jésus, laisse-moi respirer longuement l'arôme exquis de tes vertus. Tu possèdes toutes les vertus et elles sont en Toi à l'état parfait. Seule la fleur parfaitement épanouie peut répandre un parfum... Un simple bouton ne sent rien. Mais en Toi, les plus hautes vertus sont au degré le plus parfait, dès le moment de ton Incarnation. Aussi, as-Tu d'abord embaumé l'âme de Marie du parfum de tes vertus, dès qu'elle eut commencé à Te porter en elle. Jésus, toutes les fleurs de nos parterres et leurs parfums sont là pour me faire connaître la variété et l'infinie douceur de ta vie exemplaire. Que je respire cette bonne odeur dans ton Évangile et devant l'Hostie, mon parterre et ma prairie. Car je dois être moi aussi, comme Toi et par Toi, pour tous mes frères, <<la bonne odeur du Christ; Christi bonus odor sumus Deio>> (2. Cor., 2,15). Fais grandir en moi tes vertus. Je n'ai que le germe des vertus. Je passe ne laissant aucune trace de mon passage; comment embaumer les âmes avec des vertus non écloses? Miséricordieux Jésus, soleil ardent, darde encore une fois tes rayons sur le pauvre parterre en friche de mon âme!

<< Jésus, ton nom est une huile qui s'épanche; c'est pourquoi les jeunes filles t'aiment >> (1,3).

Ton nom, Jésus, veut dire Sauveur, et ton surnom, Christ, veut dire Oint, celui sur qui l'huile a été répandue pour la consécration. Oui, ton nom est d'une huile embaumée, non enfermée dans le flacon qui la contient, mais qui se déverse abondamment et veut répandre partout ses effluves. C'est de tous les hommes que Tu es le Sauveur et ton Sacerdoce est universel et éternel. L'Écriture a coutume de représenter les nations sous la figure d'une jeune fille (Is., 23,12; 37,22; Jr., 14,17). Oui, toutes les nations de la terre sont appelées à ton amour et toutes seront gagnées peu à peu par les charmes de ton nom Jésus, sois le Sauveur de tous les hommes. Attire-nous tous à Toi, car sans Toi le monde est perdu. Sois notre prêtre ici-bas et pendant tout l'éternité, afin qu'en Toi et par Toi, nous soyons plongés dans l'unité de la Trinité ! Jésus-Christ, mon Tout ! Douceur infinie ! Mon unique espérance de toutes les Nations ! Comment celui qui T'aime pourrait-il ne pas brûler du désir de voir ton nom connu et aimé par toute la terre?

<< Le roi m'a fait entrer dans ses appartements secrets >> (1,4)..

 

Jésus, Tu as vraiment voulu me faire entrer dans ton intimité; Tu as voulu me révéler tes secrets. Dès mon enfance, Tu m'as fait entendre cet appel: je m'en souviens très bien. Avec quelle infinie douceur j'ai mille fois entendu ta voix, dès l'éveil de ma raison. Mais j'ai été ensuite sourd à ta voix. Malgré que Tu aies tout tenté pour m'introduire dans ton intimité, j'ai préféré l'intimité des créatures, l'activité naturelle, et, malheureux, je suis resté dehors, à m'amuser à des fantômes et à jouer avec des concepts. Et Toi, toujours seul au-dedans de moi. Tu ne cesses de m'appeler à m'arracher aux créatures, aux sensualités, à la terre pour aller me cacher en Toi. Guéris mon inconstance qui me fait aller vers Toi et revenir aux créatures. Guéris ma folie de chercher à T''aimer comme un objet d'amour entre plusieurs autres: << Personne ne peut servir deux maîtres >. Puisque la porte de tes appartements secrets m'est toujours grande ouverte et que je suis trop stupide pour y entrer, fais-moi y entrer et ferme à jamais la porte, derrière moi pour que je ne n'en puisse plus sortir et que Toi seul sois l'objet unique de ma contemplation et de mon amour. << Je suis noire et pourtant belle, filles de Jérusalem; comme les tentes de Quédar, comme les pavillons de Salma. Ne prenez pas garde à mon teint basané: c'est le soleil qui m'a brûlée. Les fils de ma mère se sont emportés contre moi, ils m'ont mise à garder les vignes. Ma vigne à moi....je ne l'avais pas gardée>> (1,5-7).

Oui, je suis noir: la tentation, le péché ont fait leur œuvre en moi. Comme les tentes des nomades d'Arabie, faites en poil de chèvres, sont de couleur noire, mon manque de recueillement, mes courses perpétuelles, mon activité naturelle, ma préoccupation de mille affaires, le soin des autres m'ont noirci. Ma vigne à moi, je ne l'ai pas gardée. Mais je reste précieux à tes yeux, car Tu m'as racheté de ton Sang. L'heure est arrivée du recueillement, de la garde du cœur, de la vie cachée en Dieu : garder ma vigne et ne plus faire que cela. Autrement je n'aurais à donner aux autres que des raisins verts. << Dis-moi donc, Toi mon coeur aime: où mènes-tu paître tes brebis, où les fais-Tu reposer à l'heure de midi>> (Cant., 1,7). Le Pâturage des brebis, c'est Toi, Jésus: ta doctrine, ta vie, tes mystères, ton Eucharistie. Te connaître, T'aimer, te contempler dans l'Évangile, dans le Très Saint Sacrement; me nourrir de ta Parole, de Toi. << Que je n'erre plus en vagabond près des troupeaux de tes compagnons>> (Cant., 1,7). Fini le vagabondage. Même les amis de Jésus ne sont pas Jésus. Donne-moi un coeur pur qui Te cherche et ne veuille plus que Toi.

<< Si tu ignores (où j'habite), suis les traces du troupeau, et mène paître les chevreaux près de la demeure des bergers >>(1,8).

Pour Te trouver, Tu m'indiques, Jésus, de suivre les exemples des saints et d'écouter la voix de celui que Tu as établi le Pasteur des brebis. D'autres T'ont cherché et T'ont trouvé, ils peuvent m'indiquer la route. J'irai à leur école, je suivrai leurs traces. François, Jean de la Croix, Thérèse, etc., T'ont trouvé: la voie qu'ils enseignent est sûre. Surtout le Pasteur Suprême, Pierre, toujours vivant et guidant le troupeau, éclaire comme un soleil de midi. L'exemple et la doctrine des saints font grandir les chevreaux qui s'en nourrissent.

<<À ma cavale, attelée au char de Pharaon, je te compare, ma bien-aimée. Tes joues sont belles au milieu des colliers. Ton cou est beau au milieu des rangées de perles. Nous te ferons des pendants d'or et des globules d'argent>> (1,9-10 ). Jésus, Tu veux orner mon âme de la divine charité et du cortège de toutes les vertus. Sans la charité, mon visage est sans vie; sans la force, je plie le cou devant les passions; sans la sagesse, je n'entends rien à tes secrets mystères. Toi seul, Jésus, peux me faire ces dons. Donne-moi des joues roses et empourprées par la charité; un cou dur et raide devant les idoles; des oreilles attentives à tes paroles intérieures, car il y longtemps que j'aspire à entendre ce mot de Toi: << amica mea; mon amie>> ; à m'entendre dire que Tu m'aimes. J'ai beau cherché dans ma vie; je ne vois vraiment aucun ami. Non, je n'ai pas d'ami. La place est vide, viens,, Seigneur Jésus, viens. << Tandis que le roi est à son divan, mon nard exhale son parfum>> (1,12

Ton divan, Jésus, c'est le fond de mon âme où Tu es toujours, Tu es mon principe: ego principium. Tu es à mon origine, comme le soleil est à l'origine des rayons. Coupé de Toi, séparé de Toi, je ne suis plus. Et toujours Tu es là, non endormi, mais divinement actif. Tout ce que je suis, tout ce que je fais vient de ce que Tu es et toujours là à ce divan auquel Tu as donné d'être et d'agir. Et Tu attends que je refasse sans cesse le geste de Madeleine, qui, brisant son vase, répandit sur tes pieds un parfum de grand prix avec beaucoup de larmes. Des larmes, des larmes incessantes de T'avoir tant et tant offensé, de T'avoir si peu aimé, d'avoir vécu en égoïste loin de Toi, enfermé dans le stupide orgueil et la suffisance! Des larmes au souvenir de tous mes aveuglements, de toutes mes trahisons, de mon amour-propre luciférien! Des larmes à la pensée de ton amour méprisé, rejeté, méconnu. C'est le seul nard qui me reste; qu'il coule en flots intarissables de mon cœur brisé.

<< Jésus, mon Bien-aimé, Tu es pour moi un sachet de myrrhe et une grappe de cyprès des vignes d'Engaddi> (1,13-14 ).

Ta très douloureuse Passion vécue avec tant d'amour, voilà le sachet de myrrhe que Tu me donnes à respirer sans cesse et qui me découvre l'immensité de ton amour. Broyé comme une grappe de raisin, tout ton sang est sorti de ton corps; Tu as rempli chaque jour mon calice! Ô amour! Ô amour! Hostia pro Hostia: hostie pour Hostie; sang pour sang. Que j'accueille toute croix, toute souffrance, tout travail comme un moyen de Te rendre amour pour amour. << Que tu es belle, ma bien-aimée, que tu es belle! Tes yeux sont comme des yeux de colombes> (1,15 ).Quand, Jésus, pourras-Tu me faire entendre ces mots? Savoir que sa vie plaît à Dieu: qu'est-ce qu'un homme peut désirer de plus ici-bas? C'est la pureté d'intention et non les œuvres, la pureté du regard intérieur, la pureté de l'amour qui rend l'âme belle à tes yeux. << Cormundum crea in me, Deus; Seigneur, fais-moi un cœur neuf
>>, Toi, qui, chaque année, après les durs hivers, fais de nouveaux printemps. Redresse mes yeux obliques et donne-moi des yeux de colombes, simples et droits.

<< Dans mon intérieur, j'ai cherché celui que mon cœur aime, Je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé, Levons-nous, me suis-je dit, faisons le tour de la ville, parcourons les rues et les places, cherchons celui que mon cœur aime. Je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé. Les gardes qui font la ronde dans la ville m'ont rencontré. Avez-vous vu celui que mon coeur aime?..>> (III,1-3)Bien des fois, je ne puis Te trouver, Jésus, ni à l'intérieur ni dans les livres et les œuvres. Mais Tu n'es pas indifférent, loin de là, à ce que je continue alors de Te chercher quand même. Dans ces nuits noires qui paraissent parfois ne devoir jamais finir, garde-moi, Jésus, de la tristesse morne, du dépit, du désespoir. Il m'est tellement nécessaire de pleurer et de gémir, d'expier et de mourir à tout. Accorde-moi, Jésus, la grâce de persévérer dans la recherche de ton amour jusqu'à la mort, car << celui qui cherche trouve>> (Lc., XI,9). C'est l'espérance qu je veux garder au cœur jusqu'à la fin.<<À peine les avais-je dépassés, que j'ai trouvé celui que mon cœur aime. Je l'ai saisi et je ne le laisserai pas aller>> (III,4)

Que de temps perdu dans de fausses routes qui n'aboutissent à rien. L'intellectualisme est une de ces fausses routes. Il faut se hâter de dépasser les livres des hommes, alors on trouve le Livre de vie, Jésus, on le saisit, on le tient, là au fond du cœur, dans cette maison intérieure, ce temple, ce tabernacle, cette Jérusalem qu'il a bâtie lui-même, où il habite, et où il nous attire.<<Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles et les biches des champs, ne réveillez pas, ne réveillez pas la bien-aimée, avant qu'elle le veuille. Quelle est celle-ci qui monte du désert, comme une colonne de fumée, exhalant la myrrhe et l'encens, tous les aromates du parfumeur?>>(III,5-6)

Le Seigneur a un respect infini de la liberté. Il n'a pas voulu me sortir de mon long sommeil << sans que je le veuille>>. Il s'est contenté d'attendre. Oh! la longue attente! Jésus, comment as-Tu pu la supporter? Et maintenant, je T'arrive du désert, ayant expérimenté le néant de tout ce qui n'est pas Toi. Je T'arrive pauvre et vide. J'ai tout perdu, Je ne suis rien, je ne puis rien, je n'ai rien. Il me fallait cette longue chevauchée dans le désert des créatures, pour découvrir les seules valeurs véritables de la terre: pauvreté, travail, humiliations, solitude, prière, forment la << colonne de myrrhe et d'encens>..qui monte jusqu'à Toi, comme un parfum, le seul qui Te plaise.<< Voici la litière de Salomon, avec une escorte de soixante braves d'entre les braves d'Israël. Ils sont tous habiles à manier le glaive, exercés au combat; chacun porte l'épée au flanc, en prévision des surprises nocturnes.>>(III,7-8)

À l'homme fatigué qui vient à Lui, le Christ miséricordieux et plus magnifique que Salomon présente la litière de sa sainte Humanité toujours présente au Tabernacle. Voilà le lieu de mon repos, Jésus au Saint Sacrement. Là, je serais en sécurité. Jésus-Hostie est à lui seul plus et mieux que soixante guerriers armés jusqu'aux dents. Heureux celui que Jésus attire à l'Eucharistie. Ô douceur, ô joie, ô force sereine de la vie! Jésus-Hostie, mon Dieu et mon Tout! Ô soleil des nuits! Ô fidèle défenseur! Ô blancheur qui rend blanc! Ô soutien de ma faiblesse! Ô Pain! Ô Vie!

<< Le roi Salomon s'est fait un pavillon en bois du Liban. Il a fait les colonnes d'argent, le dossier d'or, le siège de pourpre toute brodée, œuvre d'amour des filles de Jérusalem. Sortez, filles de Sion, et voyez le roi Salomon avec la couronne dont sa mère l'a couronné, le jour de ses épousailles, le jour de la joie de son cœur>>(III,9-10)Le roi Salomon, c'est le Verbe, Il s'est fait une litière lorsque, par l'opération du Saint-Esprit, il a façonné sa très Sainte Humanité tirée, comme d'un cèdre incorruptible du Liban, la Vierge Immaculée. Les colonnes d'argent sont les membres sacrés de Jésus; le dossier d'or est son Cœur sacré; le siège de pourpre est l’effusion de son Sang précieux; son diadème est sa couronne d'épines. Qui ne serait bouleversé jusqu'au fond de l'âme de savoir qu'il est appelé à épouser ce Roi d'amour, par la contemplation et l'amour unifiant et transformant!.. Le Vendredi Saint a été, Jésus,<< Le jour de la joie de ton Cœur>>, où Tu nous as témoigné ton grand amour et depuis, grâce à ton ineffable Eucharistie, mémorial de ta Passion et de tout ton mystère, chaque jour, jusqu'au dernier est comme un seul jour, le jour de la joie de ton Coeur qui se donne, et l'anticipation du << jour de l'éternité>>. Garde-moi dans ton Coeur et dans les cavernes de tes plaies; dépose sur ma tête ta couronne d'épines, dans l'attente du jour de notre commune joie.

<< Oui, tu es belle, mon amie, oui, tu es belle. Tes yeux sont des yeux de colombes derrière ton voile. Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres suspendues aux flancs de la montagne de Galaad. Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues et qui remontent du lavoir: chacune porte deux jumeaux; aucune d'elles n'est stérile. Tes lèvres sont comme un fil de pourpre, et ta bouche est charmante. Ta joue est comme une moitié de grenade derrière ton voile. Ton cou est comme la tour de David bâtie pour servir d'arsenal. Mille boucliers y sont suspendus, tous les boucliers des braves. Tes deux seins sont comme deux jumeaux de gazelle, qui paissent au milieu des lis.>>(IV,1-5) À l'aide de ces symboles infiniment riches. Tu me dis, Jésus, ce que je dois être pour te plaire, et à quelles conditions je puis devenir beau et agréable à tes yeux. Tu veux de moi une totale pureté d'intention, des yeux de colombe; des pensées qui s'élancent vers Toi avec l'élan des chèvres de montagnes; des dents blanches, c'est-à-dire des paroles toujours pleines de charité; des joues, une modestie parfaite; un cou, c'est-à-dire une conscience droite comme la tour de David; des seins qui nourrissent, c'est-à-dire un zèle dévorant du salut des âmes. Voilà celui que Tu aimes. Jésus, fais que je sois ce que Tu veux que je sois. quel autre que Toi peux me rendre tel? Je n'y ai jamais réussi et je n'y réussirai jamais. Opère en moi ce que Tu exiges de moi et exige ensuite de moi ce que ta toute-puissance miséricordieuse aura opéré en moi.<< Avant que vienne la fraîcheur du jour et que les ombres fuient, j'irai à la montagne de la myrrhe et à la colline de l'encens.>>(IV,6)

Pour que Tu opères en moi ce que Tu veux y opérer, j'irai tous les jours de ma vie <<à la montagne de la myrrhe et à la colline de l'encens>>. J'irai au Calvaire et au Saint Tabernacle. J'irai Te contempler dans tes anéantissements, manger ton Corps très saint et boire ton Sang divin, à l'autel où Tu donnes à manger et à boire, jusqu'à ce que le jour de la bienheureuse éternité commence à poindre et que les ombres et les obscurités de la vie présente disparaissent. J'irai arroser tes pieds sacrés de mes larmes, Te dire humble et confus mon immense misère et offrir mon âme et toutes mes facultés à tes saintes opérations. Fais, Seigneur Jésus, qu'au moins au terme de ma vie, je puisse T'entendre me dire ce qui suit: << Tu es toute belle, mon amie, et n'y a pas de tache en toi, Viens avec moi au Liban, ma fiancée, viens avec moi au Liban! Regarde du sommet de l'Amana, du sommet du Sanir et de L'Hermon, des tanières des lions des montagnes qu'habitent les léopards. Tu m'as ravi le coeur par un seul de tes regards, par un seul de tes cheveux. Que ton amour a de charmes, que ton amour est délectable. Il vaut mieux que le vin; l'odeur de tes parfums vaut mieux que tous les aromates. Tes lèvres distillent le miel; le miel et le lait se cachent sous ta langue et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban. C'est un jardin que mon épouse, une source fermée, une fontaine scellée. Un bosquet où croissent les grenadiers avec les fruits les plus exquis, le cyprès avec le nard et le safran, la cannelle et le cinnamome avec tous les arbres qui donnent l'encens, la myrrhe et l'aloès et toutes les plantes embaumées. Une fontaine dans un jardin, une source d'eaux vives. Un ruisseau qui coule du Liban.>>(IV,7-16)

Tu me veux, Jésus, orné de toutes les vertus et de tous les dons du Saint-Esprit pour la noce mystique du ciel. Qui comprendra jusqu'à quel point il est aimé de Toi et à quelle ressemblance avec Toi Tu veux le conduire? Puisque, Jésus, Tu brûles pour moi d'un tel amour, dissipe mes ténèbres, ouvre mon cœur desséché à ton amour, laboure cette terre qui n'a poussé jusqu'ici que les ronces et les épines de ta couronne. Toi qui es la Résurrection et la Vie, aie pitié de moi. Il se fait tard et déjà le jour baisse. Reste avec moi, Jésus. J'ai peur. Je suis vide. Je suis si loin de ce que Tu veux que je sois. Avant que <<souffle l'aquilon de la mort, souffle sur mon jardin et de ses parfums s'exhalent >>, afin que je puisse Te dire, en mourant: << Que je sois éternellement une louange de gloire à ton amour miséricordieux!<< Je suis entré dans mon jardin, ma soeur. je recueille ma myrrhe et mon baume. Je mange le rayon et le miel. Je bois mon vin et mon lait. Mangez mes amis, et buvez; réjouissez-vous, mes bien-aimés>> V,1-2

Jésus, entre chez moi; je suis ton jardin. Viens y cueillir la myrrhe et le baume de tous mes petits sacrifices, de mes actes d'amour, de mon service joyeux de tes membres. Je veux faire de ma vie un acte d'amour ininterrompu qui soit une réponse à ton amour. Viens, << mange le rayon et le miel>, que ton amour et l'amour des âmes me consument; reçois le don de ma liberté entière de moi-même et de mes œuvres : opera, mea Regi! Viens, Jésus, T'asseoir à ma table, << boire le vin et le lait>; à Toi, mes peines, mes larmes, mes fatigues, mes dégoûts, mes labeurs; à Toi, mes joies, mes chants, mes transports, mes enthousiasmes. À toi surtout les fruits de mon apostolat; viens, mange et bois avec tes amis, tous ceux que j'ai pu aider à Te connaître et à T'aimer; tous ceux qui par mon apostolat j'ai voulu conduire à Toi.<< Je dormais, mais mon cœur veillait. J'entends mon Bien-aimé qui frappe: ouvre-moi, mon amie, ma colombe, mon immaculée; car ma tête est couverte de rosée, les boucles de mes cheveux sont trempées des gouttes de la nuit. J'ai ôté ma tunique, comment veux-tu que je la remettre? J'ai lavé mes pieds, comment les salirai-je? ( V.2-4)

Jésus, Tu m'as tiré de mon long sommeil, car je n'ai jamais cessé de T'aimer. Plonge-moi dans un autre sommeil: rends-moi sourd et endormi à tous les bruits de la terre, aux événements, aux fais divers, aux agitations des hommes, aux impressions des sens; arrête les divagations de mon esprit et de mon cœur . Ouvre mes oreilles et mon cœur pour entendre sans cesse le murmure de ta voix. Tu Te tiens à la porte de ma liberté. Rejeté de tant de cœurs. Tu es le mendiant qu'on laisse dehors transi de froid. Et pourtant, Tu n'en peux plus de marcher. Non, Jésus, ne reprends ni ta tunique, ni tes sandales: entre chez moi et viens Te reposer en moi. Je marcherai pour Toi à la recherche des âmes, je coucherai à la rosée du soir pour les attendre. Je frapperai sans cesse à leur porte. Je leur dirai combien heureux celui qui Te reçoit et en qui Tu prends ton repos; combien suave est ton amitié et ensoleillée la vie avec Toi!!<< Mon Bien-aimé a passé la main par l'ouverture de la porte. Je me suis levé pour ouvrir à mon Bien-aimé et de mes mains a dégoutté la myrrhe, de mes doigts la myrrhe répandue sur la poignée du verrou. J'ouvre à mon Bien-aimé, mais mon Bien-aimé avait disparu, il avait fui. Je L'ai cherché et Il ne m'a pas répondu>. (V,4-6)

Pour te garder en moi, Jésus, il me faut la myrrhe d'une incessante mortification des yeux, des oreilles, de la mémoire, de l'esprit, de la volonté. Jésus, c'est tout normal, veut être aimé seul. Sur terre, aimer Jésus, c'est souffrir. Car tout autre amour doit être rejeté. Autrement, Jésus << frappe à la porte>>, lui-même, en personne, il faut laisser de côté toutes nos dévotions accoutumées : livres, chapelets, images, prières vocales, pratiques. Il faut supprimer tout intermédiaire. Quand il se présente lui-même en personne, n'allons pas lui opposer des murs, des portes, des loquets, des dévotions particulières, des manières. Marie et Joseph ont pratiqué ce commerce direct avec Jésus : ô maîtres de vie intérieure, abaissez vos regards sur le tout-petit que je suis, qui ne sait pas parler à Jésus.<< Les gardes qui font la ronde dans la ville m'ont rencontrée. Ils m'ont frappée, ils m'ont blessée. Ils m'ont enlevé mon voile, les gardes des remparts>> (V.7 ) C'est à juste titre que j'ai eu, comme tous ceux qui veulent être à Toi, à souffrir quelque peu des événements et des hommes. Ainsi, on m'a rendu grand service en m'arrachant ce long voile d'amour-propre, d'orgueil, de suffisance, dans lequel, souvent inconsciemment, je me drapais. Je n'ai pas du tout envie de me plaindre. J'aurais soit même, il me semble __ nouvelle illusion, peut-être d'un plus grand oubli, si, oublié de tous, je pouvais attirer tes regards; j'aurais soif de plus de solitude, d'un vide plus grand autour de moi, si, à ce prix, je pouvais mieux vivre avec Toi. Mais fais ce que Tu voudras, pourvu que je ne sois jamais séparé de Toi.
<< Je vous en conjure, filles de Jérusalem, si vous trouvez mon Bien-aimé, dites-lui que je languis d'amour !En quoi ton Bien-aimé se distingue-t-il d'un autre pour que tu nous adjures de la sorte? (V,8)Non, personne ne Te connaît, Jésus, si ce n'est le Père et le Saint-Esprit. À qui demander la science de Jésus sinon à Jésus lui-même, à son Père, au Saint-Esprit? Des maîtres pour enseigner les arts, les sciences, la philosophie, la théologie, il n'en manque pas. Mais personne qui puisse enseigner Jésus si ce n'est Jésus lui-même, Adieu à toutes les sciences de ce monde. Je ne veux plus savoir que Jésus et Jésus crucifié. Pour connaître Jésus, il faut laisser tous les livres et ne plus garder que cet unique Livre: Jésus. Car c'est de Jésus qu'il est question de la première à la dernière page de la Bible. Le Livre, le Crucifix, le Tabernacle: et ça suffit! Un seul et même livre, en caractères bleus, rouges et dorés: Le bleu-espérance de l'Ancien Testament; le rouge de la Nouvelle Alliance scellée dans le Sang; et l'or pur de Eucharistie.

<< Mon Bien-aimé est frais et vermeil; il se distingue entre mille. Sa tête est de l'or et de l'or pur. Ses boucles sont noires comme le corbeau. Ses yeux sont comme des colombes sur le bord des eaux qui, lavées dans le lait, se posent sur la rive. Ses joues sont comme des parterres de baumiers, des massifs, de plantes odorantes; ses lèvres sont des lis qui distillent une myrrhe exquise. Ses bras sont des cylindres d'or, garnis de pierres. Ses bras sont des cylindres d'or, garnis de pierres de Tharsis. Sa poitrine est une masse d'ivoire couverte de saphirs. Ses jambes sont des colonnes d'albâtres posées sur des bases d'or; l’aspect est celui des arbres du Liban, il est superbe comme les cèdres. Sa parole est la suavité même et toute sa personne n'est que charme. Tel est mon Bien-aimé, tel mon époux, filles de Jérusalem>> (V,10-16)

Puisque Tu as voulu me donner un tel portrait de Toi-même, incomparable Jésus, laisse-moi te contempler longuement sous ses admirables symboles, en attendant de Te voir dans le ciel Jésus, Tu es tout << blanc et vermeil >> blanc par la sainteté infinie de ton être et de ta vie; vermeil au jour de ta Passion, tout ensanglanté; blanc dans le Très Saint Sacrement, et vermeil sous les espèces du vin. Tu es distinct de tous. Tu es unique: en Toi seul la nature humaine et la nature divine sont unies dans l'unique Personne du Verbe. Non, il n'y a en a aucun autre comme Toi. Aussi personne n'est aimable comme Toi. Bien plus, Dieu et homme, Tu es la synthèse de tout créé et de l'incréé. En T'aimant, on aime tout ce qui mérite d'être aimé. Ta tête est de l'or et de l'or pur. La tête de Jésus, c'est sa nature divine : Caput Christi Deus (! .Cor., IX,3) Avant tout, Tu es Dieu : au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu. Laisse-moi contempler ta tête d'or, ta divinité rendue visible dans ta tête humaine. Jésus! Jésus: beauté infinie! Sainte Face de Jésus, à travers laquelle je puis contempler la Face de Dieu !

Tes cheveux sont gracieux comme les branches des palmiers et noirs comme le plumage des corbeaux. Tes perfections divines sont infinies: semblables aux branches du palmier qui s'en détachent et retombent de tous côtés en se déployant magnifiquement, Tout en Toi n'est que perfection. Mais tes perfections sont si infinies qu'elles restent noires, obscures et impénétrables à l'esprit humain, surtout quand je Te contemple sur la croix où Tu apparais comme un pécheur, un scélérat; quand je te contemple dans l'Hostie où elles sont comme voilées sous le pain!...Tes yeux sont comme des colombes, sur le bord des eaux, ou comme sorties d'un bain lacté, les yeux sont le miroir de l'âme. Qui dira la pureté, la simplicité, la limpidité de ton âme très sainte? Quel symbole pouvait mieux exprimer la totale blancheur de ton âme immaculée? Âme de Jésus, sanctifie-moi! Tes joues, toutes couvertes du sang qui coule de ton horrible couronne de mille épines, sont comme des parterres de baumiers, des massifs de plantes odorantes: chaque goutte de ce sang fait germer et grandir dans les âmes les mille fleurs des plus odorantes vertus et peut guérir toutes les blessures du monde.

Tes lèvres sont des lis qui distillent une myrrhe exquise. Tes lèvres ne profèrent que la vérité pure... Personne n'a parlé comme Toi. Chaque parole de ton Évangile de lumière et d'amour possède la limpidité et le parfum des lis. Mais ta parole est souvent austère à la nature, car tes lèvres enseignent la doctrine de la croix; mais cette doctrine de la croix devient une myrrhe exquise à celui qui T'aime et veut partager ta peine. Tes bras sont des cylindres d'or, garnis de pierres de Tharsis. Tes bras et tes mains, avec lesquels Tu as béni les petits enfants, rendu la vue aux aveugles, touché et guéri les malades et les lépreux, ressuscité les morts, apaisé les tempêtes, multiplié les pains, pris le pain et le vin pour les changer en ton Corps et son Sang, à la dernière Cène, tes bras étendus sur la croix et tes mains transpercées soulevant le monde entier pour l'attirer à Toi et au Père! Qu'elles sont belles tes mains sacerdotales si pures et si rouges ! Tes cicatrices brillent éternellement comme des pierres précieuses dans ton Corps ressuscité, suprême espérance des pécheurs et joie inénarrable des élus !

Ta poitrine est une masse d'ivoire couverte de saphirs.

L'ivoire est éclatant de blancheur et incorruptible. Tel est ton Cœur, Jésus, d'une infinie pureté et d'une fidélité absolue. La lance du soldat l'a ouvert à tous les hommes qui veulent entrer dans << cette tour d'ivoire ornée de saphirs>>, à l'abri de tous leurs ennemis, dans un lieu de repos et de paix. Fais-moi, Jésus, entrer dans ton Cœur, découvre-moi ton amour infini et le trésor de ta Sainte Humanité. Qu'enfermé dans ce Cœur je m'endorme à toutes les choses qui passent et ne sois plus éveillé qu'à ton amour qui ne passe pas. Tes jambes sont des piliers de marbre posés sur des bases d'or. Prêtre éternel, toujours debout offrant à la Majesté infinie, sur l'autel de la terre et sur l'autel du ciel, l'unique et perpétuel Sacrifice d'amour. Ton aspect est celui des arbres du Liban, majestueux comme les cèdres. Ton sacerdoce est éternel: Tu es sacerdos in aeternum! Mais tu es un cèdre aux mille branches et Tu as fait de nous une << race sacerdotale>> (1.Pet., 11,5), nous associant sur la terre et dans le ciel à ton unique sacerdoce. Telle est la sublime Liturgie de la terre et du ciel! Telle est la fin dernière de toutes choses et l'éternelle vie! Oui, vraiment, Jésus, << ta parole, nous révélant tout ton mystère, est pleine de suavité et Tu es un Bien-aimé et un époux à nul autre pareil>> (V,16)

<< Où est allé ton Bien-aimé ? Quelle direction a pris ton Bien-aimé? que nous le cherchions avec toi>> (V,17) Hélas! Tes beautés, tes grandeurs, ton amour disparaissent vite à mes yeux! A peine les ai-je entrevus que Tu les caches à mes yeux, pour que je Te cherche toujours dans l'Obscurité de la foi. Mais je sais que la nuit est l'heure préférée de tes visites. Je veux être un veilleur et demeurer dans l'attente. Consolation et désolation, ferveur et aridité, ardeur et langueur: rien ne doit paraître trop pénible pour Te mieux connaître et Te mieux aimer!<< Mon Bien-aimé est descendu à son jardin, au parterre des baumiers, pour paître son troupeau dans les jardins et pour cueillir des lis. Mon Bien-aimé est à moi et je suis à lui; il paît son troupeau parmi les lis >> Jésus, viens en moi. Descends dans ton jardin. Prends-en possession totalement. Comment, après T'avoir connu, pourrai-je vivre pour un autre que pour Toi? Pais le troupeau de toutes mes pensées, de tous mes désirs, de toutes mes affections, de toutes mes activités. Sois-en le maître absolu. Ainsi, unifié dans ton seul et pur amour, je pourrai redevenir un lis. Vidé de tout autre amour, je retrouverai la pureté de l'amour, Jésus, je me livre à Toi. Toi seul peux faire que mon âme soit << belle à tes yeux, comme Thirsa, charmante comme Jérusalem, terrible comme une armée rangée en bataille>> (V1,4) , invulnérable au démon et aux passions. Toi seul peux faire que mes <<cheveux>> (V1,5),en broussailles, mes désirs désordonnés soient centrés sur Toi. Toi seul peux faire que <<mes dents>> (V1,6), mes activités soient ordonnées à Toi par la charité et << ne soient pas stériles>>; et que << mon visage>> (V1,7), ma manière de vivre ressemble à la tienne. Mets en moi cette perfection << perfecta>> (V1,8), que je suis impuissant à acquérir et qui ne peut venir que de Toi. Toi seul peux rendre mon âme << semblable à l'aurore, belle comme la lune, éclatante comme le soleil, imposante comme un bataillon>> (V1,10). De profundis clamavi ad Te: du fond de ma misère, je crie vers Toi! Cultive sans cesse ton jardin, fais grandir en moi les vertus, fortifie-moi, car sans Toi, je ne saurais demeurer fidèle (VI.,11-12) <<Allons, mon Bien-aimé, sortons à la campagne, passons la nuit dans les vergers. De bon matin, nous verrons si la vigne bourgeonne, si les grappes de fleurs s'entrouvrent, si les grenadiers fleurissent. Les mandragores ont exhalé leur parfum, et nous avons à nos portes toutes sortes de fruits exquis. Les fruits nouveaux, comme les anciens, mon Bien-aimé, je les tiens en réserve pour Toi>> (V111.,11=13).

Jésus, Tu as fait de moi ton apôtre. Sortons ensemble tous les jours de grand matin pour travailler la vigne, la belle vigne de ton Église. Car qui peut dire qu'il T'aime s'il ne cherche pas à allumer le feu de ton amour dans tous les cœurs. Ainsi le divin Cantique dit à l'avance, avec d'exquises images, ce que Tu devais nous redire au dernier soir de ta vie: << Je vous ai choisi pour que vous alliez, que vous portiez des fruits et que votre fruit demeure>. ( Jn., XIV,16). Tu veux que je sois << un cratère de vin et un tas de blé>> (Cant., V11,2). pour abreuver et nourrir les hommes. Surtout, Tu m'as mis dans les mains ton Vin et ton Blé eucharistiques, pour que, nourris de ce Blé et enivrés de ce Vin, les hommes deviennent ton Corps, Tu veux que je m'occupe des << bourgeons>., les petits enfants et les pécheurs qui vivent à peine de ta vie; Tu veux que je cultive ces belles << vignes en fleurs>>, les âmes consacrées; Tu m'as même confié la culture des << grenadiers>>, tes prêtres, ces fleurs les plus admirables et les plus exquises du beau parterre de ton Église. Depuis le matin de ma vie sacerdotale, les vergers et les vignes ne m'ont pas manqué. Je veux rester au service de ta vigne jusqu'au dernier soir, pour T'offrir chaque jour de << nouveaux fruits>> (Cant., V11,1-13). << Quelle est celle qui monte du désert appuyée sur son Bien-aimé?>. (V111,5) Fais, Seigneur Jésus, qu'après cette vie, je monte au désert vers Toi. << Mets-moi comme un sceau sur ton coeur, comme un sceau sur ton bras>> (V11,6), afin que je ne puisse plus jamais me séparer de Toi et que je Te demeure uni éternellement << Car l'amour est fort comme la mort, sa jalousie est inflexible comme le séjour des morts>> 9 V111,7); on ne lui arrache pas plus ceux qu'il garde que l'on n'arrache les morts à leur séjour. << Ses ardeurs sont des ardeurs de feu, une flamme de Dieu>> (V111,6);là, dans le ciel, le feu de l'amour divin me pénétra pour me transformer en Toi et devenir avec Toi une louange de gloire à la Trinité.<< Les grandes eaux> des tentations et des tribulations << ne pourront plus éteindre ce feu>. (V111,7). Fac me audire vocem tuam; fais-moi entendre ta voix>>(V111,13), car << l'heure vient où tous ceux qui sont dans les tombaux entendront la voix du Fils de l'homme et ceux qui l'entendront vivront>> (Jn., V,25). Quand viendra l'heure de la mort et de la parousie, fais-moi entendre ta voix. Viens me chercher d'une course rapide << semblable à celle de la gazelle et du faon des biches>. (V111,14) pour m'amener avec Toi. << Père, ceux que Tu m'a donnés, je veux que là où je suis il y soient afin qu'ils voient la gloire que Tu m'as donnée, parce que Tu m'as aimé avant la constitution du monde>> (Jn., XV11,24) Amen! Alléluia
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