
Épilogue
Le 21 juin 1939, la Sacrée Congrégation des Rites reprenait ses travaux en vue de la canonisation. L'année suivante, les deux nouveaux miracles nécessaires étaient approuvés.
Cette fois, les miraculés étaient des concitoyens de la Bienheureuse Mère. Le premier, un employé de chemin de fer, Et- tore Pagetti, souffrait de brûlures tellement graves, que les médecins se déclaraient impuissants à le sauver. L'autre, Paulo Pezini, un chauffeur de taxi, était victime d'un mal chronique que l'art médical ne pouvait réussir à guérir.
Les deux privilégiés étaient présents aux cérémonies de la canonisation le 7 juillet 1946.
Le Saint Père Pie XII avait signé le décret le 27 février 1944. Deux ans plus tard, exactement 29 ans après la mort de la bienheureuse, avaient lieu à Saint-Pierre de Rome les fêtes solennelles de sa canonisation, retardées jusque là par la guerre. Le 22 décembre, jour de sa naissance au ciel, devenait la fête de Sainte-Françoise-Xavier Cabrini.
Pendant que trente mille fidèles, dont seize Cardinaux, soixante Archevêques et Évêques s'unissaient au Saint-Père pour prier la nouvelle sainte dans la grande Basilique romaine, les catholiques des trois Amériques, partout où elle était passée, semeuse de lumière et de bonté, l'acclamaient avec enthousiasme.
À New-York, dans la cathédrale Saint-Patrice, Son Éminence François Cardinal Spellman déclarait, et tout le continent put l'entendre.
Le « grand appel » de l'heure n'est pas pour des hommes d'état, des généraux, des savants, des diplomates ou des économistes. Ceux-là ont leur rôle à jouer, mais seuls, ils ne seront jamais les agents de la paix. Ce dont le monde ne peut se passer, ce sont des saints. Le monde a besoin de rédemption, et tout saint est un rédempteur.
Le monde a besoin d'un coeur qui, à l'instar du coeur de notre sainte, prie tous les jours avec Marie, sa mère.
Le monde veut la paix avec la victoire, et aujourd'hui, la paix vient à la terre dans la personne de cette sainte de notre temps. À ses pieds, nous devrions renouveler notre détermination de travailler à rendre le monde « UN » dans la charité du Christ. Nous devrions nous offrir au Dieu d'Amour pour la paix qu'il a apportée sur terre et qu'il a payée de son amour.
Sainte Françoise Cabrini, héraut du bonheur, champion de la liberté, symbole du dévouement, victime sah atrice pour la paix du monde, gloire de notre pays, priez pour nous ».
Le 7 juillet 1946, des foules innombrables visitèrent son tombeau, prièrent devant ses restes précieux, enfermés dans une châsse de cristal sous le maître-autel de la chapelle des soeurs, au « Cabrini Memorial High School », 701 Fort Washington Avenue, New-York. Depuis, on assure qu'en moyenne dix mille personnes viennent chaque jour implorer son secours. La « Colombe de Lodi » avait des ailes puissantes, elle a volé sous tous les cieux, ses missionnaires sont partout. Elle avait bâti des nids sur les monts, sur les îles et dans les mines, il lui restait l'air à conquérir. Du ciel, elle a su le faire, car, dernièrement les journaux parlaient d'un « couvent ailé » qui avait survolé la moitié du globe. Dans cet appareil « Lockheed Lodestar » qu'on a vraiment transformé en monastère, dix religieuses partaient pour Melbourne, Australie, cette mission est un geste de reconnaissance, un merci à la « Cabrini » car la sainte Mère « fondait une mission » pour remercier le ciel quand elle avait à bâtir une école ou un hôpital en dépit des obstacles qu'on lui suscitait.
Et la supérieure du « couvent ailé » c'était Mère Candida, une compagne de Mère Cabrini. On répète maintenant jusqu'en ces lointaines contrées la prière de la neuvaine à la merveilleuse sainte Françoise-Xavier Cabrini, qui avez trouvé dans le divin Coeur de Jésus le secret de la sainteté et la force de porter son divin message à des nations nombreuses, daignez me regarder avec bonté et prêter l'oreille à ma prière.
Inspirée par la charité du Christ, vous alliez aidant des multitudes dans leurs détresses spirituelles ou leurs besoins temporels; du ciel où, dans la gloire, votre charité n'est pas diminuée, votre pouvoir affaibli, exaucez ma supplique et obtenez-moi la grâce que je désire si ardemment.
« Obtenez du Coeur Sacré de Jésus que son règne s'établisse dans notre monde malheureux, à cette heure divisé par la haine et les dissensions, que la paix fleurisse au coeur des nations, que les pécheurs se convertissent, que les malades guérissent, que les victimes de la guerre soient secourues, que les âmes du purgatoire soient délivrées, enfin, obtenez le salut de la race humaine rachetée par le sang du Christ notre Sauveur ».
Ainsi soit-il!