| Un message aux tertiaires canadiens.
Lettre ouverte au R.P. Léon-Pascal Leblanc
Cher et Révérend Père, vous me réclamez un message pour les tertiaires du Canada.
Comment ne répondrais-je avec joie à votre désir ?
Je sais combien St François a accompli de merveilleuses conquêtes dans votre cher pays.
Je sans qu'un rameau du grand arbre franciscain a pris racines chez vous, qu'il s'est miraculeusement épanoui et couvert de fleurs et de fruits.
Je sais que vos fraternités tertiaires ne sont pas des réunions banales d'être indifférents et blasés, préoccupé uniquement de leur salut particulier mais des assemblées de chrétiens, devenus des frères dans le sens le plus sublime du mot et volant étendre leur amour au monde entier.
Cet exaltation qui les embrase, ils la veulent communiquer à tous ceux qui les entourent. Ils veulent éveiller de nouveau dans la masse le grandes fringales évangéliques, car trop d'homme ignorent encore combien l'évangile est une nourriture du soleil. Si tant d'être n'ont en eux que désolation et ténèbres, c'est parce qu'ils n'ont pas encore goûté de cette manne lumineuse. A nous tertiaires de leur communiquer ce Vierge qui est à la fois lumière, paix et joie.
Plus que jamais il faut partir sur la route à la suite de St François et faire rayonner dans ce pauvre monde désabusé et meurtri notre idéal franciscain qui est charité, don de soi, paix surtout.
Les tertiaires ne se rendent pas assez compte de la formidable puissance qu'ils constitueraient si toutes les leurs milices se mettaient vraiment en marche dans le monde et appartient aux hommes en désarrois le clair message d'Assise.
De même que l'Église est le corps mystique du Christ, il faudrait que le Tiers-Ordre soit le corps mystique de St François et poursuivre ici-bas l'œuvre radieuse du Poverello.
Lui seul peut rétablir entre les hommes avec la grâce de Dueu cete communauté desnations et des races, cette unité totale dans la charité qui sauvera le monde.
St François reste le grand bâtisseur de l'Église du Christ. A nous tertiaires, de le rejoindre sur le chantier et de manier la truelle à ses côtés afin de rebâtir un univers chrétien, un univers qui sera beau comme une cathédrale.
Ma joie sera toujours de saluer au premier rang de ces bâtisseurs enthousiastes les tertiaires de Canada, et vous-même, cher et révérend Père, qui me les avez fait connaître et apprécier.
A tous mon salut fraternel en St François.
Émile Schwartz
Tertiaire de la Fraternité de Notre-Dame du Chant d'Oiseau Bruxelles ( Belgique )-1948
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| Sur le problème de l'univers combien d'êtres douloureux se sont penchés. Les uns, par la science e, les autres, par intuition, on t prétendu tout expliquer. Mais, lorsque le problème a semblé résolu, chacun a dû avouer que rien d'autre n'était démontré que son ignorance.
Pour la vie ? Pourquoi la vie contre la vie ? Pourquoi la mort, toujours hache levée, à travers les siècles ? Pourquoi la vie quand même ? Comment se fait-il que la source précieuse ne soit pas encore tarie ? De quelle nappe profonde tire-t-elle sans cesse sa substance et sa force ?
De tous côtés, en nous, autour de nous l'inconnu ! Nous croyons être au début d'une existence où toutes nos facultés pourront enfin s'épanouir pleinement et déjà nous ne sommes plus qu'un peu de poussière dans l'immense poussière.
Dans quelques centaines d'années, il suffirait d'un minuscule coffret pour contenir la poussière des milliers d'êtres qui, en ce moment, triomphent par leur génie ou par leur opulence : artistes, princes, dignitaires, diplomaties, ministres. De chacun, une pincée de cendres !
Dans nos bâtisses en béton, nous nous croyons installés pour des siècles. Derrière nos
grattes-ciels, les cathédrales semblent des jouets oubliés. Le Divin, nous le masquons. Mais ne sommes-nous pas nous-mêmes des dieux ? Toutes les forces de la nature nous les captons une à une. Grâce à la télégraphie sans fils, à la télévision, nous nous parlons, nous nous voyons, d'un continent à l'autre. Bientôt le ciel sera sillonné de paquebots aériens.
Le monde deviendra une cité colossale, où les océans n'auront pas plus d'importance que les étangs de nos jardins publics.
Toute la création que nous n'aurons pas détruite sera classée, numérotée, cataloguée..
Les nouvelles générations pourront contempler, dans certains endroits réservés, une source, un arbre, des spécimens de races humanes à peu près anéanties, des animaux, conservés à quelques rare exemplaires, toutes les familles humanes auront fusionné, l'humanité ne sera plus qu'une seule grappe vivante, pendue aux flancs du monde dévasté.
ET PUIS ? Plus nous connaîtrons le monde, plus nous nous sentirons resserrés sur notre planète et, plus nous apparaîtront, infinies, autour de nous, les immensités stellaires.
Nous essayerions alors, sans doute, de conquérir les astres. Nous lancerons d'éperdus messages. Nous trouerons les ténèbres de formidables appels électriques.
ET PUIS ? L'orgueil, devant l'infini, ressemble tellement à la bêtise. L'intelligence, malgré tout, atteint ses limites. Seul, l'Amour peut conquérir l'infini. Et l'Amour n'est que la fleur suprême de L'Humilité.
Tôt ou tard, l'intelligence doit reculer devant le gouffre, mais l'Amour ouvre ses ailes et passe outre. Plus l'espace st énorme, et plus ses ailes s'élargissent. L'intelligence ne peut concevoir l'infini. L.Amour ne peut vivre et respirer qu'en lui.
Rien n'égale en grandeur la créature qui s'incline devant son Créateur. Ce front humblement courbé domine les astres. L'intelligence convaincue de ses limites deviennent amour et se dilate en Dieu éperdument.
L'homme qui croit posséder le monde est seulement possédé par lui. C'est l'oiseau qui ne veut pas convenir de la cage et qui nargue le soleil à travers les barreaux.
A l'intelligence devenue amour. L'éternité rayonnante de la vie est révélée, tous les barrières sont brisées entre Dieu et elle. Notre âme délivrée vit d'ineffables communions.
Moi aussi, hélas, j'ai été longtemps un être d'orgueil. Sans jamais avoir renié Dieu, je n'y songeais plus guère. Il me suffisait, me semblait-il, de savoir qu'il existait et que l'univers était son oeuvre.
Je ne me sentais, vis-à-vis de lui, soumis à aucune obligation. La création me paraissait une monstrueuse machine qui, une fois mise en marche, continuait son effort, infatigablement, sans plus susciter aucun intérêt chez le Créateur.
Je me réfugiais dans un panthéisme vague et ma vie ne me semblait qu'un brève lueur entre deux nuits. J'étais un résigné. Mais mon orgueil fut châtié. Mes chutes furent nombreuse et répétées.
Par mes propres forces, sans cesse, je voulais conquérir la lumière quand même et, chaque fois mes déchéances étaient plus complètes. Mon désespoir devenait, de jour en jour, plus profond.
Et puis, un jour, une rencontre inattendue, celle de Saint François d'Assise. Un livre à l'étalage d'un libraire m'avait tenté longtemps ; une vie du Poverello. il me semblait qu'une voix me murmurait : « Achète-le ». Durant des semaines il resta là à la même place. Il m'attendait. Mais un respect humain stupide m'en écartait. Une vie de saint ! Que pourrais-je trouver là-dedans ?
Un jour, après une dernière hésitation, j'achetai ce livre presque malgré moi.
Dès les premières pages, mes yeux furent aveuglés de larmes.
La pure et douce lumière de l'Évangile pénétrait en moi de nouveau. Une fraîcheur exquise, pleine de fleurs et d'oiseaux, m'envahissait. J'étais délivré et Saint-François comptait un miracle de plus.
Les dernières murailles de mon orgueil s'écroulèrent devant l'humilité radieuse du Bienheureux. Je cessai de dire « tout est Dieu » mais, je m'écriai avec ravissement : « toute mère à Dieu ». Avec horreur maintenant je détourne les yeux du gouffre noir de mon passé ; toutes mes pensées, tous mes tendresses voguent vers l'Aube. Et voici que j'ai voulu dire dans un livre comment j'ai retrouvé mon âme par la Grâce de Saint François.
Noël 1927
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