Titre de la série :


Les 75 chemins de croix franciscains différents classés


Titre de la page:

P. Ignace Beaufays. o.f.m.
Treizième exercice Comment porter notre croix d'après un franciscain de la Province du Canada -14 .

Comment porter notre croixd'après un franciscain de la Province du Canada - 38


Nom de l'auteur:

P. Bertrand-Saint-Pierre 0.F.M.

P. Ignace Beaufays. o.f.m.
Treizième exercice Comment porter notre croix
d'après un franciscain de la Province du Canada -14


 
Comment porter notre croix
d'après un franciscain de la Province du Canada - 38


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01 Station: Jésus est condamné à mort.

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01 Station: Jésus est condamné à mort.


A deux pas de temple, au seuil du Prétoire, s’élève le tribunal. Pilate déclare Jésus innocent et présente aux Juifs, massés sur le parvis, leur roi, sanglant, couronné d’épines, couvert d’un manteau écarlate. Le peuple, ameuté par des envieux, accuse Jésus et demande sa mort. Apeuré, le lâche magistrat condamne de Sauveur. Fille des rois, pauvre et déchue, Marie apprend cette inique sentence. Comme Jésus, elle se tait, car elle sait que son Fils est frappé par un jugement oppresseur, à cause des péchés de son peuple. Nous, lorsque nous sommes incompris, accusés ou trahis, nous nous révoltons ! N’aurions-nous donc aucune faute à expier ?

Pilate condamne Jésus à la mort; il n'est qu'un instrument entre les mains de Dieu. Le Christ, librement, s'est livré, Il voulait satisfaire à la justice divine et sauver le monde."Il n'y a pas de disciple au-dessus du maître". Jésus a racheté les âmes par la croix; le chrétien ne se sauvera que par elle. Faisons cet exercice pour apprendre à porter notre croix, moyen de sanctification et de salut.
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02 Station: Jésus est chargé de la croix

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02 Station: Jésus est chargé de la croix


« Pilate a livré aux Juifs le Christ pour être crucifié», dit l’Évangile. Aussitôt, sur les larges dalles du Lithostrothos, endroit où le gouverneur avait ait dresser son tribunal, le cortège se forme ; les soldats déploient leurs forces contre un homme sans défense ; les sanhédrins hypocrites se vantent d’avoir sauvé la nation d’un danger ; le peuple acclame un brigand et poursuit de ses huées son Rédempteur et son Sauver ! Jésus regarde la croix et s’en en charge. Pauvre Maire ! Si elle pouvait dérober son fils à ses persécuteurs, comme elle l’avait fait au temps d’Hérode ! Non ! L’heure de la justice a sonnée, Jésus doit souffrir pour expirer le péché de l’Humanité Devant la croix qui nous ouvre le ciel , n’oublions pas, chrétiens, la parole du divin Maître » Qui veut être mon disciple, doit prendre sa croix et me suivre».

La croix se présente à Jésus. Il s'en saisit, car elle est le signe de la volonté de son Père. Sur le Calvaire, avec le Christ, deux larrons sont crucifiés. L'un se révolte, et se damne; l'autre accepte son sort en punition de ses crimes, et fait la conquête du paradis. Il faut porter notre croix, La porterons-nous en désespérés, comme le mauvais larron, ou en prédestinés, comme le larron pénitent? Acceptons, en esprit de foi, la croix que la Providence nous envoie, portons-la amoureusement, elle nous portera au ciel.
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03 Station : Jésus tombe pour la première fois
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03 Station : Jésus tombe pour la première fois


Au sortir du Prétoire, s’étend une large vallée. Elle sépare le temple de la ville. Épuisé par l’agonie à Gethsémani, par une nuit sans repos ni sommeil, par les avanies, les fouets, les outrages et la douleur, Jésus fléchit sous la croix. Quand Jésus enfant chancelait, Marie le soutenait. Aujourd’hui, il doit porter seul le poids de notre incurable lâcheté, de nos misères et de nos péchés. Hélais! Oui, notre volonté, comme une lueur qui brille un instant et s’éteint dans la nuit, faiblit dès que nous sommes aux prises avec l’épreuve ou que la passion nous sourit. Seigneur, nous vous en prions, accordez-nous le don de la force.

Jésus est tombé au moins trois fois sur le chemin du Golgotha. Ces chutes, dues à l'épuisement, nous prouvent que le Christ a souffert réellement dans son corps. Il a subi la flagellation, le couronnement d'épines, le portement de la croix, la crucifixion, l'agonie, la mort. Lorsque nous sommes en proie à la souffrance physique, tournons nos regards vers le Christ et méditons l'article du "Credo": Je croix en Jésus-Christ qui a souffert. La contemplation du Christ souffrant procurera à notre âme résignation, force et courage.
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  04 Station : Jésus rencontre sa Mère
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04 Station : Jésus rencontre sa Mère
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Près d’un croisement de chemins, le cortège s’est arrêté. Marie est là ! Elle est venue à la rencontre de son Fils. La très Sainte Vierge s’est, en quelque sorte, identifiée avec son Fils depuis le jour où elle a consenti à devenir la Mère du Rédempteur. Alors que les contemporains de Jésus n’ont pas voulu reconnaître en lui leur Sauveur, elle sait bien que s’il est voué à la mort, c’est à cause des péchés de son peuple. Aussi, son coeur s’ouvre –t-il bien large pour les prodigues qui solliciteront leur pardon, pour les affligés qui imploreront d’être consolés dans leurs souffrances. O Marie sainte Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs !

Jésus a souffert dans son corps; il a aussi souffert dans son cœur. Quelles douleurs que l'agonie au jardin des Oliviers, la trahison de Judas, le reniement de Pierre, la fuite des apôtres, la rencontre de sa Mère désolée. La souffrance morale, tentation, insuccès, découragement, tortureront, un jour, notre cœur; regardons le Christ en cette douloureuse rencontre avec sa mère. Demandons-lui de savoir accepter nos épreuves morales, pour la sanctification de nos âmes et l'accroissement de nos mérites.
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05 Station : Simon aide Jésus à porter la croix.
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05 Station : Simon aide Jésus à porter la croix.

Tellement profonde la douleur ressentie par Jésus à la vue de sa mère affligée, qu’il parût s’affaisser. Dans la crainte que leur victime ne pût continuer sa route vers le Calvaire, les soldats réquisitionnèrent Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et le contraignirent à porter la croix avec Jésus. Ce Cyrénéen, rapporte la tradition, avait d’abord commencé à porter la croix du Sauveur à contre-cœur. Il la porta ensuite volontiers. Pour le récompenser, de sa charité, Jésus lui accorda la grâce de la conversion. Et l’Évangile, en nommant les deux fils du Cyrénéen, Alexandre et Rufus, laisse entendre que Dieu bénit Simon de Cyrène dans ses enfants. Les croix que le bon Dieu nous envoie, acceptons-les comme un gage de la bénédiction divine pour nous et pour ceux que nous aimons.


Jésus est épuisé. Les bourreaux, craignant qu'il ne meure déjà, contraignent Simon à l'aider, et voilà que, par une vertu émanant de la Croix, le Cyrénéen trouve doux et agréable ce qui lui paraissait d'abord amer et difficile. Nous ne sommes pas éprouvés au-delà de nos forces; à saint Paul, qui se plaignait de la tentation, par trois fois Jésus répondra "Ma grâce te suffit". Le Christ veut nous aider à porter notre croix. Comptons donc sur la grâce, elle nous vaudra lumière et consolation, force et courage.

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06 Station : Une femme essuie le visage de Jésus.
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06 Station : Une femme essuie le visage de Jésus.

Semblable à l’agneau conduit à la boucherie, Jésus gravit la colline, Son visage est couvert de sueur et de sang, Il n’a plus ni forme ni beauté. Du groupe de pieuses femmes qui faisait cortège, l’une, plus courageuse, se détache et présente à l’Homme de douleurs un voile pour essuyer son visage. Et depuis le linge porte l’empreinte sanglante du Sauveur. Compatissons aux pauvres, aux abandonnés, aux méprisés, aux souffrants. Le Christ, présent en eux, nous récompensera de notre charité, en imprimant sur notre coeur le cache de son éternel et reconnaissant amour

Pendant sa Passion, Jésus a subi l'indifférence de ses amis, l'abandon de ses apôtres, la haine de ses ennemis. Il se montre sensible au geste de Véronique, essuyant sa face souillée de poussière et de sang. Le cœur du Christ, comme le nôtre, avait besoin de sympathie. Si, parfois, nous nous sentons seuls dans l'épreuve, n'allons pas nous décourager. Contemplons le Christ délaissé dans sa Passion. Le regard sympathique de Jésus s'abaissant sur nous, nous fera porter chrétiennement le poids de la souffrance dans la solitude.
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07 Station : Jésus tombe une deuxième fois.
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07 Station : Jésus tombe une deuxième fois.

En passant le seuil étroit rebouteux de la vieille porte, qui s’ouvre sur le lieu de l’exécution, Jésus, poussé et tiraillé par la cohue, s’affaisse de nouveau. La porte, depuis ce jour, s’appelle Porte Judiciaire. La malheureuse cité repousse hors de ses murs celui qui voulait rassembler autour de lui ses enfants pour les rendre heureux ! Ainsi Bethléem avait repoussé Marie, la nuit où elle lui apportait le sauveur du monde. Histoire navrante de l’homme ; il bannit dieu de sa vie, de la famille, de la société, parce Dieu veut le guérir de son for orgueil et de ses avilissantes convoitises Ah! Jésus, restez avec nous, car le soir approche !

Au cours de la Passion, comme dans cette deuxième chute se manifeste l'attitude intérieure de l'âme de Jésus; parfaite soumission de sa volonté à la volonté de son Père. Lorsque nous souffrons, Notre-Seigneur n'exige pas de nous l'insensibilité. Il nous demande de nous conformer à la volonté divine, et de redire avec lui : " Père, s'il est possible que ce calice s'éloigne de moi! Cependant, non pas comme je le veux, mais comme vous voulez!
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  08 Station : Jésus parle aux filles de Jérusalem.
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08 Station : Jésus parle aux filles de Jérusalem.

Jésus se retourne vers ces femmes qui le suivent encore, en exhalant leurs funèbres lamentations, et il leur dit : « Ne pleurez pas sur moi, mais sur vous et sur vos enfants », car des jours plus cruels que la mort vous menacent ! Quarante ans plus tard, Jérusalem et les temple s’enfondraient dans les flammes. Aujourd’hui, on interroge des débris enfouis pour retrouver les traces de la ville déicide et sur ses ruines, les Juifs, chaque vendredi, continuent à pleurer. Ce n’est pas impunément que l’on chasse le Christ ! Nous, chrétiens, portons en nous le Christ par l’état de grâce. Propageons sa lumière autour de nous, par l’exemple d’une vie chrétienne et par les œuvres d’Action catholique. Nous nous épargnerons ainsi les fureurs de la justice divine et nous mériterons les récompenses de la vie éternelle

De pieuses femmes sanglotent à la vue de Jésus souffrant. Le Sauveur va-t-il les réprimander? Non, Mais il les avertira de pleurer non sur lui, mais sur le péché, cause de sa Passion et de sa Mort. Nous avons, nous aussi, la larme facile. Nous pleurons une perte d'argent, une humiliation, un deuil. Le péché nous laisserait indifférents? Ah! Pleurons et expions nos iniquités, car autrement "viendra un jour où, désespérés de notre salut, nous demanderons aux montagnes de tomber sur nous, et aux collines de nous recouvrir".
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09 Station : Jésus tombe pour la troisième fois
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09 Station : Jésus tombe pour la troisième fois

Quelque 350 pieds séparent la porte Judiciaire de l’endroit où la croix sera plantée. On avance péniblement sur une butte rocheuse ; à mi-chemin, le cortège s’arrête, car l’épuisement du Sauver est à son comble, puis, l’on termine les apprêts du supplice. Innocente victime ! Autrefois Marie elle-même l’a portée au temple et l’a présentée aux sacrificateurs. Aujourd’hui, l’immolation s’accomplira, car il a plu à Dieu de le briser par la souffrance expiatrice du péché Dans notre pauvre existence, hélas ! que de faiblesses ! Heureux celui qui, se relevant après chaque chute, ne s’est pas habitué au mal et l’a toujours combattu : le Christ compatissant lu tend les bras pour le relever et le sauver.

C'est la main de Dieu, plus que les coups des bourreaux, qui s'appesantit sur Jésus et le fait retomber. Le Sauveur sait qu'il lui faut, pour sauver le monde, se plier à toutes les exigences de la justice divine. Dieu permet à la souffrance de s'abattre sur nous, pour nous détacher et nous purifier, nous sanctifier et nous sauver. Loin de nous laisser vaincre par l'épreuve, remercions la providence qui, dans son amour, nous l'envoie, et demeurons fidèles au devoir, à la vertu, au Christ, à Dieu.
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10 Station : Jésus est dépouillé de ses vêtements
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10 Station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

Au milieu de la foule, qui fait cercle et échange de grossières plaisanteries, Jésus est dépouillé par les soldats. Il paraît nu et sanglant. Ah! Si Marie pouvait, comme autrefois dans la crèche, l’envelopper de langes ! Mais non, c’est l’heure du dépouillement absolu. Autrefois, Jésus n’avait déjà plus où reposer sa tête ; il vivait d’aumône et du fruit de son travail, Aujourd’hui, il est mis au rang des malfaiteurs ; ses disciples l’on abandonné ; les soldats se partagent au sort ses dernier vêtements! Dans a détresse, il refuse de boire le breuvage amer qui devait assoupir sa douleur ; il veut savourer, afin de nous le rendre plus supportable, ce dépouillement de toutes choses, qui ou attend à la mort Et nous persisterions à nous attacher aux vains biens d’ici-bas !

Aux accusations injustes, Jésus n'a pas répondu; aux moqueries cruelles, il n'a pas répliqué; aux injures sanglantes, il opposera le pardon. Quand les soldats le dépouillent de sa tunique, "semblable à la brebis muette devant ceux qui la tondent, il n'a pas ouvert la bouche". Le Christ nous prêche ici l'humilité. Si la contradiction, si l'épreuve, si la douleur nous accablent, acceptons ces croix comme un juste châtiment de nos péchés. O Jésus, doux et humble de cœur, rendez nos cœurs semblables au vôtre !
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11 Station : Jésus est cloué à la croix
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11 Station : Jésus est cloué à la croix

Les soldats étendent les bras et les jambes du Sauveur sur le bois de la croix. Avec grands clous, ils l’attachent par les mains et les pieds sur son dur lit de mort. Le sang a jailli, les chairs ont palpité; les membres du Sauveur se tordent sous la douleur. « Qu’il se détache et se sauve !» vocifère la vile populace. Jésus, répond par une prière : « Père, pardon pour ceux, car ils ne savent ce qu’ils font !» Roi des martyrs, Jésus montre ses plaies sanglantes à ses athlètes, qui agonisent dan le Colisée, dans les sombres cachots, sur les lointaines plages. A tous es disciples, qui soufrent persécution pur la justice, il dit : « Regardez, y a t il une douleur semblable à la mienne ? Levez-vous donc, livrez-vous donc, supportez donc tout, et pardonnez !»

C'est l'heure de la crucifixion. Les bourreaux, enfonçant les clous dans les mains et dans les pieds du Sauveur, le fixent au bois de la croix, Jésus ouvre alors la bouche. Entendez la parole mystérieuse qui sort de ses lèvres divines: "Père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font!" L'indélicatesse, l'injustice, la persécution du prochain nous font souffrir. Il nous faut, pour copier le Christ, ne pas murmurer, accepter la croix en esprit d'expiation, surtout pardonner à ceux qui nous offensent. Seigneur! Donnez-nous la grâce, la force et la paix du pardon chrétien.
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12 Station : Jésus meurt sur la croix
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12 Station : Jésus meurt sur la croix

La vie s’épuise. Le sang coule goutte à goutte et rougit le sol. Une soif brûlante dévore le pauvre patient ; sa poitrine se soulève haletante ; une pâleur de mort l’envahit. C’est la fin qui se précipite. Jésus se sent. Il prend congé de sa Mère et de Jean. Il contemple son effrayante solitude. Il paraît puni et abandonnée par Dieu lui-même ! « C’est fini », dit-il, et, obéissant jusqu’à la mort, il remet son âme entre les mains de son Père ! Le rocher entr’ouvert par la terre qui tremble, témoigne encore aujourd’hui comment mourut le Fils de Dieu ! O Marie, témoin de cet inénarrable trépas, faites que nous profitons du sacrifice de notre Rédempteur, car, pour expier le péché, il a donné sa vie. Mère, de Dieu, priez pur nous à l’heure de notre mort !

Le paradis au bon larron, il confie sa Mère à saint Jean, à l'humanité il donne Marie comme Mère; puis, sa prière monte vers son Père, à qui il remet son âme. Oubli de soi, amour du prochain, abandon en la Providence, voilà ce que prêche le Christ en croix. Mettons en pratique cet enseignement. A l'heure de notre mort, en tout filial abandon, nous pourrons redire la parole de Jésus : "Père, je remets mon âme entre vos mains !
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13- Station : Jésus est descendu de la croix
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13- Station : Jésus est descendu de la croix

On a dit à Pilate : le Sabbat va commencer ; afin que ce saint jour ne soit pas profané, il faut descendre le corps de la croix. Pour s’assurer que le Sauver est mort un des soldats lui transperce le coeur avec sa lance et aussitôt, il en sort du sang et de l’eau. Puis Joseph d’Arimathie et Nicodème obtiennent d’enlever eux-mêmes le corps du Maître. Sur la pierre, devant Marie, on l’étend, on le lave, puis on entoure de bandelettes, trempées dans un mélange aromatique, ses membres glacés. On le couvre d’un linceul neuf, et, sur sa tête, on noue un suaire. Enfin on le porte au tombeau, en modulant le chat de l’espérance. Pauvre Marie, dans quel état vous retrouvez votre enfant ! Il est rangé parmi les morts, et on va le soustraire à vos yeux éplorés. Chrétiens, n’oublions jamais les douleurs notre Mère!


Marie est co-rédemptrice avec Jésus; cette coopération à l'œuvre de notre salut, la Sainte Vierge l'a acceptée au jour de l'Annonciation. Elle la réalise, plus que jamais en ce moment, alors qu'elle tient sur ses genoux le corps inanimé de son Fils. Les souffrances de la vie, endurées en conformité à la volonté de Dieu, contribueront à notre salut et au salut des âmes. C'est ainsi que nous deviendrons, avec Jésus et Marie, coopérateurs dans l'œuvre de l'Universelle rédemption.

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14 Station : Jésus est déposé dans le tombeau
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14 Station : Jésus est déposé dans le tombeau

Les étoiles montent une à une, il faut se hâter. Au pied du Clavaire, Joseph d’Arimathie possède un jardin dans lequel il a préparé un tombeau. On pénètre dans le vestibule ; on se baisse, pour gagner la chambre funéraire. Là, on étend le sauveur sur un blanc de pierre; on roule ensuite une pierre pour fermer l’entrée. Tandis que le Sabbat vient, Marie refait le chemin de ce matin, avec Jean cette fois. Elle l’accompagne jusqu’à sa demeure, car c’est lui qui maintenant prendra soin d’elle. Mais, en pleurant sur celui qui repose là-bas, la Vierge Mère n’est pas sans espérance ; elle attend la résurrection, elle sait qu’il vivra éternellement. Puis elle aussi s’endormira dans la mort ; Jésus viendra la chercher pour le paradis.» Et le jour que Marie passa dans cette espérance lui faut consacré, on l’appelle le Samedi. Faites, ô Mère, que les rachetés par Jésus, semblables à lui dans la mort, un jour comme lui, ressuscitent glorieux pour l’éternelle vie ! Ainsi soit-il!

Jésus a été enseveli. On a déposé son corps dans un tombeau, Une pierre en ferme l'entrée, des soldats montent la garde, tout semble bien fini;, non, tout n'est pas fini! Malgré la pierre et les soldats, en dépit de la déception des disciples, le Christ va ressusciter et sortir glorieux du tombeau au matin de Pâques. Quelle leçon d'espérance! "Ne faillait-il pas que le Christ souffrit, avant d'entrer dans sa gloire!" L'épreuve, la souffrance, la croix sont une source de mérite, de gloire, de triomphe. Souffrons avec le Christ, comme le Christ. Un jour, avec lui et comme lui, nous seront éternellement glorifiés dans la vision béatifique. Ainsi soit- il!
       
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