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Mystiques en générale dans le monde
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Nom de l'auteur:
P. Yvan Goby o.f.m.


Introduction

©Ivan GOBRY

On parle beaucoup d'esprit franciscain, mais on ne lit guère les écrits de ceux qui l'ont diffusé dans le monde. Sans doute, c'est par le spectacle d'une vie sainte qu'on connaît la sainteté, et non pas par des recettes; en ce sens, les biographies de saint François ne manquent pas, et le grand public ne se fait pas faute de les accueillir avec ferveur ou sympathie. Mais la vie des saints, si elle propose à notre imitation des exemples vécus, risque aussi de rester un simple spectacle, surtout quand il s'agit d'êtres aussi exceptionnels que saint François et ses disciples: on s'amuse ou on admire, on se laisse ravir par la poésie ou le merveilleux, et l'on ne tire pas la leçon. C'est que le motif qui inspire un geste est d'abord dans la conscience de celui qui le produit, et le surnaturel qui baigne une existence consacrée à Dieu est la source du dialogue mystérieux qui s'établit entre l'homme et Dieu au plus profond de l'âme aimante. De même que la foi est morte sans les oeuvres, les oeuvres que n'inspire pas la foi sont caduques; si celui qui prononce les paroles de l'amour sans les mettre en pratique n'est qu'un impuissant ou un lâche, celui qui fait les gestes de l'amour sans en avoir la flamme n'est qu'un automate ou un hypocrite. Il faut donc connaître la pensée des saints si l'on veut pleinement comprendre leurs actions;, il faut s'inspirer de leur esprit si l'on veut leur ressembler.

Les Evangélistes ne se sont pas contentés de décrire les actions saintes du Fils de Dieu: ils ont rapporté les saintes paroles qui seules pouvaient expliquer aux hommes son apparition et son sacrifice. Il y a donc intérêt à méditer les écrits des saints, et cela d'autant plus que la tentation serait plus grande de laisser passer leur message exemplaire. Cependant, on peut ici succomber à bien des déceptions: dans le domaine de la spiritualité, comme dans les autres, on a écrit tant de choses insipides! Et puis, même prévenus et documentés, les gens du monde n'ont à consacrer à ces pieuses lectures qu'un temps fort réduit, et il est à craindre que bien des rééditions de maîtres spirituels, même d'une lecture agréable, sommeillent chez l'éditeur imprudent qui se serait avisé à les sortir de l'oubli. Manque de goût, de temps, d'orientation : ces difficultés suggèrent la solution d'un choix parmi les textes, solution qui est à son tour un problème. C'est ce problème d'un florilège des mystiques franciscains que j'ai voulu résoudre. Je ne pense pas l'avoir fait de telle façon que tous les lecteurs soient satisfaits; d'abord parce que le choix, dans un tel domaine, suppose toujours un certain arbitraire, lequel s'explique par les goûts et les habitudes mentales de celui qui choisit; ensuite parce que l'on pourra toujours invoquer des raisons valables pour regretter la présence de tel texte ou de tel auteur. En ce qui concerne la technique de la répartition,

j'ai veillé à respecter deux exigences d'un tel travail : pratiquer les coupes de telle façon que la concision du morceau se concilie avec l'intégrité de la pensée; proscrire la monotonie en évitant à deux morceaux successifs de reproduire le même thème. En ce qui concerne leçons et traductions, je me suis abstenu de retourner systématiquement aux originaux ; pour beaucoup d'ouvrages, j'ai fait confiance à la notoriété d'un traducteur, pour d'autres, j'ai fourni une traduction originale, soit parce qu'il n'en existait pas, soit parce que je trouvais fautive celle qui existait, soit tout simplement parce que les droits en appartenaient à un autre éditeur. Pour l'aisance de la lecture, j’ai préféré renoncer aux notes en bas de page, me contentant de souligner les citations scripturaires par des italiques. Quant à la bibliographie, j'en ai proscrit toute érudition et, sauf pour des cas exceptionnels, je l'ai réduite aux ouvrages contemporains, que le lecteur pourra se procurer facilement dans une librairie ou une bibliothèque: qu'on ne s'étonne donc pas de trouver des notices!" qui ne comportent aucune indication bibliographique.

Pourquoi avoir fait une anthologie mystique, plutôt qu'une anthologie ascétique, ou une anthologie anecdotique, ou une anthologie tout court ?La dernière option supposait une trop grande quantité de matière; elle aurait abouti à un travail trop volumineux ou trop mutilé; d'ailleurs il eût été difficile de faire mieux que Maurice Beaufreton - au moins pour ce qui concerne les premiers temps de l'Ordre, si riches d'histoire, d'amour et de poésie. Quant à la préférence pour la mystique plutôt que pour telle autre manifestation de la vie franciscaine, elle ressort clairement du souci exposé plus haut: donner une âme aux gestes des saints. Pour cela, il est indispensable d'adopter des textes qui nous permettent de pénétrer le plus profondément dans les âmes, afin de saisir le frémissement de tendresse qui les a animées pour le Christ, l'éblouissement de joie dont elles ont tressailli à son contact, l'humilité et l'abandon qui les ont ouvertes à sa grâce. De sorte que les écrits mystiques n'expliquent pas seulement l'activité du saint, mais celle de Dieu; car c'est Dieu qui est l'auteur de la sainteté : l'homme ne fait qu'adhérer à ses avances amoureuses. Seuls les ouvrages mystiques peuvent nous renseigner sur cette secrète et patiente action de Dieu dans les âmes sanctifiées, seuls ils peuvent expliquer le rayonnement divin qui émane de toutes leurs démarches en nous faisant suivre pas à pas leurs obscurités et leurs découvertes, leurs résistances et leurs fidélités, leurs piétinements et leur ascension.

Le mot mystique doit d'ailleurs être pris dans un sens large. Qu'on ne s'attende pas à trouver uniquement, dans ce recueil, des récits d'extases ou des indications pour parvenir au mariage spirituel. Les mystiques ne sont pas seulement les privilégiés qui ont accédé au plus haut degré de l'union divine et qui en possèdent tous les secrets, mais aussi tous ceux qui, ayant compris que seule cette union peut donner un prix à leur vie, l'ont recherchée et exaltée par dessus tout. Ce n'est donc pas le degré d'intimité avec Dieu qui me sert de critère, puisque Dieu seul a le pouvoir d'en juger, mais c'est la nature des grâces obtenues et le désir lui-même de les obtenir. Dans ce sens je considère que les écrits qu'on peut appeler mystiques sont de trois sortes : 10) Les expériences - Ces textes relatent les faits mystiques eux-mêmes, que ce soit le sujet qui nous en fasse part ou un témoin privilégié de sa vie. Mais c'est Dieu cependant qui reste l'acteur principal. 20) Les effusions - Ces textes manifestent non plus des faits, mais des sentiments, qui bouleversent l'âme pleine de Dieu ou avide de Dieu. 30) Les enseignements - Il s'agit cette fois non plus d'événements singuliers, mais de lois de la vie mystique; l'écrivain n'est donc pas parvenu forcément aux états dont il témoigne: il peut simplement opérer une synthèse sur des témoignages directs; cependant, il est hors de doute qu'un tel rôle suppose, chez celui qui le remplit, sinon une connaissance expérimentale, plus ou moins développée, des phénomènes qu'il expose, du moins un sens profond des réalités surnaturelles. A cause de son allure didactique, ce genre de travail est certes moins attachant que la relation directe, mais il possède des avantages pédagogiques dont celle-ci est souvent privée. Les confesseurs des grandes moniales étaient moins saints qu'elles, mais ils voyaient plus clair dans leur conscience. En passant du récit mystique à l'explication mystique, on passe non seulement du singulier au général, mais de la folie à la sagesse. Ce recueil tente d'établir un équilibre entre les trois sortes de textes. Certains auteurs, plutôt visionnaires (au meilleur sens du terme) comme Marguerite de Cortone ou Véronique Juliani, ne nous offriront que le premier témoignage; d'autres, plutôt poètes, comme Jacopone de Todi ou Barthélemy de Saluce, nous apporteront le charme de leur ardente invocation; d'autres , plutôt théologiens, comme Harphius ou Ambroise de Lombez, nous proposeront le secours de leur jugement clairvoyant. Enfin, à certains écrivains spirituels, comme Angèle de Foligno ou Pierre d'Alcantara, j'emprunterai les diverses formes de ces manifestations mystiques. De tous, fougueux ou pondérés, fantaisistes ou scolastiques, nous avons à apprendre de grandes choses ; qu'ils soient nos intercesseurs pour en obtenir une plus lumineuse intelligence.

XIIIe-XIVe siècle

Saint François d'Assise
Prière en temps de maladie
Admonition aux frères
Action de grâces Louanges à Dieu
Cantique des Créatures
Testament Sainte Claire d'Assise
Deuxième lettre Il Agnès de Prague
Troisième lettre à Agnès de Prague
Bx Léon d'Assise (+ 1271)
Dévotion de saint François à la Passion du Christ
La Prière qui convertit Bx Gilles d'Assise ( + 1261)
Sur la Prière Bx Jean Parenti (+ 1232)
Prière des frères Mineurs à Dame Pauvreté
Bx Thomas de Celano (+ 1260)
La Prière de saint François Saint Antoine de Padoue (+ 1231)
L'Amour de Dieu Saint Bonaventure (+ 1274)
La charité de saint François L'Amour du Sacré-Coeur
Méditation sur la Béatitude éternelle
La troisième voie, ou de la contemplation
Bx Jacopone de Todi (+ 1306)
La Danse d'Amour O Cristo, mio
Diletto Jacques de Milan (2e moitié du XIIIe s.)


Sur la Passion du Christ Bx Raymond Lulle ( + 13 15) Le Père de la famille franciscaine apparaît comme l'un des cas les plus typiques de chefs spirituels; n'ayant en effet tiré son inspiration d'aucun maître humain, il peut à bon droit être réputé comme le fondateur d'une spiritualité parfaitement originale. Quand il réunit ses premiers disciples et rédige sa première règle, il n'apporte pour tout bagage intellectuel que les rudiments du latin ecclésiastique et la connaissance de poèmes en langue d'oc. Il n'a lu aucun mystique, il ignore les Pères de l'Eglise; ses écrits ne se réfèrent qu'à la seule Ecriture Sainte, dont il manifeste la connaissance la plus étendue. Tout ce qu'il nous a laissé se révèle le fruit de son expérience intérieure et de la méditation de l'Evangile. Il est donc indispensable de lire la vie de saint François si l'on veut connaître sa spiritualité ; car c'est en elle qu'on découvrira la source non seulement de tous les écrits du Petit Pauvre, mais encore de tout ce qu'il y a de proprement franciscain dans les oeuvres de ses disciples.

Et cette ferveur des disciples pour un maître qui ne s'apparentait à aucune tradition ne peut s'expliquer que par la ressemblance de ce maître avec l'unique Maître. Saint François n'a pas eu besoin de livres écrits de la main des hommes, parce que d'emblée il a trouvé le Christ dans le livre de la Crèche et de la Croix, et aussi dans le livre de la nature universelle rachetée dans le sang du Christ et sanctifiée par l'incarnation du Christ. Aussi cette adhésion directe a-t-elle été totale: si totale que les frères Mineurs, en contemplant cette bouleversante existence, ont vécu l'Evangile lui-même. Loin de toutes les considérations allégoriques et de toutes les méthodes de contemplation, ils ont trouvé, dans une émotion existentielle, le Christ pauvre aux Carceri, le Christ enfant à Greccio, le Christ crucifié sur l'Averne. Saint François n'a donc pas seulement donné dans ses écrits spirituels le reflet d'une pensée originale: il a renouvelé dans les consciences qui l'entouraient le sens de l'intimité d'amour avec Jésus, et il a de ce fait engendré une spiritualité nouvelle, faite de spontanéité, de tendresse, d'humanité ; cette spiritualité où la passion pour un Dieu de chair rend toute sa signification au Cantique des Cantiques. Biographies : O. ENGLEBERT, Vie de saint François d'Assise, Pion, 1947, 460 pages. G. BASTIANINI, Lorsque Dieu passe...,Vie de saint FrançoiS" d'Assise. Editions Franciscaines, 1957, 292 pages, 35 photos. Biographie photographique HAUSER ET VON MATT,François d'Assise, Oesclée de Brouwer, 1952, 320 pages, 200 photos. Ecrits : Opuscules de saint François d'Assise, texte latin et traduction française, Editions Franciscaines, 1956, 35° pages.Spiritualité : GEMELLI, Le Message de saint François d'Assise au monde moderne, Lethielleux, 1935, 45° pages. Synthèse : I. GOBRY,

Saint François d'Assise et l'Esprit franciscain,
Seuil, 1957, 192 pages, 100
Le Chant de Raymond Les métaphores morales
Sainte Marguerite de Cortone ( + 1297)
L'Exhortation du Christ La Promesse du Christ
L'oraison de Marguerite Privilège de la simplicité
Bse Angèle de Foligno ( + 1309)
le Dépouillementl'Amour du Crucifié
La certitude mystique Trois sortes d'oraison
Les sept dons de Dieu Hubertin de Casale ( + 1338)
Prière pour obtenir la grâce de la Pauvreté .
Jean de Calvoli (début du XIVe s.)
Action et contemplation Fioretti
Du frère Bernard de Quintavalle Du frère Jean de l'Alvernge
XVe - XVle siècles

Sainte Catherine de Bologne (+ 1463)
Les conditions de la communion sacramentelle Henri de Herp (+ 1477)
L'Amour unitif Bse Battista Varani (+ 1527)
L'avertissement du Christ Prière Le temps de l'épreuve François d'Osuna (+ 1540)
Les larmes mystiques Saint Pierre d'Alcantara ( + 1562)
Prière Méditation et contemplation Saint Pascal Baylon ( + 1592 )
Vers Dévôts Prière avant la communion Jean de Bonilla (fin X VIe s.)
L'abandon à Dieu Jean des Anges (+ 1609)
]ésus sera aimé jusqu'à la fin du monde
XVlle - XVllle siècles

Barthélemy de Saluce (+ 1617)
Dialogue mystique A la plaie du côté Laudes spirituelles Séverin Rubéric Union à Dieu et apostolat Benoit de Canfeld (+ 1610)
Récit de sa propre conversion Joseph du Tremblay
La pureté d'intention Yves de Paris
I'indifférence chrétienne Bernardin de Paris (+ 1685)
Sens de la Stigmatisation Paul de Lagny ( + 1694)
Rôle de la volonté dans la vie contemplative Hyacinthe d'Amiens
La mort mystique sur la croix Honoré de Cannes (+ 1694)
Conduite dans la séchererse etles distractions Chrysostome de Saint-Lô L'union à Jésus crucifié Marie d'Agréda ( + 1665 )
Origine de la Cité Mystique " Bracati de Lauria (+ 1693)
A qui est accordée la contemplation infuse ? Victorin Aubertin
L’union à Jésus-Christ Boniface Maes (+ 17°6)
L'ivresse spirituelle Sainte Véronique Giuliani (+ 1727)
Premières révélations Le Couronnement d'épines
La Stigmatisation Gaétan-Marie de Bergame (+ 1753)
La souffrance de Jésus Saint Léonard de Port-Maurice (+ 1751)
Acte d'amour Bse Marie-Crescence Hôss (+ 1744)
Cantique Sens de la souffrance
Bse Marie-Madeleine Martinengo (+ 1737)
Le martyre de l'Amour Participation à la Passion
Le voeu du plus parfait Ambroise de Lombez (+ 1778)
Prière dans l'aridité spirituelle l'humble méditation Oraison et Eucharistie Hubert Hayer (+ 1780)
Comment se plaindre à Dieu Marie de la Nativité (+ 1798) Conduite dans l'aridité spirituelle L'apprentissage de l'oraison
XIXe-XXe sièclesLudovic de Besse (+ 1910
L'oraison de foi Eve Lavallière ( + 1929)
Lettre d'amour à Jésus - Prière Valentin-M. Breton (+ 1957)


Plan de vie spirituelle XIIIe XIVe SIÈCLESSaint François d'AssiseLe Père de la famille franciscaine apparaît comme l'un des cas les plus typiques de chefs spirituels; n'ayant en effet tiré son inspiration d'aucun maître humain, il peut à bon droit être réputé comme le fondateur d'une spiritualité parfaitement originale. Quand il réunit ses premiers disciples et rédige sa première règle, il n'apporte pour tout bagage intellectuel que les rudiments du latin ecclésiastique et la connaissance de poèmes en langue d'oc. Il n'a lu aucun mystique, il ignore les Pères de l'Eglise; ses écrits ne se réfèrent qu'à la seule Ecriture Sainte, dont il manifeste la connaissance la plus étendue. Tout ce qu'il nous a laissé se révèle le fruit de son expérience intérieure et de la méditation de l'Evangile. Il est donc indispensable de lire la vie de saint François si l'on veut connaître sa spiritualité ; car c'est en elle qu'on découvrira la source non seulement de tous les écrits du Petit Pauvre, mais encore de tout ce qu'il y a de proprement franciscain dans les oeuvres de ses disciples. Et cette ferveur des disciples pour un maître qui ne s'apparentait à aucune tradition ne peut s'expliquer que par la ressemblance de ce maître avec l'unique Maître. Saint François n'a pas eu besoin de livres écrits de la main des hommes, parce que d'emblée il a trouvé le Christ dans le livre de la Crèche et de la Croix, et aussi dans le livre de la nature universelle rachetée dans le sang du Christ et sanctifiée par l'incarnation du Christ. Aussi cette adhésion directe a-t-elle été totale: si totale que les frères Mineurs, en contemplant cette bouleversante existence, ont vécu l'Evangile lui-même.

Loin de toutes les considérations allégoriques et de toutes les méthodes de contemplation, ils ont trouvé, dans une émotion existentielle, le Christ pauvre aux Carceri, le Christ enfant à Greccio, le Christ crucifié sur l'Averne. Saint François n'a donc pas seulement donné dans ses écrits spirituels le reflet d'une pensée originale: il a renouvelé dans les consciences qui l'entouraient le sens de l'intimité d'amour avec Jésus, et il a de ce fait engendré une spiritualité nouvelle, faite de spontanéité, de tendresse, d'humanité ; cette spiritualité où la passion pour un Dieu de chair rend toute sa signification au Cantique des Cantiques. Biographies : O. ENGLEBERT, Vie de saint François d'Assise, Pion, 1947, 460 pages. G. BASTIANINI, Lorsque Dieu passe...,Vie de saint FrançoiS" d'Assise. Editions Franciscaines, 1957, 292 pages, 35 photos. Biographie photographique HAUSER ET VON MATT,François d'Assise, Oesclée de Brouwer, 1952, 320 pages, 200 photos. Ecrits : Opuscules de saint François d'Assise, texte latin et traduction française, Editions Franciscaines, 1956, 35° pages.Spiritualité : GEMELLI, Le Message de saint François d'Assise au monde moderne, Lethielleux, 1935, 45° pages. Synthèse : I. GOBRY,Saint François d'Assise et l'Esprit franciscain, Seuil, 1957, 192 pages, 100 PRIÈRESEIGNEUR, je vous en prie, que la force brûlante et douce de votre amour absorbe mon âme et la retire de tout ce qui est sous le ciel: afin que je meure par amour de votre amour, puisque vous avez daigné mourir par amour de mon amour . PRIERE EN TEMPS DE MALADIE

Je te rends grâces, Seigneur, pour toutes ces douleurs que j'éprouve ; Je te demande, ô mon Seigneur, de m'en envoyer cent fois plus, si cela te plaît ; car j'agréerais très volontiers que tu m'affliges sans m'épargner, puisque l'accomplissement de ta sainte volonté est pour moi une consolation surabondante. ADMONITION AUX FRÈRESCONSIDÉRONS attentivement, mes frères, ce que dit le Seigneur : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Car Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont nous devons suivre les traces, a appelé ami celui qui l'avait trahi et s'est offert de plein gré à ceux qui le crucifiaient. Ils sont donc nos amis, tous ceux qui nous infligent injustement tribulations et angoisses, affronts et injures, douleurs et tourments, martyre et mort; nous devons les aimer beaucoup, car à cause des coups qu'ils nous portent, ils nous obtiennent la vie éternelle. Haïssons notre corps avec ses vices et ses péchés; en vivant charnellement, il veut nous enlever l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ et la vie éternelle, et se perdre lui-même avec tout ce qu'il y a, dans l'enfer. Car par notre faute nous sommes corrompus et misérables, opposés au bien, prompts et enclins au mal ; comme dit le Seigneur dans l'Evangile : du coeur de l'homme procèdent et sortent pensées mauvaises, adultères, fornications, homicides, vols, avarices, injustices, ruse, impudicité, mauvais regards, faux témoignages, blasphèmes, orgueil, sottise.

Tous ces maux sortent du fond du coeur et c'est là ce qui souille l'homme. Mais maintenant que nous avons abandonné le monde, nous n'avons rien d'autre à faire que de nous appliquer à suivre la volonté du Seigneur et à lui plaire. Prenons bien garde que nous ne soyons pas de cette terre du chemin, caillouteuse ou couverte de ronces, dont le Seigneur parle dans l'Evangile : La semence est la parole de Dieu. Celle qui tombe au bord du chemin et est foulée aux pieds, ce sont ceux qui entendent la parole et ne la comprennent pas, et aussitôt le diable vient et s'empare de la parole de Dieu qui a été semée dans les coeurs, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés..Aussi, nous les frères, laissons, comme dit le Seigneur, les morts ensevelir leurs morts. Prenons bien soin de nous garder de la malice et de la subtilité de Satan, qui ne veut pas que l'homme tienne son esprit et son coeur tournés vers le Seigneur ; il rôde et cherche à emporter le coeur de l'homme par l'attrait de quelque récompense ou de quelque avantage, à étouffer dans sa mémoire la parole et les préceptes du Seigneur; il veut aveugler le coeur de l'homme par les affaires et les soucis du monde et s'y établir, ainsi que le dit le Seigneur : Lorsqu'un esprit impur est sorti d'un homme, il va par les lieux arides et secs, cherchant du repos ; et n'en trouvant pas, il dit: Jeretournerai dans ma maison, d'où je suis sorti. Et quand il arrive, il la trouve vide, nettoyée et ornée. Alors il s'en va prendre sept autres esprits plus méchants que lui ; et il y entrent et s'y établissent ; et le dernier état de cet homme devient pire que le premier.

Soyons donc tous très vigilants, pour que l'attrait d'une récompense, d'un travail ou d'un avantage quelconque ne nous perde pas et ne détourne pas de Dieu notre esprit et notre coeur. Dans la Sainte Charité qu'est Dieu, je prie tous mes frères, ministres et autres, d'écarter tout empêchement, de rejeter tout souci et sollicitude, et de s'employer de leur mieux en toute manière, à servir, aimer, adorer et honorer le Seigneur Dieu, dans la pureté du coeur et de l'esprit; car c'est là ce qu'il cherche par-dessus tout. Faisons lui toujours un temple et une demeure en nous, à lui, le Seigneur tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit. C'est lui qui nous dit: Veillez donc et priez etout temps pour que vous puissiez échapper à tout ce qui doit arriver, et vous tenir debout devant le Fils de l'homme. Et quand vous vous tiendrez en priant, dites : Notre Père qui êtes aux cieux. Adorons-le d'un coeur pur, car il faut prier toujours et sans arrêt. Car le Père cherche de tel adorateurs: Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent, doivent l'adorer en esprit et en vérité. Recourons à lui comme au pasteur et au gardien de nos âmes. C'est lui qui nous dit: Je suis le bon Pasteur, je pais mes brebis et je donne mon âme pour mes brebis. Vous êtes tous frères, n'appelez personne votre père sur la terre, car vous n'avez qu'un Père qui est dans les cieux. Ne vous appelez pas maître ; vous n'avez qu'un Maître qui est dans les cieux, le Christ. Tenons donc les paroles, la vie, la doctrine et le Saint Evangile de Celui qui a daigné prier pour nous son Père et nous révéler son Nom : Père, j'ai fait connaître votre Nom aux hommes que vous m'avez donnés...

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