©Les Compagnons de Jésus et de Marie
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Debout près de la croix de Jésus, avec Angèle de Foligno ( 1248-1309)
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Comme on ne connaît aucun portrait authentique de sainte Angèle , nous pouvons facilement imaginer son attitude face à Jésus crucifié , en considérant cette crucifixion qui se trouve dans l'Église S. Maria in Vallicella à Rome
Courte Biographie
Sainte Angèle est née à Foligno (Italie) en 1248, Mariée, elle eut plusieurs enfants, et mena d'abord une vie très frivole;elle possédait des terres et un magnifique domaine. Vers 1285, après une apparition de saint François d'Assise, elle se convertir totalement au Seigneur, elle perdit la même année, en 1288, son mari et tous ses enfants. Alors, elle se dépouilla de tous ses biens. Pour s'affermir dans sa voie, elle se rendit en pèlerinage à Rome demander à saint Pierre la grâce de la plus extrême pauvreté.
En 1291, elle revêtit l'habit du tiers ordre de saint François d'Assise. Ce fut au cours de ce voyage, près de Spello, qu'elle reçut une connaissance expérimentale de la Sainte Trinité d'une rare profondeur. Dès lors, jusqu'à sa mort, le 4 janvier 1309, toute sa vie fut une incomparable imitation des vertus de Jésus pauvre et crucifié et une sorte d'extase prolongée pendant laquelle elle reçut ces communications de la Divine Sagesse que recevait et mettait par écrit son directeur spirituel et son confident. Fr. Arnaud, franciscain. Son culte a été approuvé par l'Église en 1701 et 1709; Pie X a fixé sa fête au 4 janvier.
L'œuvre complète d'Angèle de Foligno a été publiée en français sous le titre ; ‘ Le livre de L'Expérience des vrais fidèles ‘.. par M.J.Ferré et sous le titre : Le livre de la Bienheureuse Angèle de Foligno, par le P. Dancoeur .s.j. C'est l'un des plus grands chefs-d'œuvre de la spiritualité catholique. On ne se rassasie pas de le lire et de le méditer.
Je reproduis ici seulement ce qui se rapporte à la Passion de Jésus, d'après la traduction de Ferré ©( Éditions droz. Paris 1927)
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1- Pourquoi la Passion de Jésus fut si douloureuse
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A- La connaissance très parfaite que Jésus avait de tout. Il y eut dans le Christ une douleur multiple inexprimable et cachée, une douleur indiciblement aiguë, que lui départit l'ineffable sagesse de Dieu. Unie au Christ depuis l'éternité d'une union qui défie le langage, cette ineffable et éternelle dispensation divine portait sa douleur au suprême degré. Plus, en effet, la dispensation divine fut admirable, plus la douleur du Christ fut aiguë et déchirante; si aiguë, si inexprimable et si extrême fut la douleur qui résultait de cette dispensation divine, qu'il n'a jamais existé d'intelligence assez vaste ni assez pénétrante pour que comprendre cette dispensation fut la source et l'origine de toutes les douleurs du Christ ; c'est en elle qu'elles commencent, en elle qu'elles finissent.
Il y eut aussi dans le Christ une douleur provenant de l'Ineffable lumière divine qui lui était donnée, Dieu qui est la lumière ineffable illuminait ineffablement le Christ : la dispensation divine l'unissant ineffable à Dieu, le transformait en cette lumière divine et accroissait sa douleur au-delà de toute expression, car le Christ voyait dans cette lumière qu'une inexprimable douleur lui était départie dans une mesure telle que son excès même, en défiant tout langage, la cacherait à toute créature. La source et l'Origine de cette douleur, conséquence de la lumière donnée au Christ, était la dispensation divine.
B. Son immense amour pour les hommes
Il y eut aussi dans le Christ une douleur très vive et très poignante née de son admirable compassion pour le genre humain qu'il aimait d'un si grand amour. Le Christ avait pour chaque homme une compassion d'autant plus douloureuse qu'il connaissait de science certaine ses fautes et les châtiments qu'elles lui faisaient ou lui avaient fait encourir. Aimant, en effet, chacun de ses élus, ineffablement et du fond de ses entrailles, le Christ sentait continuellement leurs offenses passées et futures, ainsi que la peine et les peines qu'ils devraient supporter en raison de ces offenses. Il les compatissait, il portait les peines qui leur étaient dues avec une douleur immense. Plus il entrait de tendresse dans l'amour qu'il leur portait, plus le Christ mettait la douloureuse compassion à prendre sur lui leurs douleurs et leurs peines. La cause en était dans la dispensation divine.
C- La conscience qu'il avait d'être l'agneau qui porte tous les péchés du monde.
Il y eut aussi dans le Christ une douleur de compassion pour lui-même. Le Christ compatissait à lui-même en raison de la peine indiciblement douloureuse qu'il voyait fondre sur lui. Se voyant envoyé par le Père afin de porter en lui-même les douleurs et les peines de tous ses élus, sachant que cet inexprimable loi de souffrances lui échouerait inévitablement, et qu'il était envoyé à cette seul fin, le Christ se prenait lui-même en compassion et en éprouvait une douleur extrême. Car donné à un homme la certitude absolue qu'il n'évitera plus le plus horrible des châtiments, faites repasser sans cesse sous ses yeux les tables des souffrances qui l'attendent, cet homme n'aura-t-il pas pour sa propre personne unie pitié proportionnée à la connaissance qu'il a de ses malheurs. Voyant donc une douleur inexprimable fondre sur lui, c'est de façon ineffable aussi que le Christ, transformé en une si grande douleur avait compassion de lui-même.
D- La vue des douleurs de sa Mère.
Il y eut dans le Christ une douleur de compassion pour sa très douce Mère. Le Christ aimait sa très douce Mère pa-dessus toute autre créature, parce que c'est d'elle seule qu'il avait tiré sa chair, et parce qu'étant donné la noblesse, la profondeur et l'excellence de ses facultés, sa mère avait compassion de lui, son vrai fils, beaucoup plus qu'aucune créature. C'est pourquoi, la voyant souffrir à l'extrême douleur, la mère de Dieu souffrait la douleur suprême, et le Dieu-Homme Jésus portait continuellement cette douleur en lui. Cette douleur avait pour fondement la dispensation divine.
E- La connaissance des souffrances indescriptibles de ses apôtres bien-aimés
Il y eu aussi dans le Christ une douleur de compassion pour ses apôtres et ses disciples, car il savait quelle immense douleur devait les torturer quand les immenses délices de sa présence corporelle, qui leur donnait tant de joies, leur seraient enlevées. C'est parce qu'en effet cette admirable présence corporelle était très aimable et délectable qu'elle leur fut ôtée au temps de la passion. La souffrance indicible qui étreignit alors sa mère, ses apôtres et tous ses disciples, le Dieu Homme Jésus la porta continuellement en soi.
F.. La perfection et la noblesse de son âme
Il y eut enfin dans le Christ une douleur véhémente et aiguë en raison de sa noblesse, et de la grandeur et de la délicatesse de son âme, car cette noblesse et cette délicatesses aiguisaient et augmentaient d'autant ses souffrances; cette âme souverainement noble s'affligeait d'une souveraine douleur. Toutes ces douleurs tiraient leur origine de l'Ineffable dispensation divine. Tu as dit aussi, Marie : ‘' Et, en raison de l'union ineffable de l'âme et du corps, toutes ces douleurs ont, de par la dispensation divine, torturé l'âme du Christ de si profonde et de si intense manière que chacune de ses douleurs a sans cesse retenti dans son corps et l'a vivement affligé.
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1- Les cinq poignards
Cinq genres de poignards ont sans cesse percé le Dieu Homme , le Christ.
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Le premier genre de poignard fut la cruauté perverse des cœurs continuellement obstinés contre lui et toujours préoccupés de l'exterminer de la terre par les attentats les plus cruels et plus ignominieux.
le second genre de poignard fut la malice des langues vociférant contre lui. Parce qu'en effet les cœurs étant tourmentés, les langues répandaient contre lui le poison de la méchanceté et de la fourberie, résultat de l'obstination des âmes.
Le troisième genre de poignard fut celui des colères immenses, démesurées, qui faisaient éclater l'obstination des âmes dans leur désir de tuer le Christ et la méchanceté des langues acharnées à le déchirer; les pensés dirigées contre le Christ étaient autant de poignards enfoncés dans son âme : les paroles et les colères dirigées contre Lui autant de glaives qui lui perçaient continuellement le cœur.
Le quatrième gendre de poignard, ce fut l'œuvre qui consomma toute la maudite intention de ses ennemis. Ils firent contre lui tout ce qu'Ils voulurent.
Le cinquième genre de poignard dont le Christ fut frappé, ce furent les terribles clous avec lesquels ils le fixèrent cruellement à la croix. Ils prirent en effet des clous très gros, mais aiguisés rugueux, anguleux, afin de lui causer une douleur extrême et de mieux satisfaire leur malice; ces souffrances permettaient à Jésus Dieu-Homme de nous manifester un peu de son excessive et tout insondable douleur et de nous apprendre à pleurer sur nous-mêmes du plus profond de nos entrailles
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2- Pourquoi Jésus a dit cette parole « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné »
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Le Christ en croix eut trois raisons de crier cette parole : « Mon Dieu, mon Dieu ! pourquoi m'avez-vous abandonné »
Il la cria, d'abord, pour prier, c'est-à-dire pour manifester Dieu et lui-même. Dieu ne peut être abandonné. Le Christ manifesta donc qu'il était homme lorsqu'il se déclara comme abandonné de Dieu dans ses douleurs.
Il la cria aussi pour manifester la douleur suraiguë et inexprimable qu'il endurait pour nous. Dieu le Père connaissait bien la douleur du Christ ; Jésus la connaissait semblablement puisqu'il l'endurait; c'est donc pour nous seuls qu'il a crié cette parole, c'est pour nous indiquer l'intolérable douleur continue qu'il dut porter à cause de nos fautes, c'est pour nous apprendre à pleurer sur nous-même. En effet la création et l'organisation du corps du Christ, l'infusion de l'âme, l'union avec le Verbe se produisirent au même instant et en une fois. Or en vertu de cette plus qu'admirable union, cette âme fut remplie d'une incomparable et ineffable sagesse; elle se rendait toutes choses présentes d'une intraduisible présence. Par suite, dès l'instant de sa création jusqu'au moment où elle se sépara de la chair, par la disposition même de la sagesse divine, l'âme du Christ endura totalement et continuellement toute l'indicible et intolérable douleur qu'elle se voyait appelée à souffrir indiciblement, et cela, les paroles même du Chris l'attestaient. Il dit souvent qu'il porte sa croix, qu'il la porte sur son dos; il dit encore à ses disciples, non pour lui mais pour eux et nous afin qu'eux et nous tirions notre salut, cette parole : » Mon âme est triste jusqu'à la mort «, signifiant à tous qu'ils doivent toujours souffrir de cette douleur.
Le Christ cria encore cette parole « Mon Dieu, mon Dieu…' » pour nous donner l'espérance et nous affermir en elle, afin que s'Il nous arrive d'être affligés et de souffrir la tribulation, ou même en certaines douleurs de nous sentir abandonnés, nous ne défaillions pas de désespoir, mais que nous voyons très clairement par son exemple qu'il a tiré profit même de la tentation et qu'il est prêt à nous secourir.
4- Les trois compagnes de Jésus : La suprême pauvreté, les abaissements volontaires, la douleur ou la croix.
a- La suprême pauvreté
Depuis l'heure ou son âme fut créée et infusée à son corps très saint dans le sein de sa mère très pure, jusqu'à cette heure dernière ou cette très sainte âme sortit de ce très saint corps par la mort très cruelle de la croix. il ne demeura jamais sans la suprême pauvreté; celle-ci l'abandonna pas un instant; il ne fut pas de même pour les apôtres, non pour aucun des disciples, ni pour Jean l'évangéliste, ni même pour sa Mère, la très sainte Vierge Marie. Quelle compagne si fidèle, si assidue et si aimable pour lui ! Ce fut, me semble-t-il , celle que Dieu le Père très–Haut, selon sa dispensation, destina à son Fils en ce monde, ce fut la pauvreté parfaite, continuelle, absolue, telle fut la compagne qui suivit continuellement le Christ dans sa continuelle pénitence. Cette pénitence durant autant que sa vie en ce monde. C'est par elle qu'il monta au ciel en son humanité; c'est par elle que l'âme peut et doit marcher vers Dieu et en Dieu; en dehors d'elle, il n'y a pas d'autre voie, car il convient que les membres passent par où la tête a passé, que la compagne du chef soit aussi celle des membres.La société de notre chef, le Christ, fut, comme il a été dit, une volontaire, continuelle, extrême absolue pauvreté. Cette pauvreté eut trois degrés, un grand, un plus grand qui s'unit au premier; le troisième joint au premier et au second fut absolu, parfait. Dans le Christ la pauvreté a donc trois degrés, néanmoins elle est en lui souverainement et parfaitement une.
Voici le premier degré de la pauvreté très parfaite du Christ
, voie et maître de l'âme. Il voulut vivre et être pauvre, destitué de tous les biens temporels de ce monde jusqu'à ne se réserver ni maison, ni vigne, ni terre, ni possession, ni deniers, ni monnaie, ni ferme, ni écuelle, ni rien. Des choses de ce monde il ne reçut et ne voulut recevoir que l'extrême indigence dune vie qu'il passa dans le besoin, dans la faim et la soif, la chaleur et le froid, le travail, l'austérité, l'épreuve. Il n'usa point de choses délicates et recherchées ; il usa des produits les plus communs et les plus grossiers selon le temps, la saison, le lieu, fournis par le pays où il vivait et demeurait dans la plus grande pauvreté.
'La seconde pauvreté,
plus grande que la première, fut qu'il voulut vivre pauvre de parents, d'amis et de toute amitié temporelle. Il n'eut pas un ami, pas un parent qui lui obtint d'être délivré d'un seul percement de clous, d'un coup de verge ou de fouet, de l'éponge ou d'une seule injure. Il se détacha complètement de ses parents et de ses proches; ni pour mère, ni pour frère, ni pour ami, il ne sacrifia ni ne voulut sacrifier rien qui puisse plaire à la volonté de son Père très haut.
La troisième et suprême pauvreté
fut qu'il se dépouilla de lui-même, c'est à dire qu'il se fit pauvre de sa propre puissance, de sa propre sagesse et de sa propre gloire. Car, Dieu incréé, Dieu incarné, Dieu fait homme, Dieu souffrant, il voulut apparaître en ce monde comme un mendiant, comme un homme sans puissance, sans avoir, sans force, sans gloire, sans sagesse humaine. O pauvreté honnie ! ô pauvreté bannie aujourd'hui quasi à son de trompe par les gens de toutes conditions ! Trouverait-on de nos jours créature qui se glorifie d'être associée à une compagne si parfaite. Bienheureuse la créature qui, en esprit de pénitence, s'en glorifierait; le Christ l'a adoptée pour nous en donner l'exemple; mais comment nous agissons, nous ne le voyons, nous ne le savons que trop bien. Car non seulement nous usons des biens temporels pour notre nécessité avec une blâmable suffisance, mais nous ne nous contentons pas de notre juste part, il nous faut du superflu. Hélas! Hélas! NE SAVONS-NOUS PAS DE QUELS VÊTEMENTS Le Fils de Dieu a été paré, ne savons-nous pas dans quel lit et sur quel lit il a été couché sur la croix . Ne savons-nous pas de quel breuvage il fut rassasié. Ne savons-nous pas comment il fut renié de ses parents et amis, dans quelle compagnie il fut mis. Ne savons-nous pas commet il a voulu se défendre et s'élever, se faire protéger, se glorifier de sa puissance et de sa sagesse. Il eut pu le faire en toute vérité. car il possédait en soi et de soi la puissance, par essence, par grâce et par nature. Nous voulons nous autres, nous approprier par mensonge ce que nous ne possédons pas, nous faisons parade de ce que nous ne possédons pas. Notre pénitence ne suit pas la voie droite, elle s'écarte, elle s'éloigne de la première compagne du Christ, la sainte pauvreté.
B- Les abaissements volontaires
La seconde compagne qui ne quitta jamais le Christ en cette vie, fut l'abaissement volontaire et parfait. Il voulut vivre et il vécut en ce monde comme un esclave abject, vendu et non racheté : bien plus, comme un esclave méchant, vicieux, couvert d'opprobres, tourné en dérision, lié, frappé de verges, fustigé, flagellé, et enfin condamné et mis à mort sans aucun motif. Quand on voulut par hasard lui rendre quelque honneur temporel, il s'y opposa toujours ou par les paroles ou par les actes. Il a toujours fui les honneurs du monde, toujours recherché en ce monde la honte et le mépris, sans fournir par ses fautes de motif ni de raison plausibles.Où donc trouver aujourd'hui une personne qui aime cette compagne du Christ qui, comme lui, fuit les honneurs , qui recherche la honte, qui veuille être méprisée, dédaignée en retour du bien qu'elle fait, qui refuse d'en être louée et honorée ! Pour moi, il n'y a de fidèle, que celui qui s'unit au Christ son chef dans un amour parfait. L'âme pleine d'amour pour le Christ, voyant que son chef aime et veut une telle compagne, l'aime et la veut pareillement. On en trouve bien qui disent : ‘J'aime le Christ, je veux le chérir, je n'ai cure de tous les honneurs du monde. Mais pas au point de vouloir, de désirer la honte, l'abjection : je vis au contraire dans un continuel combat, dans une crainte continuelle que les hommes ne me les fassent subir et que Dieu ne permette qu'elles m'arrivent . ‘' C'est là évidemment le signe de bien peu de foi, de bien peu de justice, de bien peu d'amour et de beaucoup de tiédeur dans cette âme. Ou elle a commis des fautes qui la rendrent digne d'être confondue, châtiée, humiliée, c'est le cas de beaucoup, ou elle n'en a pas commis.
Si elle a commis de telles fautes publiques ou cachées, elle doit se préparer à en porter le poids avec patience, avec joie, avec plaisir du corps et de l'âme, elle le doit pour deux raisons :
Premièrement, le châtiment, la honte, délivrent l'âme de la peine qui lui est réservée à cause de son iniquité; deuxièmement, les châtiments de honte endurés et supportés avec patience, satisfont à Dieu et au prochain, conformément à la volonté de la justice divine. Si elle n'a péché ni en pensée ni en acte, elle doit, si c'est la permission de Dieu, souffrir cent fois plus et qu'avec plus de patience et de joie; car ce châtiment, cette confusion, cette honte lui valent un accroissement de grâce, qui augmente à son tour le mérite et la récompense dans la gloire.
La deuxième- Mais nous craignons que Dieu bon ne nous fasse pas croître; nous ne craignons pas que nos fautes nous fassent décroître et diminuer.
__ En vérité, c'est de cette manière que croissent les âmes saintes amies de Dieu. Voilà pourquoi le Christ a aimé la honte, fui les honneurs, voilà pourquoi, conformément à la dispensation divine et sans avoir commis de faute, il a voulu de sa libre volonté être abaissé et méprisé dans sa vie, afin d'enseigner à ses amis comment ils peuvent croître en mérite et en grâce par l'amour. Telle est la seconde compagne du Christ dans touts sa vie. IL eut pour elle tant d'amour qu'il ne voulut jamais s'en séparer. Si nous considérons en effet le commencement, le milieu et la fin, bref tout le temps de la vie du Christ Fils de Dieu, nous n'y verrons qu'humilité; il vécut sans honneur, et il vécut souverainement méprisé.
C.- La douleur ou la croix
La troisième compagne, plus éprouvée, plus assidue, fut une souveraine douleur à laquelle l'âme du Christ fut dès d'abord associée. Unie avec son corps à la divinité, cette âme sainte fut remplie de la souveraine sagesse et le Christ réalisa dans sa personne la condition de l'homme en cette vie et celle des bienheureux dans le ciel. Déjà dans le sein de sa mère, cette âme sainte commença de sentir une suprême douleur morale comme devant satisfaire complètement à Dieu, non pour ses fautes, mais pour les fautes des hommes, parce qu'elle voyait, connaissait, pénétrait dans leur ensemble, dans leur détail tous les tourments et chacun des tourments qu'elle devrait endurer elle-même dans la chair, d'une douleur physique.
Elle voyait, elle connaissait aussi tous les couteaux des langues, c'est à dire toutes les paroles acérées qui la blesseraient un jour, elle savait quand, et combien, et comment, et par qui, et où elle devrait être attaquée. Elle connaissait et voyait comment le Christ , en tant qu'homme, devait être trahi, vendu, arrêté, abandonné, renié, lié, tourné en dérision, frappé de verges, flagellé, jugé, condamné comme un voleur, traîné à la croix, dépouillé, crucifié, mis à mort, blasphémé, frappé par la lance qui lui ouvrirait le côté, Cette âme sainte savait tous les coups des marteaux, toutes les blessures des clous , elle avait en soi et devant soi et connaissait toutes les douleurs, tous les soupirs, tous les sanglots toutes les déchirantes lamentation de sa mère; ainsi toute la vie du Christ fut associée à une continuelle douleur.
4-le livre de vie-Comment la malheureuse âme qui veut surabonder de consolations en ce monde, marcherait-elle avec celui qui est la voie de la douleur ! En Vérité, l'âme parfaitement éprise du Christ, son aimé, ne voudrait pas d'autre lit ni d'autre état en ce monde, que ce qui fut donné au Christ en partage. Quand le Christ était gémissant et mourant sur la croix, Marie, sa mère qui le voyait, ne lui demandait, pas j'imagine, des consolations, elle lui demandait de sentir sa douleur. C'est dans une âme le signe de bien peu d'amour que d'attendre du Christ, en ce monde, autre chose que la douleur. Le bon maître, elle peut le savoir, préfère le pauvre qui le sert fidèlement, par affection sans salaire ni profit, au riche qui en retour de ses services reçoit chaque jour de grosses sommes et qui sert dans l'espoir d'une récompense spéciale De même l'âme qui court amoureusement à Dieu remplie des grandes consolations qu'Il lui donne à goûter, n'a pas tant de mérite que celle qui court à lui, qui le sert avec un égale et pareil amour, mais sans consolation dans une continuelle douleur. Voilà ,me semble-t-il , ce que m'enseigne la lumière divine émanée de la vie du Christ , unique voie par laquelle on accède à Dieu et en Dieu par l'amour. C'est par cette voie qu'est allé notre chef, le Christ; c'est par cette voie que doivent aller la main, le bras, l'épaule, le pied, la jambe, tous les membres. Par la pauvreté temporelle, l'âme arrivera aux richesses éternelles par le mépris et la honte au faîte de l'honneur et à la grandeur de la gloire, par une légère pénitence faite dans la peine et la douleur, la possession du souverain bien. Dieu éternel, dans une douceur et dans une consolation infinie. Mais, ne l'oublions pas, l'âme doit servir Dieu pour lui seul, parce qu'il est digne d'être aimé et doit être servi par toute créature raisonnable à cause de sa souveraine bonté.
5- Le livre de vie : Jésus crucifié contemplé
Ô fils très cher, si tu désires la lumière de la grâce divine, si tu désires éloigner ton cœur de toutes les sollicitudes, refréner les tentations nuisibles, être parfait dans la voie de Dieu, cours sans tarder à la croix du Christ. En vérité, il n'a pas été donné aux enfants de Dieu d'autre voie par où ils puissent trouver Dieu et, l'ayant trouvé, le garder, si ce n'est la voie et la vie de ce Dieu-Homme souffrant, qui comme j'ai la coutume de le dire et comme je l'affirme à nouveau, est le livre de vie.
Nul ne peut avoir accès à la délectation que par l'oraison continue. L'oraison continue illumine l'âme, l'élève, la transforme illuminée par la lumière perçue dans l'oraison; l'âme voit clairement la voie Crucifiée ; et, y courant d'un cœur dilaté, elle s'éloigne des lourds soucis du monde, elle s'élève au-dessus de soi-même à la jouissance de la douceur divine; ainsi élevée elle est embrasée d'un feu divin; et élevée, illuminée, embrasée de la sorte, elle est transformée dans le Dieu-Homme lui-même. L'Oraison continue trouve tout cela dans la contemplation de la croix.
ô mon très cher fils, réfugie-toi donc aux pieds de cette croix, demande à celui qui y meurt pour toi de t'illuminer afin que tu te connaisses pleinement et qu'abîmé dans la connaissance de tes propres défauts, tu puisses t'élever à une connaissance plus pleine de la bonté divine qui te paraissait incompréhensible, quand tu voyas Dieu t'élever, toi si plein de défauts à la dignité de fils et te promettre d'être ton père. Ne sois donc pas ingrat envers lui. Applique-toi à accomplir en tout la volonté d'un père si grand et si aimable. Car, si le bon plaisir de Dieu leur père ne s'accomplit dans les fils légitimes, comment s'accomplit-il dans les fils adultérins ! J'appelle fils adultérins ceux que leur infidélité à la croix égare à travers les désirs de la chair; fils légitimes ceux qui s'efforcent de se conformer en tout à leur maître et père souffrant pour eux, dans sa pauvreté, dans des douleurs, dans son abaissement; trois choses, mon très cher fils, que tu dois en toute certitude tenir pour le complément et le fondement de toute perfection. Ce sont ces trois choses qui éclairent véritablement l'âme, la parfont, la purifient et la préparent à la transformation divine.
Sainte Angèle de Foligno p. 53-55
Tirer du volume: Sainte Angèle de Foligno p. 53-55 du Père Raymond Christoflour
Édition Vision et Révélations Les Éditions du Soleil Levant.
Imprimatur Namurci, die 2a septembris 1958 F. Toussaint, v.g.
Sur le chemin de Saint-François, lors du premier entretien, il me dit:'' Qu'il est grand l'amour que je porte à l'âme qui m'aime avec simplicité!'' Et il me sembla qu'il voulait que l'âme, selon ses forces, ait un peu de l'amour qu'il a lui-même pour nous et que, si elle en avait seulement le désir, il le lui accorderait. "" Hélas il y a si peu de fidèles et il y a si peu de foi!" soupirait-il. Et il ajoutait : "" Qu'il est grand l'amour que je porte à l'âme qui m'aime avec simplicité; à une telle âme et à quiconque m'aimerait d'un amour vrai, j'accorderais dès maintenant plus de grâces qu'aux saints des temps passés, dont on raconte que Dieu a fait en eux de très grandes choses .'' Or, personne ne peut avoir d'excuse, car tout le monde peut l'aimer ; Dieu ne demande à l'âme que l'amour, car il aime, lui, il est l'amour de l'âme- Et elle me disait pendant que j'écrivais : ''Qu'elles sont profondes ces paroles : Dieu ne demande à l'âme que de l'amour! " - '' Qui donc pourrait garder pour soi quelque chose, s'il aimait? " Dieu aime l'âme, il est lui-même l'amour de l'âme. Il m'en fit voir une preuve éclatante dans sa venue et son abaissement sur la croix en dépit de sa souveraine grandeur, Il me disait : " Regarde bien, trouves-tu en moi autre chose que l'amour?" Et il me montrait qui l'avait envoyé, pourquoi il était venu et quelle est sa grandeur. Il m'expliquait tout ; et mon âme comprenait enfin qu'en effet il n'est rien autre chose qu'amour. Et il me semble qu'il se plaignait de trouver aujourd'hui si peu de personnes à qui donner sa grâce. Aussi disait-il que s'il trouvait aujourd'hui des âmes qui l'aiment, il leur conférerait beaucoup plus de grâces qu'aux saints du temps passé.
Puis elle me dit tandis que j'écrivais : '' J'aurais des scrupules de divulguer ces secrets si je n'avais entendu cette parole, que plus je parle et parlerai de ces mystères, plus il m'en restera."
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Je tiens mes sites à bout de bras depuis 1989 pour faire de l'Évangélisation accessible
à tous, si vous avez un peu de monnaies pourrez vous m'aider à continue cette mission.
Cependant je ne peux remettre de reçu d'impôt car depuis1989 je n'ai reçu que 2 dons veillez en prendre note. Merci
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