Les anges se manifestent, mais à ceux-là seuls qui les aiment et les invoquent.
Si vous voyiez la beauté des anges, vous en seriez émerveillés. Prions la Mère de Dieu de nous introduire dans le Royaume.
Info
Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits ; car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux» (Mat. XVIII, 10).
Et il lui dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme (Jean 1,51).
C'est aux anges célestes, qui possèdent Dieu dans l'humilité et le servent dans la béatitude, qu'est soumise toute la nature corporelle et toute la vie irrationnelle» (Saint Augustin).
Les deux astronautes Armstrong et Aldrin déposèrent sur la lune, lors de leur premier alunissage, un texte de la Bible dans lequel il est parlé des anges : «Seigneur, notre Dieu! que Ton Nom est admirable sur la terre entière! Tu as étendu ta majesté au-dessus des cieux... Je regarde le ciel, oeuvre de Tes mains, la lune et les étoiles que Tu as créées. Qu'est-il donc, l'homme, pour que Tu Te souviennes de lui ? Le fils de l'homme pour que Tu Te soucies de lui ? Tu ne l'as placé que peu au-dessous des anges, Tu l'as couronné de gloire et d'honneur» ( Ps. V III , 2 et 4 à 7 ).
.Les Anges-
Longtemps avant la création du monde, Dieu a créé les anges, purs esprits d'une puissance et d'une majesté ineffables. Le dernier des anges surpasse en intelligence les plus grands génies humains. Une partie des anges se sont révoltés contre Dieu sous la conduite de Lucifer. C'est pourquoi, au cri de «Qui est comme Dieu ?» Saint Michel et ses anges les ont précipités dans l'abîme. Mais les anges déchus n'ont pas cessé, jusqu'ici, de faire la guerre contre Dieu, mettant tout en oeuvre pour séduire les hommes. S. Pierre ne nous laisse aucun doute sur l'âpreté de cette lutte: «Votre adversaire le démon rôde sans cesse autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer» (I Petr. V,8). Dans ce combat inégal, l'homme serait perdu, si Dieu, dans Sa miséricorde, ne lui avait envoyé une aide plus puissante encore:
Marie, la Femme revêtue du soleil et les anges dont elle est la Reine. « je vis un grand signe dans le ciel: une Femme revêtue du soleil, avec la lune sous ses pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles », dit l'Apocalypse (XII, 1).
Dans sa Somme théologique, S. Thomas d'Aquin parle, lui aussi, de cette lutte que mènent les démons contre les hommes. Il pose la question: « Serait-il juste que, dans ce combat, le faible soit opposé au fort, l'ignorant à un être plein de ruses ? » L'illustre docteur de l'Eglise conclut sa réponse en ces termes : « Pour que les conditions de la lutte ne soient pas inégales, l'homme reçoit en compensation principalement le secours de la grâce divine et secondairement la protection des anges. C'est pourquoi Elisée dit à son serviteur: « Ne crains pas: nous avons avec nous plus d'alliés qu'eux» (Summa theol. I, quaest 114, art. I ad 2). Le combat fait tout spécialement rage de nos jours.
La religieuse stigmatisée Anne-Catherine Emmerich a prédit, cent-vingt ans à l'avance, les atrocités de Staline et de Hitler: «Si je ne me trompe, j'ai entendu que Lucifer serait de nouveau déchaîné pour une période de cinquante à soixante ans avant l'an 2000 après Jésus-Christ. » Le démon est aujourd'hui le prince de ce monde à un point qu'on n'avait jamais vu encore. Ce combat a été clairement prédit lui aussi dans l'Apocalypse : « Quand le Dragon vit qu'il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la Femme qui avait enfanté le fils... Alors le Dragon fut plein de colère contre la Femme ; il se leva pour guerroyer contre les autres enfants de la Femme qui obéissent aux commandements de Dieu et demeurent fidèles au témoignage de Jésus-Christ» (Apoc. XII, 13-17). Le monde ne sait pas voir les dessous: même des milieux chrétiens sont frappés d'un aveuglement effrayant, qui les empêche de reconnaître le démonisme pourtant bien clair de notre époque .
En cette heure de ténèbres, Dieu nous envoie une nouvelle clarté. Le R. P. Rahner, théologien du récent Concile du Vatican, a écrit cette phrase lapidaire: « Les révélations privées ne sont pas un luxe pour l'Eglise : elles sont un impératif qui dit comment, dans une situation historique donnée, l'Eglise doit se comporter. » Dieu a donné à une femme de notre époque le charisme de converser familièrement avec les anges. Les notes les plus importantes de son « journal » sont publiées dans ce livre. Elles nous ouvrent un nouvel accès au monde des anges: nous prenons par elles une nouvelle conscience de leur existence. Les expériences mystiques de Mechtilde Thaller-Von Schonwerth ont pour nous une grande valeur, du fait qu'elles nous ouvrent les yeux sur ces êtres auxquels nous sommes aujourd'hui plus que jamais forcés d'avoir recours: les anges. Nous commençons à soupçonner leur beauté; leur zèle ardent pour le Royaume de Dieu se communique à nous. Les anges sont puissants, car ils voient sans cesse la Face du Père qui est dans les cieux. Ils ont une grande possibilité de nous aider: ils bravent même de nous défendre de leurs épées de lumière: ils n'attendent qu'un signe de nous, un geste, un regard, un mot murmuré au fond de notre coeur. Le démon dispose aujourd'hui d'une puissance qu'il n'avait jamais eue encore. ..Car pour l'Eglise la grande tribulation a commencé», disait un ange à Mechtilde Thaller. Ce n'est donc qu'en appelant à l'aide Marie et ses anges que nous vaincrons. Imitons l'exemple des derniers papes: Pie XI, Pie XII et Jean XXIII, qui avaient pour les anges une si grande dévotion. Arnold Guillet
MADELEINE DE LA CROIX
Association de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.
La matière du présent opuscule est tirée des expériences mystiques de Mechtilde Thaller, née von Schonwerth, membre de la pieuse Association de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Lors de son admission, elle y reçut le nom de Madeleine de la Croix. C'est ainsi qu'elle se nomme souvent elle-même dans ses écrits. Parfois elle signe simplement « Ancilla », depuis que son directeur spirituel, Monsieur le curé Jean Fischer l'a appelée ainsi, pour lui indiquer qu'elle devait se considérer toujours et en tout comme la servante du Seigneur. Elle naquit le 30 mars 1868, septième d'une famille de huit enfants. C'est à Munich, dans la paroisse de Saint Louis, que s'écoulèrent son enfance et sa jeunesse. Elle fréquenta l'école dirigée par les « Pauvres soeurs des Ecoles ». Bien qu'elle ait toujours vécu dans le monde, rares furent les personnes qui connurent sa vie religieuse et mystique. Dieu en avait décidé ainsi. Seul son confesseur voyait stigmates; son mari n'en soupçonna même jamais l'existence. Dès ses jeunes années, Dieu avait donc commencé à la former à sa vocation d'âme-victime: alors que son tendre coeur d'enfant était avide d'affection, elle se vit haïe de sa mère, Maria von Schonwerth. Celle-ci, dame du monde, fit toujours sentir à sa pauvre fille qu'elle avait failli lui coûter la vie en naissant. Mechtilde devait voir, en toute occasion, sa mère lui préférer ses sept frères et soeurs. Le motif de cette attitude: « Tu as failli me coûter la vie, lui disait-elle; ôte-toi donc de ma présence!
Au moment où l'Eglise se trouvait dans le plus imminent péril de mort, c'est-à-dire quand Hérode jeta S. Pierre en prison, Dieu envoya un ange pour rendre à l'Eglise naissante son Pasteur. Aujourd'hui aussi, l'Eglise passe par une crise mortelle. Le Pape Paul VI a parlé de l'autodestruction de l'Eglise. Ne pouvons-nous pas espérer que, cette fois encore, Dieu sauvera Son Eglise par Ses anges ? En revanche son père, homme de haute culture et de profonde piété, aimait sa fille à l'égal de ses autres enfants. Le souvenir de Mechtilde l'engagea à vivre comme un saint. Par sa femme, il était proche parent du Monseigneur George Michael Wittmann (17601833), évêque de Regensbourg, qui fut un des chefs de la Restauration religieuse, un grand homme de Dieu. Heureusement, les mauvais procédés de sa mère n'endurcirent pas le coeur de Mechtilde. A quatre ans déjà, elle éprouvait une grande compassion pour la Mère de Dieu en pleurs, dont elle contemplait souvent l'image. Un jour que sa mère était sortie, Mechtilde traîna une chaise auprès de cette image et en essuya les larmes avec son petit mouchoir de dentelle. Et voici que les larmes disparurent! Mais elles reparaissaient toujours et la petite Mechtilde recommençait à les essuyer, tant les larmes de la Mère de Dieu lui faisaient mal au coeur. Elle demanda un jour à Notre-Seigneur de rendre la vue à une petite mendiante aveugle, en considération de ces larmes. Quand elle lui passa sur les yeux le mouchoir dont elle avait essuyé le visage de la Très Sainte Vierge, l'enfant infirme recouvra la vue. A cinq ans, par un acte de parfait abandon, Mechtilde renonça à tout amour humain. Elle vit dès lors son « archange ». Dieu le lui avait donné comme guide spécial, en plus de son ange gardien. Mechtilde von Schonwerth reçut une éducation soignée et une formation complète. Elle avait une magnifique voix d'alto.
Quand elle chantait, les gens qui passaient dans la rue s'arrêtaient devant sa fenêtre ouverte pour l'écouter. Le choix qu'elle fit du Père Schorra, rédemptoriste, comme confesseur, fut d'une extrême importance pour sa vie spirituelle. Le P. Schorra était lui-même favorisé de charismes : le don de prophétie et le don de connaissance des âmes. Il semble bien que ce religieux ait été, à tous égards, un directeur d'âme exceptionnel, jouissant de lumières surnaturelles. Il était sévère. Ayant constaté que sa pénitente était engagée dans des voies spirituelles extraordinaires et guidée par son ange, il sut extirper en elle tout germe d'orgueil et d'égoïsme et lui faire cultiver une profonde humilité, l'intime conviction de sa propre bassesse, pour écarter d'elle tout sentiment d'orgueil. Elle conserva toujours cette attitude pleine d'humilité: plus grandes étaient les grâces dont Dieu la comblait, plus elle était persuadée qu'elle en était indigne. Oui, Mechtilde était bien Madeleine de la Croix . Les notes de son « Journal » prouvent que le Père Schorra connaissait déjà exactement la mission de sa dirigée: souffrir! Souvent il lui annonçait ce qui allait lui arriver. Mechtilde von Schonwerth se sentait très attirée par la vie religieuse, d'autant plus qu'une de ses soeurs portait déjà l'habit des «Servantes de Marie» (Servites). A cause de certaines grâces mystiques, dont fut l'objet cette sœur du couvent de l'hôpital ducal de Munich - on crut voir en elle l'enfant dont le saint curé d'Ars avait prédit jadis aux parents qu'elle serait une sainte. Mais sans aucun doute c'est de «Madeleine de la Croix» qu'il voulait parler. Un sérieux examen de tous les écrits qu'elle a laissés : « Journal », lettres et des attestations de ses enfants spirituels justifient cette prétention. Ce fut le Père Schorra qui lui assura un jour que Dieu la destinait à l'état du mariage. Elle épousa donc, le 7 mai 1895, Monsieur Thaller, conseiller de justice à Regensbourg, à qui elle donna toute son affection, mais qui, soumis à une influence étrangère, ne tarda pas à changer et à manifester un caractère bien difficile à définir exactement. C'était, au pire sens du terme, un vrai tyran. Il trouvait un plaisir diabolique à martyriser jour et nuit son épouse physiquement, moralement et spirituellement. Sa brutalité et son inconstance d'humeur ne connurent, durant des années, aucune limite, même quand il vit Mechtilde gisant devant lui mourante, après avoir reçu une fois de plus l'extrême-onction. Pourtant, malgré tout cela, nous trouvons en 1907, dans son « Journal », cet aveu fait à son archange: «C'est mon mari que j'aime le plus au monde.» En 1884, à l'âge de 16 ans, Mechtilde avait déménagé à Regensbourg avec ses parents.
Elle y passa également sa première année de mariage. «Une fois, écrira-t-elle plus tard c'était la première année de mon mariage j'étais plongée dans un abîme de tristesse. Je m'agenouillai devant le crucifix et dis en pleurant: O mon très doux Amour, celui à qui j'ai donné mon coeur, pour obéir à votre Volonté m’a frappée au visage et je suis dans un trouble mortel. Je supporte cette épreuve en silence, en l'honneur des soufflets qu'on vous a donnés. Mais, mon Maître bien-aimé, que me donnez-vous en échange ? Alors le crucifix s'anima et une voix touchante, émouvante, me dit avec un amour infini: Ma fille bien-aimée ! Ma petite chambre se changea alors pour moi en sanctuaire et je ne trouvai pas d'autre réponse que ces mots: O mon Amour crucifié! A partir de ce moment, je fus capable de supporter avec patience et de pardonner sans réserve toutes les offenses et les avanies que j'eus à endurer au cours des années.» Mais quand elle lui raconta ce qui s'était passé, le Père Schorra, son confesseur, lui fit cette remarque : «Que ta foi est petite, mon enfant, et faible ta charité, pour que le Seigneur soit forcé d'user de tels moyens!» En 1898, son mari fut appelé à un poste important dans l'administration au Wurtemberg: celui de directeur des Domaines royaux. Il dut par conséquent déménager pour se fixer à Obermarchthal. C'était au mois d'août. Les rapports de direction spirituelle étaient fort difficiles dans ce «coin abandonné de Dieu», selon l'expression de Mechtilde. Elle se plaint de ce que, lors de ses confessions, son nouveau confesseur s'occupe de tout sauf de son âme. Le seul fait que le Père Schorra, qui ne laissait pourtant passer aucune occasion de former Mechtilde Thaller à sa vocation de victime par l'exercice continuel de la mortification, lui ait ordonné de se chercher un autre confesseur, est extrêmement significatif. Le 1er janvier 1899, elle écrivait au Père Schorra : «C'est au Nom de Jésus que je commence cette année qui m'apportera, selon vos prédictions, de si grandes et si nombreuses souffrances.» Cela commença par l'infidélité de son mari qui préféra à son épouse si parfaitement éduquée, une femme qui semblait manquer de toutes les qualités. De plus, il exploitait outre mesure les forces physiques de Mechtilde. C'était à tel point qu'il ne lui restait parfois que deux ou trois heures à accorder au sommeil. Il s'ensuivit un effondrement physique total. Elle lutta avec la mort. Le médecin n’arriva à l’y soustraire qu’en recourant aux moyens extrêmes. Le curé de l'endroit ne s'inquiéta nullement de sa paroissienne: durant des mois, elle demeura privée de la communion et sans aucune occasion de se confesser. Mechtilde Thaller avait surmonté cette crise, mais elle ne retrouva plus jamais la santé. On se rendait parfaitement compte que le mariage allait être pour elle le chemin du Calvaire. Peu après sa guérison, une lettre du Père Schorra lui annonça qu'en compensation de ses souffrances lui serait donné «un bon confesseur », mais qu'au début elle ne reconnaîtrait pas le «don de Dieu ». Il lui laissa comprendre à plusieurs reprises que ce confesseur lui avait été montré en esprit. Il put lui en décrire les qualités particulières. L’événement annoncé ce produisit. Le curé Jean Fischer parut. L'archange le désigna à Mechtilde comme le «don de Dieu» (Deus dedit, Dieu l'a donné).
Plus tard, ce prêtre s'adjoignit monseigneur Rieg, un confrère, comme conseiller, pour être en mesure de conduire d'une main plus stricte cette grande : âme-victime et progresser lui-même dans la voie du salut. Mgr Rieg, de Mindelstetten, conseiller ecclésiastique, remplissait à l'époque ces fonctions dans un couvent de religieuses des environs, situé à Untermarthal. C'est là qu'il fut inhumé. Son pseudonyme était « Servus Dei ». Il fut plus tard le directeur spirituel de la stigmatisée Anna Schïffer. Force nous est de passer sous silence des centaines de pages du « Journal » toutes pleines de détails concernant les croix et les souffrances de Mechtilde, tout comme les grâces extraordinaires et les consolations célestes qu'elle recevait. Une croix particulièrement pénible pour elle, fut de n'avoir pas d'enfants. Mais Dieu lui donna, en compensation, une grande, très grande famille de fils spirituels: hommes, femmes, prêtres, laïcs, religieux et religieuses qu'elle conduisit d'une manière excellente, par ses lettres, dans la voie de la sainteté. D'autres moyens extraordinaires que Dieu mettait à sa disposition le don de bilocation entre autres l'aidaient dans sa mission spirituelle. Tandis qu'elle prenait son repos, l'ange gardien venait la chercher, et elle se mettait en route. C'est ainsi que, durant la guerre, au cours de longues «veilles de nuit», elle soigna dans les lazarets sur le front de l'ouest, des blessés qui, une fois rentrés dans leurs foyers, reconnurent en elle leur ancienne infirmière. Un de ses fils spirituels était en très grand danger de tomber dans une faute grave. Madeleine vient à lui, lui fait des remontrances. Il la repousse et pèche. Mais je ne veux pas, dans cette esquisse biographique, citer davantage de ces faits surnaturels si nombreux. «Madeleine de la Croix» avait reçu de son archange l'ordre strict de cacher, tant qu'elle vivrait, tous les phénomènes extraordinaires dont elle était l'objet, y compris ses stigmates, car «quand Dieu tient un secret voilé, il doit le rester». On ne saurait croire jusqu’à quel degré s’éleva, au cours des années, sa capacité de souffrir, ni combien de souffrances elle endura, par exemple, en lieu et place d'âmes du purgatoire. Elle n'en continuait pas moins à déclarer n'avoir pas encore l'ombre d'un mérite devant Dieu et demeurer l'orgueil personnifié. Jamais, écrit-elle, Dieu ne l'a exaucée quand elle Lui demandait d'alléger ses souffrances, mais ses prières pour d'autres ont toujours été exaucées. En parcourant les pages de son « Journal », en voyant de quelle manière inouïe son mari inventait sans cesse de nouveaux tourments pour sa femme, qui ne cessait de prier pour le convertir, je me sentirais porté à écrire sa vie à lui, pour le clouer au pilori, au lieu de parler de son innocente victime. Mais une fois morte, elle lui a obtenu la grâce de mourir repenti. La femme qui avait empoisonné leur vie conjugale s'est convertie elle aussi. Ce fut là l'oeuvre d'Ancilla Domini. Le Père Schorra était mort le 24 mars 1906. Les relations d'Ancilla Domini avec lui n'en continuèrent pas moins. Le 27 février 1907, elle demande à son «cher père spirituel défunt», le Père Schorra, quand elle pourra mourir. Dès que tu seras devenue encore plus petite, encore plus enfant, répondit ». Les années passèrent. Le 18 septembre 1919, elle écrivait à sa fille spirituelle soeur Hedwige Schabel, à l'Institut des Dames anglaises à Augsbourg: « Je dois t'avouer que je suis tellement fatiguée... , Le 7 novembre: «Je suis malade à mourir...
Le 15 novembre: « Aujourd'hui après midi je me suis endormie pour quelques instants. J'ai rêvé du Père Schorra. Il était devant moi. Il me dit d'un ton très affectueux : « Bientôt, ma chère fille, bientôt! » - Comment dois-je le comprendre ? répliquai-je. Il mit alors le doigt sur sa bouche, répéta: Bientôt, ma chère fille et disparut. » Le 21 novembre « Madeleine » reçut une fois encore les derniers sacrements. Quand le curé Jean Fischer lui demanda au cas où la mort viendrait de l'accepter avec résignation, de la main de Dieu, elle se contenta de sourire: elle s'était depuis si longtemps réjouie pour ce moment. Dans sa chambre de malade était suspendu le crucifix qui lui avait si souvent parlé. Après avoir reçu les derniers sacrements, elle déclara que son âme débordait de consolations. Vint le dimanche 30 novembre, Madeleine envoya la soeur infirmière à la messe matinale, puis au sermon et à la grand'messe, durant laquelle elle mourut. Son mari était présent. Elle put encore dire : « Je dois mourir." Puis elle poussa quelques soupirs et trépassa; l'apôtre S. André, pour qui elle avait un culte tout particulier n'est-ce pas l'apôtre qui fut attaché à la croix ? était venu la chercher. Le visage de la défunte prit une expression de bonheur et de paix. Sa dépouille mortelle était empreinte d'une grandeur majestueuse; elle était là, grave et douce, comme plongée dans la méditation, avec l'expression qu'elle avait toujours quand elle s'agenouillait à la Table sainte. Quelques jours après, son corps fut transporté à Munich et enterré au Waldfriedhof. Sa pierre tombale porte l'épitaphe suivante :
Ici repose en Dieu Ma chère épouse Mechtilde Thaller, née von Schonwerth Epouse de conseiller de justice Née le 30 mars 1868, décédée le 30 novembre 1919. C'est de son Journal , qui s'étend sur plusieurs années, de ses confidences a une âme amie, de ses nombreuses lettres dont, pour la plupart, j'ai eu en mains les manuscrits, que j'ai tiré les perles serties dans cet ouvrage. Jeune épouse, Ancilla était entrée en relations avec ma chère mère. Il y a de cela bien des années. C'est ma mère qui, lors de leur première rencontre à Regensbourg, lui avait prédit sa «stigmatisation». Aujourd'hui, du haut du ciel, « Ancilla » continue à faire du bien parmi nous; un jour viendra où il faudra, peu à peu, la faire connaître. Elle est, de fait, l'auteur de cet ouvrage: le contenu en est emprunté entièrement aux épisodes de sa vie. Mon travail s'est borné à les choisir et à les grouper. Ganting, le 7 novembre 1935 Friedrich Rit ter von Lama
POURQUOI HONORONS-NOUS SI PEU LES ANGES ?
Nous honorons si peu les anges! La raison principale en est très simple: c'est que nous ne les connaissons pas, ou du moins que nous les connaissons beaucoup trop peu. Pour honorer et pour aimer quelqu'un, il faut d'abord le connaître. Si nous connaissions la sublime grandeur des anges, leur perfection, l'intimité de leurs rapports avec Dieu, leurs privilèges et leur puissance, nous nous mettrions tout naturellement à les honorer. Et si nous savions, de plus, combien ils nous aiment en Dieu, de quelle vive affection ils entourent notre âme, parce que, ayant été témoins du plus grand acte d'amour qui fut jamais : cette mort que subit librement pour nous Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, ils savent de quel prix infini Dieu Lui-même a payé chaque âme. Cela devrait nous enflammer, nous aussi, d'amour pour eux. Nous serions alors, en toute humilité, heureux de pouvoir les saluer comme nos amis, nos frères en Dieu. Mais... nous ne les connaissons pas ! Nous ne connaissons même pas notre ange gardien. Il est pourtant notre fidèle guide, notre ami durant notre vie entière. Nous le connaîtrions peut-être, si nous voulions nous en donner tant soit peu la peine. Il mérite tellement !
LA BÉATITUDE DES ANGES
Les anges, nous le savons, sont des esprits bienheureux. Leur béatitude consiste à voir et à connaître l'amour éternel de Dieu. Toute la multitude des anges jouit d'un bonheur céleste absolument égal, puisque le bonheur de chaque ange est parfait. Cependant, la connaissance de Dieu n'est pas égale à tous les degrés de la hiérarchie angélique. Ces degrés consistent précisément en ce que chaque catégorie d'anges possède une plus grande connaissance de Dieu que celle qui lui est immédiatement inférieure. Parmi tous les anges, ce sont S. Michel et S. Gabriel qui ont la plus grande connaissance de Dieu. Les Séraphins sont si complètement plongés dans cette connaissance, qu'ils sont tout enflammés, tout brûlants du plus ardent amour. La béatitude des anges ne saurait atteindre un degré plus élevé, car elle est parfaite; mais leur joie peut augmenter. (Il s'agit ici d'une joie accidentelle [note du traducteur.) Chaque fois, par exemple, qu'un ange gardien emmène une âme du purgatoire au ciel, sa joie augmente, en ce sens qu'il se réjouit intensément, qu'une âme de plus loue et exalte Dieu sans cesse et soit digne de l'amour de Dieu. Les anges éprouvent une joie indicible d'avoir la certitude que les fruits de la Rédemption et le Sang précieux du Christ ne peuvent plus être perdus pour leurs protégés.
Aujourd'hui après le repas, je me suis assise dans ma chambre. Je voulais réciter, comme de coutume, neuf Pater en l'honneur des neuf choeurs des anges. Au deuxième Pater en l'honneur des Archanges, alors que je pensais à mon archange, il fut soudain devant moi, le visage empreint d'une sévérité que je ne lui avais jamais vue: «Tu t'es assise pour prier, me dit-il et auparavant, tu pensais encore: «Que je suis donc fatiguée ! je me réjouis pour le mois de mai; alors, je pourrai me reposer, je serai dans l'éternité.» Comment donc est-il possible que toi, favorisée de tant de souffrances par le Maître, tu renonces avec tant de légèreté à la vie ? Nous les anges, nous ne pouvons jamais souffrir pour Dieu, ni pour obéir à Sa Volonté.
Mais si nous étions capables d'envie, il est une seule chose que nous vous envierions: c'est de pouvoir souffrir, alors que nous ne le pouvons pas. Va immédiatement à l'église demander pardon au Maître présent dans le saint Sacrement, d'avoir mésestimé cette précieuse vie de souffrances dont Dieu te juge digne. Ton directeur ne t'approuve pas, lui non plus, d'être prête à mourir. Quand tu te confesseras de tes péchés, samedi, n'oublie pas de t'accuser d'avoir mésestimé les grâces de Dieu. » Je rassemblai mes forces, j'allai à l'église et demandai pardon à Dieu de tout mon coeur avec des larmes. Je priai aussi instamment mon archange de ne pas rester plus longtemps fâché contre moi.
Aujourd'hui après midi, j'étais très troublée encore. De quelque côté que je portasse mes regards, je ne voyais que souffrances, froideur et calomnie. Craignant de perdre courage, j'appelai mon archange à mon secours. Il fut aussitôt devant moi et me dit : «Comment pourras-tu mourir à ce qui est terrestre, si tu demandes toujours des consolations humaines? Il est temps pour toi de te faire à l'idée que tu veux renoncer à toute consolation terrestre. Si tu y es bien décidée, il faut, même si ta nature se rebiffe, prier Dieu de t'enlever toute consolation terrestre. Habitue-toi à cette pensée, je te le répète, car le temps d'épreuves plus pénibles est proche! » Puis il disparut, me laissant plongée dans un sentiment effrayant d'oppression. Aujourd'hui, je me plaignais à mon archange de mes douleurs corporelles de plus en plus grandes. Il m'a dit:
..
Remercies-en Dieu, au lieu de te plaindre. Tes souffrances vont augmenter encore, car la semaine de souffrances approche. Supporte-les toutes en union avec celles de Jésus et Sa mort et demande Lui d'augmenter tes douleurs! Cette prière sera exaucée à l'instant même. Que tu es heureuse et digne d'envie d'avoir tant à supporter et de le pouvoir!» Toujours cette allusion à une augmentation de mes douleurs, quand je soupire tant après un peu de repos et de détente ! Ce matin, j'ai reçu deux fois la bénédiction du T. S. Sacrement. La Domination de « Deus dedit » marchait à côté de lui, l'air plein de joie et de respect. J'envoyai mon archange se joindre à eux. Alors, la Domination de « Deus dedit » prit les devants avec son archange près d'elle. Cela m'a fait grand plaisir.
SEIGNEUR, LAISSEZ-MOI VIVRE ET SOUFFRIR LONGTEMPS ENCORE
DIMANCHE DE QUASIMODO (7 avri11907)
...Ce qui se passe à l'autel occupe toute mon attention. A la consécration, « Deus dedit » a élevé le Sacré-Coeur de Jésus; Sa Plaie était largement ouverte; quelques grosses gouttes de sang coulaient des mains de «Deus dedit». Je vis ces mains et non, comme de coutume, les doigts consacrés seulement, dans une brillante lumière. Saint Gabriel était, lui aussi de nouveau à l'autel; il s'agenouilla très humblement du côté de l'Evangile. Je le saluai plusieurs fois et lui recommandai tous les premiers communiants, tous les catéchistes et spécialement « Deus dedit », « Servus Dei» et « Adauctus ». Il regarda très amicalement vers moi, ce « Messager de joie » et je lui demandai d'apporter du ciel, durant ces prochains jours, beaucoup de consolation et de joie spirituelles à mes amis spirituels. Immédiatement après la consécration, je vis aussi la T. S. Vierge présenter « Deus dedit» à Son Fils.
Elle apparut avec une magnificence royale, comme d'heureuse Reine du Ciel ». J'étais si profondément émue, que je sentais venir mes larmes. Mon archange mit alors de nouveau ses mains sur mes yeux; mes larmes séchèrent. Peu avant la communion, quand « Deus dedit » éleva l'hostie à la hauteur de ses yeux, je le vis plonger ses mains dans la Plaie du Coeur divin. Je demandai à mon ange gardien: « Pourquoi cela ? »
Il m'expliqua : « Il puise, dans le Coeur de Jésus, les trésors de l'Amour divin et les donne à ses amis.« Cela m'a fait grand plaisir. Je me suis réjouie pour « Deus dedit» de ce que, ces jours prochains, il sera, comme S. Gabriel, un porteur de joie.
Quand il eut reçu le Corps du Seigneur, je le vis encore faisant un avec le divin Coeur de Jésus. Quand « Deus dedit » se tourna pour donner l'absolution, Saint Gabriel vint vers moi et me dit: « Excite en toi un vif repentir de tes fautes et négligences.» J'en conçus aussitôt un ardent repentir. Au moment où ma voisine quitta sa place pour se rendre à la Table sainte, un très bel ange, que je n'avais jamais vu encore, s'approcha de moi. Il me tendit une hostie consacrée en prononçant ces paroles: « Que le Corps du Seigneur conduise ton âme à la vie éternelle. » Je ressentis une peur si vive, ou plutôt je fus saisie d'une telle joie, que je pensai en mourir ...
Dix heures du soir. Tard ce soir, j'étais de nouveau seule. Je priai la T. S. Vierge, par son immaculée Conception, d'obtenir la grâce de la sainteté et de la persévérance pour « Deus dedit » et son ami « Servus Dei ». Et je priai mon cher ange gardien de demander à l'archange qui est à mes côtés de porter cette prière devant le trône de Dieu. J'aperçus alors devant moi les deux anges. L'archange avait en mains une coupe d'or, avec des parfums dont la fumée odorante montait vers le ciel. L'archange me dit: « Vois, combien je suis empressé à combler tes désirs et à te servir.
Aussitôt le calme se fit dans mon âme angoissée et j'ose maintenant espérer que le Seigneur donnera beaucoup de force à mon coeur, pour que je sois à même d'accepter le bouquet de myrrhe que mon Amour crucifié m'a présenté. Et maintenant, Seigneur, je vais prendre mon repos, pour obéir au commandement que Vous avez donné pour que l'humanité qui travaille se remette, par le sommeil, des fatigues de la journée. Je Vous en prie, mon Dieu, donnez-moi le sommeil, pour pouvoir exécuter les ordres de mon directeur, qui le veut ainsi. Quant à vous, mon fidèle frère, mon saint ange gardien et à vous, esprit bienheureux que la miséricorde de la Vierge immaculée m'a donnés, montez la garde et chassez les anges des ténèbres, pour que je me repose et dorme en paix. Ainsi soit-il.
OFFRE TES SOUFFRANCES À L'ENFANT
...Marie fut pleine de bonté à l'égard des trois saints Rois mages, dont le coeur exultait en Dieu leur Sauveur. Les trois Rois furent les premiers humains qui lui offrirent leurs hommages comme à leur Reine. Je contemplais cette scène, quand je fus saisie d'une grande douleur de mes affreux et nombreux péchés. J'aurais bien volontiers offert quelque chose, comme les trois Rois, mais je n'avais absolument rien. Je vis alors mes deux anges.
Le compagnon de Gabriel tenait en mains une grande coupe d'or, sur laquelle mon ange gardien déposa un petit rameau de myrrhe, sans aucune apparence. L'ange me dit: « Offre à l'Enfant tes souffrances. Je pris la coupe et priai l'Enfant de daigner y placer les mérites de Ses souffrances, pour que j'aie du moins quelque chose à Lui offrir, moi aussi, ce que j'avais moi-même étant si insignifiant.
L'Enfant sourit; Il bénit le rameau de myrrhe qui grandit alors à l'infini. Ses ramilles vertes se couvrirent de roses de couleur rouge sombre. Leur parfum céleste me réconforta à tel point, que j'en oubliai absolument mes souffrances. J'offris alors à l'Enfant divin la chasteté des prêtres et des vierges et pensai à mon directeur «Deus dedit». Je le vis en chasuble blanche, s'agenouiller devant la Crèche. Il tenait en mains un calice en or tout recouvert de myrrhe. Son ange, muni d'un encensoir d'or, encensait le Seigneur. L'Enfant divin tendit vers lui Ses bras et l'attira vers Son Coeur. «Deus dedit» fermait les yeux, mais son âme était joyeuse et contente. Je vis qu'il était parvenu à un degré élevé de grâce et d'amour divin. J'en remerciai Dieu de tout mon coeur et j'ose espérer qu'il me conduira à aimer Dieu moi aussi
GARDER LE SECRET DU ROI...
Quand Dieu cache un secret, il doit demeurer caché. Ton confesseur ne doit jamais parler de la marque de miséricorde que le Seigneur t'a donnée (par Ses stigmates). Pas même avec son directeur de conscience : ce serait une faute contre la discrétion sacerdotale: qu'il ne l'oublie jamais. Dieu le veut ainsi. Tu as, en ce moment, beaucoup à souffrir de moqueries et de mépris. C'est là l'oeuvre de Dieu, pour détourner de toi l'attention du démon. Sois prudente, je t'en avertis au nom de Jésus! Ce que tu écris, également, n'est que pour « Deus dedit" : rien ne doit jamais sortir de ses mains... car quand tu écris, ton intention est toujours que ce que tu écris ne soit remis qu'à ton confesseur. Cela doit rester ainsi... » J'ai passé aujourd'hui une nuit de douleurs; mais ce n'est pas en vain que j'ai souffert. Deo gratias ! Ce matin, vers quatre heures, je me suis endormie. A cinq heures moins un quart, je me suis éveillée. Je me préparais à recevoir les sacrements. Mon ange me dit de ne pas aller communier.
J'offris mon ardent désir à mon Amour crucifié et je fus consolée. A six heures et quart, j'allai à l'église... Quand arriva mon tour de confession, mon ange me dit soudain: « Ôte tes gants avant l'absolution et tends tes mains à ton confesseur! " (Peut-être était-ce pour lui montrer ses stigmates, qu'il était seul à voir, à l'exception d'Ancilla elle-même. On ne voit pas pour quel autre motif l'ange lui aurait ordonné d'ôter ses gants. [Note du traducteur.]) Je fus effrayée. Je pensai en moi-même: « II fait sombre, on ne peut rien voir, par conséquent. "Mais mon ange me dit d'un ton sévère: « Obéis! » Je fis ce qu'il m'avait ordonné. Je demandai à mon archange quelle grâce je devais implorer pour « Deus dedit ", car il avait l'intention générale de devenir la santé des malades. Mon archange me dit que d'abord, une telle faveur attirerait tout à fait trop l'attention sur lui, ce que « Deus dedit" voulait aussi peu que moi; ensuite, que la guérison des maladies était un charisme accordé pour le bien du prochain, sans être d'une grande utilité pour l'âme de celui qui en était gratifié... J'interrogeai mon archange, concernant l'avenir de « Deus dedit ». Il me répondit: « Ton directeur outrepasse la juridiction qu'il a sur toi. Tu n'es pas un medium spirituel. L'avenir est dans les mains de Dieu. Qu'il était désigné pour O., il doit l'avoir compris depuis longtemps. S'il est destiné à prendre un jour la première place ici, le Saint-Esprit le conduira aussi sûrement qu'il l'a fait il y a sept ans. "
...Cette nuit, je dormis « sur ordre supérieur ». Au bout de trois heures, mon ange me réveilla. Il me sembla que c'était la « Domination » de « Deus dedit ». Je devais prier pour un mourant. J'obéis et priai jusqu'après quatre heures. L'âme en question est au fond du purgatoire. Son dernier instant a été bon... Faute de quoi... !
C'EST A LUI ET NON A MOI QUE TU ES SOUMISE!
A cinq heures moins un quart, mon archange vint. Il me dit: « S'il le veut, ton guide spirituel peut te libérer de toutes tes souffrances, pour des motifs surnaturels. S'il veut que tu t'exprimes dans ton « Journal » au sujet de tes souffrances, obéis. Car tu as le devoir de lui obéir dans une mesure incomparablement plus grande qu'à moi. »
Comme je lui exposais le désir de « Deus dedit », il me dit très gravement: « C'est là l'affaire du bon Dieu! Je ne suis que l'envoyé de Dieu; je peux te dire seulement ce que Dieu veut que je te communique. »
Et il voulait disparaître. Mais je lui dis: « Au nom de Jésus, je veux que tu restes. Il faut que je parle encore avec toi, sinon tu seras responsable de mon obéissance imparfaite. » Je voulus alors lui transmettre les salutations de «Deus dedit » et toutes ses autres commissions. Mais il me dit en souriant :
« J'étais derrière toi, et lorsqu'il t'a bénie, j'ai pris ma part aussi de cette bénédiction et mon coeur s'est réjoui en Jésus. Quand il t'a chargée de me saluer, j'ai fléchi le genou, en le saluant mille fois par la divine douceur du Coeur de Jésus. Fais ce qu'il te dit; c'est à lui et non à moi que tu es soumise... La mission d'un guide spirituel est si élevée, que nous ne pouvons, nous, anges, qu’en être étonnés; par ton obéissance, tu honoreras Dieu et le serviras... »
...Ce matin, j'étais à la messe. Immédiatement avant la consécration et jusqu'à la communion du prêtre, mes plaies étaient redevenues absolument fraîches, si bien que j'ai eu peur et que j'ai caché mes mains sous mon manteau. Plus tard, leur rougeur a diminué; je crois qu'elle avait disparu pour le dernier évangile... J'ai demandé à mon ange si j'avais péché par orgueil, à cause de l'embarras que j'avais éprouvé... Il sourit et me dit: « Je ne suis pas ton confesseur. Demande-le à lui-même et tu t'en tiendras à son avis. » ...Aujourd'hui, au moment où, quittant ma chambre, j'entrais au corridor, je vis devant moi un ange d'une merveilleuse beauté. Il était vêtu d'une dalmatique et avait les bras croisés sur la poitrine. Ses regards étaient fixés au ciel, dans une expression d'indicible supplication. J'étais si absorbée par sa beauté, que je ne pus lui demander ce qu'il voulait. Mais il me semblait le connaître. Pour lui faire plaisir, je dis : « Ave, Maria, gratia plena, Dominus tecum! » Il étendit alors les mains et me regarda avec une bonté toute céleste, puis me dit: « Je suis l'ange que Dieu envoie à ceux qui souffrent; je viens maintenant chez toi, puis chez le Père B., puis chez« Deus dedit » encore. Ne perdez pas courage, mais dès maintenant, remerciez d'avance déjà, pour toutes les souffrances qui viendront. Pax vobiscum! » Il avait disparu
LES ANGES GARDIENS
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