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La vie du Pape Pie X
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Nom de l'auteur:

Pierre- Fernessole

1-Saint Pape Pie X

Pierre Fernessole
Professeur à l’Institut Catholique d Paris

Nihil Obstat Quominus Haec Pars

Typis Edatur :
Sylvius Romani, S.R.R.C. ass. Fidei Subpromtor generalis, Romae, die 8maii 1952

Pape Pie X

1-Essaie historique. De Riese au Vatican
Les étapes d’une prestigieuse ascension. Préparation et prélude d’un grand pontificat
Paris ( VI)

IMPRIMATUR
16a junii 1952
Petrus Brot, v.g.

Copyright by. P.Lethielleux,1953
Cet ouvrage a été déposé conformément aux lois en juillet 1952.

PLethielleux, Libraire –Éditeur 10, rue Cassette, 10
Il a été tiré de cet ouvrage 20 exemplaires su r papier Alfama, numérotés de 1 à 20

Tous droits de traduction, reproduction, adaptation, réservés pour tous pays.

Au Canada

Ce droit a été autoriser à
Sr Denise Ermite de la Croix. o.f.s.


Pour l’Ermitage Sainte Angèle De Foligno
Par le Père René Caron o.f.m. responsable de la bibliothèque franciscaine de Montréal Canada

Cet ouvrage sera sur son site http://MonDieuEtMonTout.com

Cette autorisation sert pour l’évangélisation franciscaine à travers se site pour mieux faire
connaître ce Pape Pie X qui nous a permis de recevoir le Corps et le Sang du Christ plus souvent.


INTRODUTION



Alors que la joie, dont Notre cœur déborde, Nous pousse irrésistiblement à chanter en lui ( en Pie X) les merveilles de Dieu, Notre voix hésite, comme si les paroles devaient. Nous manquer, insuffisantes qu’elles sont pour exalter dignement, fût-ce dans une rapide esquisse, la vie et les vertus du prêtes, de l’évêque, du pape, dans la prodigieuse ascension depuis le petite bourg natal de l’humble naissance, jusqu’au faîte des grandeurs et de la gloire sur terre et dans le ciel.»

Ces mots du discours prononcé par S.S.PieXII, le 3 juin 195, pour la solennelle béatification du Serviteur de Dieu, Giuseppe Sarto, nous viennent en mémoire, à la fois comme une sorte de reproche et un décisif encouragement : reproche pour une trop téméraire entreprise, encouragement à essayer de célébrer, malgré notre impuissance, les « merveilles de Dieu» dans le Souverain Pontife Pie X.

Notre ambition, d’ailleurs, ne saurait être de « chanter un hymne de louange et de gratitude» au Serviteur de Dieu. Comment oser y prétendre , quand S.S. Pie XII lui-même s’y déclare « impuissant»?

Plus modeste est notre propos. Nous avons voulu suivre pas à pas les étapes d’une prestigieuse ascension : ascension extérieur, conduisant le fils de cursore de Riese jusqu’au Vatican, au Souverain Pontificat- ascension intérieur ; progression incessante d’une âme élue, saisie par la main de Dieu, jusqu’`a ces hauteurs ou notre pauvre humanité est comme prise de vertige, jusqu’à « cette harmonie des vertus dans les hautes sphères de l’héroïsme» que l’Église couronne de son plus éclatant diadème. Et parallèlement à l’histoire d,une vie et d,une âme – de l’âme par la vie- dans le cadre historique d’une existence exceptionnellement replie, nous avons voulu pour user le plus à fond qu’il nous serait possible, l’étude d’une activité apostolique, d’une ouvre sacerdotale, épiscopale, puis pontificale, dans es aspects multiples e divers, au milieu de circonstances et parmi des événements d’une extrême gravité, oeuvre pontificale surtout marqué d’une providentielle intention, car « il apparaît manifeste qui aujourd‘ hui que tout son pontificat fut surnaturellement orienté selon un dessein d’amour et de rédemption, pour disposer les esprit à affronter nos propres luttes et pour assurer nos victoires et les futures (1)».

Qu’on veuille bien le remarquer : notre livre ne sera pas l’histoire de pIe X.S.S.Pie XII nous avertit : « Un homme, un pontife, un sait d’une telle élévation trouvera difficilement l’historien qui saura embrasser dans son unité sa grande figure et en même temps ses multiples aspect.» ( Discours du 3 juin 1951 ).

Notre livre sera un simple « essai historique» sur la vie, l’âme de l’œuvre de pie X. Mais, s’il n’est qu’un « essai», il entend être pleinement, exclusivement historique, œuvre d’entière et objective « bonne foi», de totale vérité.

Cet « essai» n’a donc rien d’une œuvre apologétique, ou de caractère édifiant, ou purement anecdotique; rien d’un oeuvre d’éloquence ou de lyrisme, d’une œuvre de ce que ‘on appelle « littérature». Elle ne veut apporter que des faits-des fais irrécusable –des actes absolument authentique, des notations psychologiques solidement fondées, des textes de la plus rigoureuse exactitude, constituant le message du Pontife, message dont la portée et l’immortelle actualité ressortent des textes et des actes eux –mêmes.

Pour assurer le caractère strictement historique de notre ouvrage, nous avons recouru aux sources d’information les plus directs, les plus sûres. Ces sources, nous les exposerons en détail au terme de notre deuxième volume, en appendice, et en tête de l’index bibliographique. Qu’il nous suffise de dire ici que ces « sources» sont, principalement, les dossiers des divers Procès informations, renfermant les dépositions des « témoins» de la vie et de l’œuvre du Pontife- dépositions rigoureusement confrontées en elles, confrontées aux animadversions du Promoteur de la Foi et aux réponses à ces objections –complétés par les derniers et décisifs travaux de la « section historique» de la Sacrée Congrégation des Rites. Confrontées, en outre, à des témoignages plus extérieur, témoignages d’historiens ou biographes ou publicistes divers, contemporains de S.S. Pie X, tels que, par exemple ‘ L’Histoire de Pie X par Mgr, Marchesan, historien de profession et d’éminent mérite, qui a connu le Serviteur de Dieu depuis son séjour au séminaire de Trévise, et qui, malheureusement , arrête son histoire au début de pontificat de Pie X. Nous préciserons la valeur de cette source d’information et de certains autres qu nous avons utilisés, dans l’index biographique qui terminera notre second volume. Cette étude prendrait ici trop de place.

Il va sans dire que, surtout pur l’étude de l’œuvre pontificale et du gouvernement pontifical de Pie X, nous avons consulté et utilisé tous documents contemporains ou postérieur au Serviteur de Dieu, vraiment dignes de foi, susceptibles de mieux éclairer les graves problèmes impliqués dans la charge du Bienheureux Pontife, et de mettre en plus parfaite lumière son attitude et sa conduite à l’égard de ces problèmes. Nous avons conscience de n’avoir négligé aucun e de ces sources d’information, soit dans les Archives du Vatican, soit dans les Archives nationales, soit dans les diverses publications religieuses ou profanes.

Nous avons cru devoir présenter notre ouvrage en deux volumes pour deux raisons :

I) parce qu’une l’étude du pontificat de Pie X comporte une étendue très considérable ; un seul volume eût été trop long et trop lourd.

2) Nous avons voulue, en traitant, à part et en premier lieu, des années et ministères antérieurs du Souverain Pontificat, essayer de mettre en relief la progressive et sûre préparation qui est déjà ; le prélude du Pontificat où apparaît déjà la continuité ou plutôt unité de vie, de pense, de doctrine, d’action de ce pare, l’un des plus grands, à coup sûr, qui aient honoré l’Église de Jésus-Christ. P.F.


De quelques abréviations les plus fréquentes
employées au cours de cet ouvrage.

A.S.S. = ACTA SANCTAE DEDIS.
A.A.S. = ACTA APOSTOLICAE SEDIS.
SUM.I.C. = SUMMARIUMPOUR LA « POSITIO SUPER INTRODUCTIONE CAUSAE». ( Romae, 1942)
SUM. VIRT.= SUMMARIUM POUR LA « POSITIO SUPER VITIRTUTIBUS». ( ROMAE1949-1950.)
PROC. APOST.ROMANUS = PROCESSUS APOSTOLICUS ROMANUS.
PROC.ORD. ROMANUS = PROCESSUS ORDINARIUS ROMANUS.
PROC. ORD. VENETUS = PROCESSUS ORDINARIUS VENETUS.
PROC. APOST. MANTUANUS =PROCESSUS APOSTOLICUS MANTUANUS ( DE MANTOUE.)
PROC. APOST. TARVISINUS = PROCESSUS APOSTOLICUS TARVISINUS ( DE TREVISE).
PROC. ORD. TARVISINUS= PROCESSUS ORDINARIUS TARVISINUS.


 MILIEU – FAMILLE – PREMIÈRE FORMATION

Je suis né pauvre…( du testament de Pie. X .) 


Riesse est un charmant village de la province de Trévise, dans la Haute- Vénétie. Pays en pleine campagne, plate, herbeuse et feuillue, aux routes tournantes, souvent bordées de platanes, aux vergers couverts de pêchers et de pruniers, aux champs couverts de blé, de mais, d‘orge, d’avoine, avec, de-ci de –là, des vignes que séparent des fossés où courent des eaux dérivées de l’Avenale, de la Brenta, du Pieave, De Riese la vue est généralement courte ; cependant, par endroits, on aperçoit le sommet sombre et dénudé du Monte Grappa, vers le nord, Asolo, avec ses maisons blanches, et, en arrière, barrant l’horizon, les cimes des Alpes ( 1)

Au cardinal Jacopo Monico, patriarche de Venise, Riese, son pays natal, a inspiré une poétique description, où chante une sorte de tendresse.

Sorgersi incontro a mezzogiorno ei mira di Castelfranco la merlata fronte ; all’ altra parte, donde Borea spira, Asolo vedi biancheggiar sul monte, e in mezzo alle ruine ancor sublime la vetusta sua rocca alzar le cime… Piu là glischiude maestosa scena l’Alop azzura allo squardo, e con declive d’immensi rupi, disugual catena, dell’ orizzonte suo l’orlo prescrive`ne appaiono le vette ignude ed erte, ordinevi, or di nuvole coperte (2)

Plus que le charme discret du paysage, c’est la lumière qui saisit et ravit, cette lumière italienne, à la fois chaude et profonde, tout à tour suave et ardente, brûlante même qui échappe à toutes analyse, et qui ne se peut comparer qu’à la lumière de ‘Attique ou des pays orientaux.

Au cœur du village s’élève la blanche église de Saint -Mathieu, avec son campanile à la flèche élancée ; de l’église part la rue principale, bordée de jolies maisons, blanches elles aussi, de vergers et de jardins potagers.

Le gens y sont simples, d’abord accueillant, d’aspect énergique et vigoureux, travailleurs silencieux vivant, en majeure partie, du travail des champs.

Se doutent-ils de l’antiquité et de la célébrité historique de leur modeste village? Au Moyen-Age, Riese s’appelait Rescium ou Rexium. Vraisemblablement les Romains l’ont connu sous le nom de Rezium, comme semble l’indiquer une inscription découverte en 1730 dans les ruines d’une villa romaine.

Riesse possède un château for, mentionnée lès l’années 1255, qui appartint à la famille des Riese, seigneurs pays jusqu’à l’année 1570, et dont le dernier descendant s’éteignit, à cette date à Castelfranco, W leur munificence st attribuée une magnifique toile du Tintoret, Le Mariage de la Vierge, qui décore l’église paroissiale. Parmi ses illustres enfants, Riese compte de cardinal Jacopo Monico, patriarche de Venise, qui, aux premières années du XIX siècle, joua un rôle considérable ans les affaires diplomatiques de l’Autriche.

Mais, plus que d e sa longue histoire, plus que de tous ses grands hommes d’autrefois, Riese s’enorgueillit à juste titre de la gloire d’avoir vu naître Joseph Sarto.

La famille des Sarto, originaire de la Villa d’Este, vint s’établir à Riese au XVIII siècles, elle était de la plus humble condition. Le premier aïeul connu est Paul Sarto qui vivait à la fin du XVIe siècle. De l’arrière-petit-fils de cet aïeul, Joseph Sarto, qui le premier de sa famille s’établie à Riese, naquit Jean-Baptiste Sarto, celui-ci épousa Marguerite Sanson qui le rendit père de dix enfants, dont huit vécurent : deux garçons et six fils : Joseph, Angelo, rose, Thérèse, Marie, Antoinette, Lucie, Anna.

Pour faire vivre cette nombreuse famille, le père avait les cinquante centimes de son « traitement» journalier de cursore, c’est –à –dire à une petite quête, et «quelques autres pauvre incertuccio provenant de son office, et rien de pus.(3).

La mère surtout devait exercer sur l’ âme de ses enfants une ineffaçable influence. Dans son beau livre sur Pie X Réné Bazin s’est complu `a dessiner, à sa riche manière, le portait de cette Mater admirabilis. Après avoir détaillé les traits physiques , il écrit :

Cette femme du peuple italien a un air de dignité , de sérieux, de bonté, de distinction naturelle. En vérité , elle est de noblesse : elle est une de ces princesses de foi, d’acceptation du devoir, de tendresse familiale et de silence qui vivent ignorées du monde, en tout pays chrétien ; elle est la mère du pape, et Pie X lui ressemblait beaucoup. (4)

Sans doute, le père eut une monde influence dans l’éducation de ses enfants, Mais il était lui-même homme de devoir, pieux, assistant chaque jour à la messe, et le soir, en famille, expliquant le catéchisme et récitant la prière.

C’est le 2 juin 1835 que naquit, à Riese, le fils aîné de Giovanni Battista Sarto, alors âgé de quarante-deux ans, et de Margherita Sanson, âgée de vient-deux ans , Giuseppe-Melchior Sarto. L’acte de naissance du futur pape figure dans le registre de la paroisse Saint-Mathieu, sous le numéro 3a, Il est ainsi libellé ( pour plus de clarté nous le donnerons ici en français, avec les noms propres également en français ) :

Le 2 juin 1835, est né et a été baptisé le 3 du dit, par moi, Pellizari, chapelain, Sarto Joseph-Melchior, enfant légitime de Sanson Marguerite, habitant avec son mari, et de Sarto Jean-Baptiste, demeurant au n 3o, mariés à Riese, le 13 février 1833, l’un et l’autre propriétaires.

Le parrain a été Sarto Antoine, propriétaire, demeurant à San-Vito, la marraine Zorzan Françoise

 

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