« Dans la sobriété de ses éléments, le rosaire concentre en lui la profondeur de tout le message évangélique, dont il est presque un résumé » Jean-Paul II
Depuis plus d'un siècle, presque tous les Papes recommandent la prière du rosaire et la pratiquent : Pie IX lui consacre une encyclique ; Léon XIII seize exhortations apostoliques ; Pie XII une encyclique, Jean XXIII, deux encycliques, Paul VI, une exhortation apostolique (Mariae cultus ) . Quant à Jean-Paul II, nul ne peut ignorer combien sa vie toute entière est enracinée dans cette prière, comme le montre sa Lettre apostolique sur le rosaire, Rosarium Virginis Mariae .
La prière du rosaire s'est développée au fil des siècles pour devenir une prière de base du croyant, un socle pour sa foi. Voici résumé les principales étapes :
# A partir du 10e siècle, dans les monastères, il y avait des frères illettrés qui ne pouvaient pas lire les psaumes de l'office, ni les savoir tous par coeur. On leur demanda de remplacer les 150 psaumes par 150 Note-Père.
# A partir du 12e siècle, se répand le Je vous salue Marie et on inventa le psautier de Marie : 150 Je vous salue Marie .
# Au 14 ème siècle, on sépare les 150 Je vous salue Marie en 15 dizaines (Henri Egher, chartreux allemand ?). On ajoutera plus tard les Notre Père, prière enseignée par Jésus, pour séparer les dizaines. .
# Au 15 ème on introduisit l'usage d'associer chaque dizaine, et parfois même chaque Je vous salue Marie, à un mystère de la vie du Christ ou de la Vierge (Dominique de Prusse, chartreux allemand ?) .
# En ce même siècle, le dominicain Alain de La Roche fut un ardent propagateur du rosaire dont il attribuait la création à saint Dominique. .
# Après le concile de Trente (1545-1563), la récitation du rosaire ou du chapelet se répandit dans les familles chrétiennes. L'institution de la fête du rosaire en 1573 (étendue à toute l'église en 1716), puis le mois de Marie (approuvé en 1815), ont contribué à répandre cette prière.
Le rosaire consiste à réciter quatre chapelets (voir chapelet) en méditant à chaque fois, à la fin ou au début d'une dizaine, sur un mystère propre à notre foi, à la vie du Christ et de Marie. Par la prière et la méditation, chaque chrétien peut pénétrer plus profondément dans l'Evangile, le comprendre et le suivre. La présence de ces mystères permet au rosaire d'être "un aliment pour nourrir la foi" comme le disait le pape Léon XIII. De plus "la contemplation des mystères sera plus féconde si on prend soin de faire en sorte que chaque mystère s'achève par une prière." (Jean-Paul II). Il y a en tout 20 mystères, regroupés par groupes de 5. Chaque groupe se médite un jour particulier de la semaine. Les mystères joyeux, glorieux et douloureux furent fixés par le Pape Pie V en 1569. En 2002, Jean-Paul II propose à la prière des fidèles un nouveau groupe de mystères : les mystères lumineux.
La méditation est importante, il ne faut pas se contenter d'énoncer le mystère par son nom. « Sans la contemplation, le rosaire est un corps sans âme. » (Paul VI). Les mystères courants ne sont pas les seuls,chacun peut méditer d'autres mystères. Chaque page, chaque chapitre et même chaque verset de l'Evangile peuvent être médités : il a existé jusqu'à 200 mystères au Moyen Age. Ainsi la mise au tombeau, la guérison de Lazare, les Béatitudes…peuvent être des moments de la vie du Christ sur lesquels on peut réfléchir par la prière. Pie XII disait que le rosaire est "un abrégé de tout l'évangile".
Par les chapelets de dévotion spéciale, on peut trouver d'autres répartitions (voir les autres chapelets sur le site comme chapelet de l'Enfant Jésus, chapelet des 7 douleurs de Marie…) et d'autres moyens de pénétrer plus profondément dans le mystère qu'est l'Evangile. L'essentiel est qu'avec la prière de ces chapelets et la méditation on puisse « avancer au large pour redire et même pour crier au monde que le Christ est Seigneur et Sauveur, qu'il est ‘le chemin, la vérité et la vie' (Jn14.16) » (Jean-Paul 2).