Imprimi po test : Montréal, 25 février 1946
Fr. DAMASE LABERGE, O.F.M., Min, Prov.
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Imprimatur : Montréal, 27 février 1946
PHILIPPE PERRIER, P.A. Vie. Gen.
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La Fiancée enfant |
L'Epouse sanctifiante |
L'Epouse |
L'Epouse souffrante |
Le Guide et la Conseillère |
La Veuve |
Amour conjugal |
La Veuve devant son Epoux mort |
Dieu seconde miraculeusement |
La Mère |
l'amour d'Elisabeth |
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Si les perfections de sainte Elisabeth se sont étendues à toutes les formes des multiples devoirs qu'elle eut à remplir, en qualité de souveraine, d'épouse et de mère, ce fut toujours, et en chaque circonstance, l'ardente pratique de la charité qui porta à un si haut degré les vertus merveilleuses de cette grande Sainte et l'on peut dire qu'en s'abandonnant sans réserve aux vues de la Providence à son endroit, elle se montra parfaite épouse et mère tout embrasée d'un amour surhumain.
C'est à ce double point de vue que nous envisagerons la vie de sainte Elisabeth de Hongrie, au cours de cette brève étude, en tirant de ses propres paroles tout l'enseignement qu'elles contiennent. Elisabeth nous parle : écoutons-la. |
LA FIANCÉE-ENFANT
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Comme elle est touchante, cette petite fille de quatre ans, arrachée, dès le berceau, pourrait-on dire, à la tendresse de ses parents bien-aimés, à sa terre natale, cette noble et riante Hongrie, dont elle emporte des souvenirs familiers, déjà ineffaçables.
Couchée dans son berceau d'argent, on l'emmenait en grandes pompes en Thuringe vers une famille inconnue, celle du margrave Hermann qui l'avait demandée en mariage pour son fils aîné.
Quelques jours plus tôt, le prélude des fiançailles avait eu lieu à Presbourg, en présence de l'envoyé du margrave, le sire de Varilla.
S'adressant à celui-ci, le Roi de Hongrie avait exprimé tout l'émoi de son coeur au moment de la séparation, en lui disant : « Cette enfant, ma consolation suprême, je la confie à ton honneur de chevalier ».
Consolation suprême ! C'était bien, en effet, l'exacte définition de cette âme charmante qui, partout et toujours, devait répandre autour d'elle les attraits merveilleux de sa douce charité.
Elle grandit dans le sombre château de la Wartbourg, ce nid d'aigle fièrement perché sur un roc, s'efforçant de complaire à la duchesse Sophie, sa future belle-mère, dont cependant elle ne put jamais conquérir le coeur et qui taxait de folle exagération son exceptionnelle et si touchante piété.
Douce, affectueuse, enjouée, elle passa les premières années de son enfance au milieu des compagnes de son âge qu'on avait placées auprès d'elle. S'aperçut-elle qu'on lui avait changé son fiancé ? Le Prince Hermann, à qui on la destinait, mourut en 1216, mais pour ne point perdre l'avantage de la riche dot d'Elisabeth, son frère, Louis de Thuringe, lui succéda dans ses droits matrimoniaux.
Et il semble que, tout de suite, Elisabeth se soit attachée à ce jeune homme qui lui apportait enfin, au milieu de l'abandon, de l'isolement dont elle souffrait, cette pure affection dont son coeur était si avide.
Tous deux sont animés l'un pour l'autre du même sentiment de la plus chaste tendresse. Après de nouvelles fiançailles, célébrées au pied de l'autel, où ils se sont promis de « se garder l'un à l'autre et de se garder l'un l'autre pour Dieu », elle l'appelle « mon frère », comme il lui répond « ma mie » ou « ma soeur ».
Les exigences de la vie de cour les séparent, mais le prince Louis n'oublie pas sa fiancée : chaque fois qu'il doit s'éloigner pour une absence un peu longue, il ne manque point de lui rapporter, en souvenir, quelque objet d'art amoureusement choisi et reçu par la petite fiancée avec une reconnaissance toujours plus attendrie. « Ils s'aiment, dit un auteur contemporain, d'un incroyable amour ». Aussi peut-on supposer le chagrin que ressentit Elisabeth, lorsqu'un jour, Louis oublia le souvenir accoutumé.
Elle devait en éprouver un bien plus grand encore, en une circonstance cruelle qu'il importe de signaler comme une marque de leur inébranlable et profonde affection réciproque.
Le mauvais esprit de leur entourage, sans cesse à l'affût de quelque défaillance de l'un ou de l'autre, multipliait les occasions de chûte, semant les tentations sous les pas du jeune fiancé. Louis, qui venait de succéder à son père, résidait au château d'Ebeisberg où il avait amené sa soeur, la princesse Agnès et sa fiancée Elisabeth. Il reçut un jour la visite d'un grand seigneur des environs qui avait amené à son intention une jeune villageoise. Lorsque cette fille et son guide traversèrent la cour d'honneur, Elisabeth, qui jouait avec ses compagnes, devinant les intentions perfides, se mit à fondre en larmes. Et, comme on l'interrogeait sur la cause de son chagrin : « Je pleure, répondit-elle en sanglotant, parce qu'ils veulent me voler l'âme de mon frère et la perdre ! »
Cette émotion et cette réponse témoignent de la double intuition d'un coeur dont l'amour, en se sublimisant, devait, jusqu'à la fin, demeurer aussi intense et aussi pur.
L'inquiétude de la pauvre enfant fut vite apaisée : avec une rare délicatesse, Louis congédia la jeune fille : « Baisse ton voile, lui dit-il, et emporte cet argent en guise de bénédiction, afin que tu puisses retourner sans remords dans ta famille».
Elisabeth sécha ses larmes et, avec son fiancé, elle remercia le divin Maître de les avoir soutenus dans le péril, conservés l'un à l'autre et « gardés l'un à l'autre pour Dieu ».
Tels étaient les deux jeunes gens qui, en 1221, furent solennellement unis par les liens sacrés du mariage : « Soyez l'initiatrice des saintes femmes qui vous ont précédée, dit le célébrant en s'adressant plus directement à l'épouse, aimable comme Rachel, sage comme Rebecca, fidèle comme Sara ... ».
Elisabeth ne devait point y manquer ; elle dépassa même en sainteté les modèles fameux qui lui étaient proposés en exemple.
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L'EPOUSE
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Dès les premières années de leur mariage, Elisabeth et Louis personnifient le couple chrétien idéal. Gardiens vigilants du foyer, ce sanctuaire dont ils sont les chérubins, ils partagent leurs devoirs réciproques avec une scrupuleuse et sagace conscience : au mari, au chef, les soins de l'administration et les affaires extérieures ; à la femme, la surveillance du bon ordre intérieur. Elisabeth s'en acquitte à merveille, attentive à préparer à son époux un logis aussi accueillant que le sourire avec lequel elle salue son retour. Dès qu'il paraît, elle abandonne tout autre soin pour se consacrer uniquement à lui ; elle, si pieuse, redoute même de l'importuner par des exercices religieux qu'il pourrait trouver excessifs. Il ne faut pas que l'époux soit jaloux de Dieu.
Aussi prend-elle ses précautions afin de ne pas troubler le repos de Louis en récitant l'office de nuit auquel elle ne veut cependant pas manquer.
Dans cette intention, elle avait chargé sa servante préférée, cette Yseutrude qui ne la quitta jamais, de l'éveiller à l'heure de Matines, en la tirant par les pieds. Elle se levait alors tout doucement et priait à genoux sur les dalles de la chambre, tandis que son mari dormait. Mais une nuit, Yseutrude se trompa de pieds. Louis, arraché à son sommeil, découvrit la pieuse supercherie, et bien qu'il eût maintes fois conseillé à sa femme de se ménager, il sourit avec indulgence et la laissa libre d'accomplir ses dévotions. |
LE GUIDE ET LA CONSEILLERE
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Elisabeth avait un égal souci de l'âme de son époux. Sans l'accabler de conseils inutiles, elle se contentait de le surveiller discrètement, de le guider sans presque qu'il s'en rendit compte, tant était délicate l'influence qu'elle exerçait.
Dans les meilleures familles, les propos de table dégénèrent trop souvent en paroles inconsidérées. Elisabeth n'avait pas été sans en faire elle-même la douloureuse remarque. Aussi, rompant avec la tradition qui exigeait que l'épouse siégeât au haut bout de la table, faisant face à son mari et s'en trouvant ainsi éloignée, elle s'asseyait à côté de Louis pour l'obliger à surveiller son langage, imposant en même temps la même réserve à tous les convives et, grâce au discret stratagème de ce nouveau protocole, la bienséance ne cessait de régner dans toutes leurs réceptions.
Ce n'était pas seulement en public qu'Elisabeth veillait sur les moindres actes ou paroles du margrave ; la tendre intimité qui unissait le jeune couple lui permettait d'exercer à chaque instant sa bienfaisante influence, ne la limitant pas aux seuls instants de leur tête-à-tête conjugaux, mais accompagnant partout le landgrave, autant que cela était possible et ne reculant pas pour cela devant la fatigue de longues et dures chevauchées.
Elle alla même, un jour, jusqu'à Erfurt , métropole des provinces du landgraviat, où se tenait la diète de l'Empire. C'était un samedi, jour de jeûne et la distance était longue : huit lieues de route. Vaillamment, la landgravine accompli le parcours et, bien qu'elle n'eût dîné que d'un morceau de pain sec, elle n'en laissa rien paraître et revint le même jour avec son mari, aimablement dispose et attentive à soutenir la conversation ; car elle avait surtout le souci de resserrer sans cesse les liens qui les unissaient en entretenant, toujours plus vive et plus confiante, leur bonne amitié. |
AMOUR CONJUGAL
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La piété d'Elisabeth, si intense qu'elle fût, n'avait rien de morose. Elle s'appliquait à elle-même les conseils qu'elle donnait à ceux qui croyaient devoir prendre, en priant, des attitudes tristes et confondaient le recueillement avec un air sombre, sévère et compassé. Aimant, au contraire, la gaieté, l'expansion libre et joyeuse, elle leur faisait cette spirituelle remarque : On croirait que vous voulez effrayer le bon Dieu ; offrez-lui donc de bon coeur ce que vous avez ».
Pour elle-même, c'était avec un coeur débordant d'allégresse qu'elle offrait « ce qu'elle avait », c'est-à-dire son amour, ses charmes, toutes les grâces de son âme et de son coeur, aussi bien que sa piété qu'elle rendait familière et aimable à son mari.
Tout cela semblait s'accomplir naturellement et sans effort : on a rarement vu amour conjugal plus complet que celui auquel cette sainte épouse s'abandonnait si totalement. Elle ne faisait, en cela, qu'accomplir les préceptes de la charité chrétienne et franciscaine. Ce grand moteur de la vie qu'est l'amour bien compris, bien dirigé, est la condition même du bonheur spirituel et sentimental ; lui seul peut entretenir la flamme du foyer. Elisabeth ne la laissa jamais s'éteindre comme les vierges folles, mais, en épouse vigilante, elle en activait le rayonnement. Séductions morales, intellectuelles et physiques, tout était mis en oeuvre pour réaliser la plus parfaite union amoureuse.
Nous avons vu que ses traits ni son esprit ne portaient jamais aucune trace de ses plus austères pénitences. Elle ne négligeait rien pour faire honneur au landgrave dans les fêtes, réceptions ou cérémonies officielles, non plus que pour séduire son mari dans le particulier.
Sachant tenir sa place de souveraine, elle présidait avec Louis les bals, joûtes militaires et divertissements de toute sorte, sans nulle contrainte, mais avec une charmante bonne grâce, auréolée, pour ainsi dire, de la plus franche et naturelle gaieté. S'il fallait que le landgrave fût fier de la landgravine, il importait, aussi et surtout, que l'époux fût épris de sa femme.
Aussi Elisabeth n'hésitait-elle pas à recourir aux artifices d'une élégance raffinée pour rehausser encore sa rayonnante beauté. Et, à ses suivantes, surprises de la voir se parer de robes de soie lamée et de bijoux somptueux, elle répondait avec un sourire d'une angélique ardeur : « Je me pare, non par goût, ni par vanité, mais par charité ; pour ne donner à mon frère aucune occasion de mécontentement ou peut-être de péché, si quelque chose lui déplaisait en moi ».
Précieusement vêtue pour recevoir l'époux, elle l'accueille avec joie, avec tendresse, comme le maître du logis, comme l'élu de son coeur ; elle l'accompagne et le seconde dans ses devoirs de souverain, toujours prête à se donner à tous, avenante, dansant même avec grâce, mais toujours attentive à demeurer dans la limite des bienséances et à maintenir les autres dans la même réserve, sans jamais provoquer la moindre humiliation, le moindre froissement tant était grande la délicatesse de son coeur.
Et nous retrouvons là encore cette merveilleuse charité qui fut la plus admirable parure de son âme, le charme et la beauté de sa vie, où tout s'harmonisait dans un amour supérieur et parfait. Elle se donne, en effet, toute à son mari, comme à la famille ducale, aussi bien qu'à ses hôtes, sans jamais cesser de se garder toute à Dieu.
Chez elle, la Sainte n'a jamais diminué l'épouse, même la femme amoureuse. Elle le fut dans toute la force, dans toute la séduction de sa jeunesse, bien vivante et saine ... N'en eut-elle pas, un jour, un cruel remords ?
C'était à l'occasion d'une réjouissance de famille. Le landgrave avait convié à la fête toute la noblesse des environs ; comtes et chevaliers se pressaient en foule dans les salles du château d'Eisenach. La journée commença par la messe qui fut célébrée dans l'église Saint-Georges.
Au moment où le prêtre venait de monter à l'autel, Elisabeth, s'étant tournée vers le landgrave, le regarda et se prit d'un tel plaisir à admirer son visage si beau, si recueilli, qu'elle ne put, d'un long moment, s'arracher à cette amoureuse contemplation, cependant que le sacrifice s'accomplissait.
Combien de temps demeura-t-elle ainsi, distraite de l'attention qu'elle eût dû porter vers l'autel ? Mais voici que la clochette de l'assistant retentit par trois fois : l'hostie s'élève entre les doigts du prêtre. Elisabeth se prosterne, puis regarde le pain de vie pour l'adorer ... O miracle ! c'est le corps même du Christ qui lui apparaît, son corps crucifié et des gouttes de sang jaillissent de ses cinq plaies !
A cette vue, Elisabeth bouleversée reconnaît sa faute. Elle se jette sur le sol ; elle implore son pardon, verse d'abondantes larmes et demeure immobile, prostrée dans sa douleur.
La messe se poursuit et s'achève : Elisabeth ne bouge toujours pas. Respectant son affliction, le landgrave et ses hôtes quittèrent l'église et rentrèrent au château, escomptant le prochain retour de la duchesse. Mais le temps passa ; l'heure du repas approchait sans qu'on la vit reparaître.
Louis très inquiet retourna en hâte à l'église où il trouva Elisabeth toujours à la même place, en la même attitude.
—Chère soeur, lui dit-il en la relevant avec maintes précautions, pourquoi pleures-tu si amèrement ?
Et la jeune femme, se blotissant dans les bras de l'époux bien-aimé, lui avoua la faute qu'elle croyait avoir commise et la vision qu'elle avait eue.
—Chère Elisabeth, reprit Louis, ayons confiance en Dieu. Je t'aiderai à faire pénitence et à devenir meilleure.
Ainsi ce jeune mari ne s'irritait point de ce que sa femme pût se repentir de l'avoir trouvé beau. Ce seul fait n'est-il pas par lui-même le témoignage de la miraculeuse et sanctifiante influence spirituelle qu'Elisabeth exerçait sur son époux ? Celui-ci comprenait, en effet et, ce qui est plus rare, admettait que sa femme était une de ces âmes prédestinées que Dieu se garde jalousement et qu'il ne lui faut point disputer.
Influence spirituelle, influence politique aussi ou tout au moins habile participation au gouvernement de Louis IV dans l'exercice de son pouvoir de souverain et dans ses fonctions de juge, influence de persuasion qui se faisait sentir par le rayonnement discret et quotidien d'un esprit véritablement chrétien et qu'éclairait le landgrave dans l'accomplissement de ses actes de justice. Grâce à Elisabeth, une législation plus équitable régna dans le duché et l'union des deux époux resserra, en la fortifiant, celle des deux souverains.
Ceci montre à quel point peut s'étendre l'ardent amour d'une sainte femme. Mais il est plus touchant d'en rechercher les effets en des circonstances plus intimes qui n'en suscitèrent pas moins d'insignes miracles. |
DIEU SECONDE MIRACULEUSEMENT L'AMOUR D'ELISABETH
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La charité d'Elisabeth ne reculait, nous l'avons vu, devant aucun sacrifice ; ou plutôt, c'était chez elle un intense besoin de donner qui s'épanchait, toujours plus généreux, presque témérairement, en chaque occasion.
N'était-ce pas, en effet, de la témérité, que de distribuer son argent, ses parures, ses vêtements jusqu'à s'en trouver parfois totalement dépourvue ; témérité sublime qui se fiait en la Providence pour la tirer des situations les plus inextricables.
C'est ce qui lui arriva un jour que deux magnats, venus de Hongrie, se présentèrent à la Wartbourg , de la part du roi André, pour prendre des nouvelles du jeune ménage.
Officiellement prévenu de leur arrivée, le landgrave se mit en mesure de les accueillir avec tous les honneurs dûs à leur qualité d'ambassadeurs.
Mais le jour fixé pour la réception, la duchesse s'aperçut qu'elle venait de donner sa dernière robe qui était justement une de ses plus riches toilettes. Elle se trouvait donc dans l'impossibilité de paraître dignement devant les envoyés de son père.
Mis au courant de la situation, Louis ne dissimula point son déplaisir ni son inquiétude de se voir ainsi humilié en présence des ambassadeurs du roi André.
Très calme en apparence, Elisabeth répondit simplement :
—Rassure-toi, mon cher frère, j'irai.
Puis, sans plus ample explication, elle se retira dans ses appartements et là, seule, au pied du crucifix, elle se mit en prière, suppliant Celui qui commande aux Anges de lui venir en aide. Sa foi lui inspirait une confiance absolue dans l'heureuse issue de l'aventure : était-il possible, en effet, que l'acte de charité, qu'elle avait accompli par amour pour Dieu, pût nuire au témoignage d'amour conjugal qu'elle devait donner le jour même ?
Peut-être, au cours de cette méditation, songea- t-elle au lys des champs ... Enfin, telle qu'elle était, sans même jeter un coup d'oeil vers le miroir, mais forte de son esprit de foi et de toute l'ardeur de son amour, elle se rendit en hâte à la salle d'honneur où se trouvaient déjà les magnats de Hongrie.
Et le miracle s'accomplit.
Rayonnante, elle s'avance dans toute la grâce majestueuse de son port de reine, tenant toute l'assemblée sous le charme irrésistible de son esprit et de sa beauté. Elle s'entretint longuement en sa langue maternelle avec les ambassadeurs de son père, évoquant des souvenirs, demandant des nouvelles, éblouissant l'assistance par la finesse de ses réparties, splendeurs de l'âme et du visage qui semblaient la parer des plus somptueux atours.
« Elle était belle et colorée, chantèrent les poètes de son temps, comme la rose aux premiers feux du matin ».
Et l'un de ses biographes affirme que « seule une reine de France aurait pu être plus richement habillée ... »
Après la réception, Louis demanda à Elisabeth où elle avait pris les magnifiques vêtements d'or et de soie qu'elle portait.
—Des mains de Dieu, répondit-elle. Il accorde ses faveurs quand il lui plaît.
Elle aurait pu ajouter : et à qui il lui plaît, mais sa candeur, sa modestie étaient trop grandes pour même soupçonner qu'un amour conjugal comme le sien était seul digne de recevoir une telle faveur.
Cette anecdote ne symbolise-t-elle pas toute la puissance du plus parfait amour de l'épouse uni à une confiance que l'esprit de foi rend inébranlable ?
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Je tiens mes sites à bout de bras depuis 1989 pour faire de l'Évangélisation accessible
à tous, si vous avez un peu de monnaies pourrez vous m'aider à continue cette mission.
Cependant je ne peux remettre de reçu d'impôt car depuis1989 je n'ai reçu que 2 dons veillez en prendre note. Merci
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